
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 28/08/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-354135)
17 000 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, pour un seul geste, prélever un bout de queue ou d’oreille afin de connaître leur génotype. Sur les souriceaux de cinq à douze jours, la queue est coupée aux ciseaux chirurgicaux sur animal vigile, après séparation de la mère pendant dix minutes au maximum, le tatouage des doigts se faisant dans le même temps. Celles qui portent le génotype recherché partiront vers d’autres projets de l’établissement ou vers des collaborateurs, celles qui ne l’ont pas iront à la formation du personnel ou à des prélèvements post-mortem, ou seront tuées « pour permettre la bonne gestion de nos élevages ». Le porteur renvoie la question du remplacement aux projets qui utiliseront ces souris, et affirme qu’il est « indispensable » de connaître leur génotype, donc que ces animaux « ne peuvent donc pas être remplacés ici ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif de ce projet est de pouvoir prélever les tissus (bout de queue ou d’oreille) nécessaires pour caractériser génétiquement les animaux. Les animaux génétiquement altérés produits et génotypés lors de ce projet seront utilisés pour répondre aux objectifs des différents projets autorisés dans notre établissement, portant entre autres sur des études des origines et des fonctions de différentes populations de cellules immunitaires. Les souris génétiquement altérées doivent être identifiées individuellement pour qu’elles puissent se voir attribuer le génotype qui leur est spécifique. Cette identification est réalisée par tatouage à l’encre des doigts des souris et le génotypage se fait directement après le tatouage par biopsie de queue ou d’oreille.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les bénéfices attendus de ce projet sont de fournir des animaux aux génotypes d’intérêt pour les projets scientifiques autorisés dans notre établissement (en utilisation continue), mais également de caractériser génétiquement les animaux utilisés pour le maintien et l’optimisation de la gestion des élevages ainsi que ceux utilisés pour des prélèvements de tissus post-mortem.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Un prélèvement de tissu (queue) sera effectué sur des souriceaux âgés entre 5 et 12 jours. Le prélèvement se fera sur animal vigile et durera moins d’une minute. Pour les animaux âgés de 12 jours ou plus, le prélèvement de tissu concernera un bout d’oreille (bord externe) et sera réalisé sous anesthésie pour une durée d’environ 1 minute.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La procédure nécessite une séparation de la mère et de sa portée pendant quelques minutes (10 au maximum), ainsi qu’une contention légère pour chaque animal, cela peut donc être une source de stress pour les animaux. De plus, une douleur légère de courte durée peut être ressentie par l’animal lors du prélèvement de l’extrêmité de la queue ou d’un bord d’oreille à l’aide d’une paire de ciseaux chirurgicale. La procédure dure moins d’une minute par animal. Pour les animaux plus âgés qui seront anesthésiés avant le prélèvement, l’anesthésie en elle-même (d’une durée inférieure à 5 minutes) peut entraîner un léger stress d’une courte durée.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux génotypés présentant un génotype d’intérêt seront utilisés de façon continue dans les projets de recherche autorisés dans notre établissement, pourront être envoyés à des collaborateurs, ou serviront pour le maintien de nos élevages. Certains de ces animaux pourront également servir pour des prélèvements de tissus et/ou d’organes post-mortem. Les animaux qui ne présenteraient pas de génotype d’intérêt pourront être utilisés pour la formation des personnels, pour des prélèvements de tissus et/ou d’organes post-mortem, ou seront sinon mis à mort pour permettre la bonne gestion de nos élevages.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les animaux issus de ce projet seront utilisés (lorsque leur génotype le permet) dans les projets autorisés dans notre établissement. C’est dans ces projets qu’est à chaque fois justifié la nécessité d’utiliser les animaux produits et génotypés dans le présent projet et l’impossibilité de les remplacer. Ainsi, il est indispensable de connaître le génotype des animaux concernés afin de pouvoir les utiliser dans les projets autorisés et c’est pourquoi ces animaux ne peuvent donc pas être remplacés ici.
2. Réduction
Le nombre d’animaux génétiquement altérés pour lesquels un prélèvement de tissu sera fait est calculé en fonction des besoins expérimentaux. Les élevages sont optimisés pour produire un maximum d’animaux ayant le génotype d’intérêt pour les projets autorisés. Les animaux surnuméraires ou ne possédant pas le génotype d’intérêt peuvent être utilisés pour la formation des personnels ou pour des prélèvements de tissus post-mortem après mise à mort selon les méthodes réglementaires. Le nombre de ces animaux est d’ailleurs régulièrement suivi par la SBEA afin d’optimiser au mieux les schémas d’accouplement des lignées concernées. Les lignées qui ne seraient plus utilisées sont arrêtées dès que possible, ou sont cryoconservées si nécessaire. En parallèle de ces prélèvements, des méthodes de génotypage sous le seuil réglementaire seront testées pour être mises en place au sein de l’animalerie et ainsi réduire au fur et à mesure le nombre d’animaux génotypés par méthode « invasive ».
3. Raffinement
Pour réduire le nombre de manipulations, l’identification par tatouage et la biopsie de queue sont réalisés en même temps. Les souriceaux de la portée sont placés dans une boîte propre, elle-même placée sur plaque chauffante afin d’éviter une trop grande déperdition de chaleur aux souriceaux. La biopsie de queue est réalisée à l’aide d’une paire de ciseaux chirurgicale désinfectée entre chaque animal. L’identification et la biopsie, réalisées par un personnel expérimenté, n’excèdent pas 1 minute par animal et ne provoquent pas ou très peu de saignement. La portée est rendue à la mère dès la fin des prélèvements (durée n’excédant pas 10 minutes au total), et la boîte est désinfectée avant d’y remettre une nouvelle portée. La présence de l’ensemble des souriceaux dans le nid après la biopsie est vérifiée dès le lendemain, lors du suivi journalier. Concernant les animaux âgés de plus de 2 semaines au moment de l’identification, l’identification ainsi que la biopsie auront lieu sous anesthésie, et la biopsie réalisée concernera non pas un bout de queue, mais un bout du bord externe de l’oreille. À partir de cet âge là, le prélèvement à l’oreille est moins impactant que le prélèvement à la queue.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les modifications génétiques des lignées de souris élevées dans notre animalerie permettent de réaliser les différents projets autorisés dans notre établissement, et de répondre aux questions scientifiques soulevées dans des thématiques telles que l’étude des origines et des fonctions de différentes populations de cellules immunitaires. En effet, la souris est un des modèles les mieux connus du point de vue génétique, permettant ainsi d’y apporter différentes modifications génétiques, et ses mécanismes physiologiques sont semblables à ceux de l’Homme, ce qui en fait donc un très bon modèle d’étude pour les travaux réalisés dans les différents projets autorisés de notre établissement. Les animaux seront identifiés et prélevés à un âge compris entre 5 et 12 jours. Les animaux qui seraient plus âgés au moment du génotypage seront prélevés sous anesthésie. La procédure de génotypage doit être faite le plus tôt possible pour que les animaux puissent être utilisés jeunes dans les projets autorisés ou pour des prélèvements de tissus post-mortem sur des animaux juvéniles lorsque c’est nécessaire. Cela permet aussi de connaître le génotype des animaux suffisament tôt pour pouvoir effectuer la sélection des animaux à garder ou non pour le maintien des élevages.