Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Les cellules transférées proviennent de lignées de souris génétiquement modifiées mises au point par l’équipe, et sont injectées à des souris immunodéficientes plus exposées aux infections. 210 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles subissent une irradiation de moins de quatre minutes, deux injections et deux prélèvements de sang sous anesthésie gazeuse, avant prélèvement de leurs organes lymphoïdes. Sur le remplacement, le porteur écrit en deux lignes qu’aucun modèle in vitro ne reproduit les étapes de développement des lymphocytes B, sans citer une seule méthode essayée.

NTS-FR-305203v1
Types de recherche
· Recherche fondamentale · Système immunitaire ·
Mots-clés
maladies autoimmunes, biais de sexe, chromosome X, immunité innée et adaptative
Souris : 210

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Nous avons mis en évidence l’accumulation de cellules exprimant un gène de l’immunité innée à partir des deux chromosomes X dans une population de cellule immunitaire associée à la pathogénie du lupus systémique. Nous avons généré des souris génétiquement modifiées pour comprendre les mécanismes mise en jeux dans l’émergence de ces cellules. L’objectif de ce projet est de montrer que les phénotypes que nous observons sont limités aux cellules lymphoïdes. Pour cela les cellules provenant de nos différents modèles génétiques seront transférées dans des souris immunodéficientes.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les maladies auto-immunes comme le lupus érythémateux systémique sont plus fréquentes chez les femmes comparées aux hommes (sexe ratio 9:1). L’hypothèse d’un rôle du dosage des gènes du chromosome X a été évoquée. Ce projet vise à démonter s’il existe un lien direct de causalité entre l’échappement à l’inactivation d’un gène de l’X, conduisant à une plus forte expression de ce gène dans les cellules immunitaires et une réponse fonctionnelle exacerbée responsable du déclenchement du lupus in vivo chez la souris. Les bénéfices de ce projet sont considérables car il permettrait d’établir que la plus grande prédisposition des femmes à la maladie lupique serait d’origine génétique et lié à ce mécanisme. Cela pourrait conduire à de nouvelles stratégies thérapeutiques ou à l’utilisation de modulateurs capables de promouvoir ou de renforcer l’inactivation du chromosome X.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux pourront subir : une irradiation légère de moins de 4 minutes ; des injections (durée moins de 1 minute) 2 fois sous anesthésie gazeuse; des prélèvements de sang (1 min) sous anesthésie gazeuse, 2 fois pendant toute la procédure.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les souris immunodéficientes que nous utilisons sont davantage susceptibles de développer des infections. L’irradiation peut entrainer un stress et des troubles cutanés. Les injections peuvent entrainer une douleur modérée et un stress transitoire.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux seront euthanasiés à la fin de la procédure afin de prélever les organes lymphoïdes pour analyses cytométriques et/ou transciptomiques et/ou histologiques.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Il n’existe pas de modèle in vitro pour reproduire les différentes étapes de développement des lymphocytes B dans la moelle et les organes lymphoides, de même toutes le populations de lymphocytes B. Ces différentes étapes ne peuvent être reproduites qu’in vivo.

2. Réduction

3R / Réduction :

Afin de réduire le nombre d’expériences effectuées nous utilisons un nombre d’animaux suffisant par expérience afin d’obtenir des résultats statistiquement interprétables et de faire des analyses à des temps différents. De manière générale, nous avons estimé que 2 lots expérimentaux devront être produits afin de reproduire les expériences de façon indépendante et que d’après nos données expérimentales un effectif de 5 souris/ groupe serait suffisant. Le calcul d’effectif a été réalisé en utilisant une analyse statistique et en se basant sur des travaux antérieurs.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Toutes les expériences seront réalisées par du personnel formé à l’expérimentation animale. Lors de la réalisation des procédures, des précautions et mesures adptées seront prises pour réduire au mieux le stress et la souffrance des animaux. Les animaux seront observés quotidiennement. Les injections i.v. ainsi que les prélèvements sanguins sous-madibulaires seront réalisés sous anesthésie gazeuse. Afin de limiter les risques d’infection des animaux immunodéficients ils seront placés dans des cages sur portoirs ventilé et les expérimentateurs seront munis de protection personnelle (combinaison, masque, charlotte, surchaussures, gants). L’environement de toutes les cages sera enrichi (igloo, sizzelnest, rouleau en carton). Les animaux seront manipulés sous hotte. La définition des points limites adaptés à la procédure et les critères d’arrêts sont définis suivant un arbre décisionnel validé par notre comité d’étique.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Nous utilisons la souris comme modèle expérimental pour étudier les mécanismes d’échappement à l’inactivation du chromosome X et les conséquences fonctionnelles car il s’agit d’un modèle approprié proche de ce qui se passe dans l’espèce humaine. Nous avons déjà développé des modèles génétiques uniques et originaux chez la souris pour suivre les cellules immunitaires d’intérêt. Ces modèles ont tous été validés et serviront de source de cellules pour un transfert dans des souris immunodéficientes. Les expériences seront réalisées sur des animaux adultes entre 7-10 semaines comme décrit dans la littérature.