Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

512 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue pour prélever leur cerveau, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à sévère. Une chirurgie de trente minutes leur implante une canule à demeure dans le bulbe olfactif, puis viennent les tests de tolérance au glucose et à l’insuline de deux heures, avec sept mesures de glycémie par ponction de la queue, un gavage et des injections intrapéritonéales. Une partie des souris est rendue obèse et diabétique par un régime hypercalorique, avec hyperglycémie chronique et résistance à l’insuline. Après la chirurgie, elles vivent seules pendant environ trois mois pour protéger les canules, un isolement dont le porteur reconnaît lui-même qu’il constitue « un stress en soi ».

NTS-FR-809489v1
Types de recherche
· Oncologie · Recherche fondamentale · Système endocrinien · Système nerveux ·
Mots-clés
Bulbe Olfactif, Métabolisme énergétique corporel, Phase céphalique de libération d'insuline, Exendine-4, Exendine-9
Souris : 512

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

La phase céphalique précéde et prépare l’organisme à la régulation métabolique nécessaire pendant le repas: elle est donc très importante à étudier dans le cadre des pathologies métaboliques. Ce projet a pour objectif d’étudier les effets d’une molécule exprimée dans le bulbe olfactif, le Glucagon Like-Protein 1 (GLP-1), sur la phase céphalique de libération d’insuline chez des souris obèses comparées à des souris normopondérées.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les statistiques mondiales et françaises sur la progression de l’obésité et du diabète de type 2 sont très alarmantes. La pandémie touche 1 milliard d’humains obèses en 2025. Dans ce contexte, des nouvelles voies de thérapie sont à explorer. L’Ozempic(R) et le Wegovy(R) sont des médicaments analogues du GLP-1 communément utilisés dans ces pathologies métaboliques mais leurs actions cérébrales sont méconnues. Notre étude permettra de mieux comprendre les effets centraux de ces molécules pharmacologiques et de mieux décrire l’axe de régulation métabolique entre le système olfactif et le pancréas pendant la phase céphalique de libération d’insuline précédant la prise alimentaire chez la souris, une phase qui existe également chez l’humain.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

>Chirurgie. Les souris auront une chirurgie d’environ 30 minutes pour installer une canule dans leur bulbe olfactif, permettant d’y injecter les protéines nécessaires à l’étude. >Suivi métabolique. Pour suivre l’utilisation de glucose, un test de tolérance au glucose sera effectué : la glycémie sera mesurée à plusieurs temps (0, 15, 30, 45, 60, 90 et 120 minutes) en déposant une goutte de sang sur un glucomètre, un appareil similaire à ceux pour humains. De faibles volumes de sang seront également prélevés aux temps 0, 15 et 90 minutes pour mesurer l’insuline, l’hormone de régulation du glucose. Les tests de tolérance au glucose et à l’insuline durent chacun deux heures. >Hébergement individuel. Pour procéder aux injections intracérébrales, une canule sera installée à demeure dans le bulbe olfactif des souris. Après chirurgie, pour éviter toute lésion qui adiendrait dans les interactions en hébergement collectif, il sera procédé à un hébérgement individuel des souris. Cet hébérgement durera environ 3 mois, un temps nécessaire pour effectuer l’ensemble des tests métaboliques.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

>Les souris qui seront sous régime hypercalorique connaitront une augmentation significative de leur poids avec l’installation d’une obésité mais également une hyperglycémie chronique et une résistance à l’insuline qui reproduisent le diabète de type 2. >Les animaux qui subiront une injection intranasale peuvent avoir une gêne respiratoire par l’irritation passagère due au liquide placé dans les fosses nasales. >Les animaux qui subiront une chirugie stérotaxique sous anesthésie pourraient ressentir une douleur modérée à leur réveil. >Après la chirurgie, les animaux seront hébérgés individuellement afin d’éviter que les canules de perfusion ne soient endommagées dans leurs interactions sociales et ne les blessent. Cet hébérgement individuel est un stress en soi. >Concernant les tests de tolérance au glucose (OGTT) et à l’insuline (ITT), des nuisances légères pourraient survenir pendant le gavage (OGTT), l’injection intrapéritonéale (ITT) et les prélèvements de sang par ponction à la queue de l’animal (légère douleur, OGTT). Un faible risque d’hypoglycémie suite à l’administration d’insuline est possible dans l’ITT.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Toutes les souris de ce projet (512 au total) seront mises à mort à la fin de chaque procédure afin d’effectuer un prélévement de leur cerveau.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Le but de ce projet pilote est de pouvoir injecter et faire pénétrer une molécule pharmacologique dans le cerveau par voie intranasale afin d’obtenir une voie d’accès non-invasive pour moduler positivement le métabolisme énergétique des souris obèses. Le projet nécessite donc un animal vivant et de procéder à des injections in vivo.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre d’animaux utilisé a été calculé pour que les tests statistiques puissent être fiables et robustes, évitant ainsi de réitérer les expériences et en utilisant le nombre d’animaux le plus faible possible. Nous prendrons soin d’utiliser les mêmes souris pour effectuer des injections croisées entre saline et molécule pharmacologique dans les procédures avec injection intracérébrale d’agents pharmacologiques. Ainsi les souris seront leur propre témoin, ce qui permettra de réduire le nombre de souris.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

>Toutes les souris seront acclimatées à l’animalerie en cage collectif pendant au moins une semaine avant de procéder aux expériences. Elles seront hébergées dans des cages avec enrichissement sensoriel (nid, bois à ronger, tunnel). Les animaux seront regulièrement examinés (poids, apparence, comportement). Les souris seront habituées à la contention avant les procédures expérimentales. >Pour éviter tout problème respiratoire pendant l’injection intra-nasale chez la souris, il sera procédé à une injection par narine à la fois avec un temps de pause de 3 minutes entre chaque injection pour laisser le temps à la souris de récupérer de la première contention et également d’observer son comportement. >Pour les tests métaboliques, nous avons prévu les prélèvements de sang en calculant au plus près des volumes nécessaires aux mesures du glucose et de l’insuline, ce qui réduira l’impact sur le bien-être animal. > Les animaux seront hébérgés individuellemment après chirurgie dans des cages standards avec des milieux enrichis (nids végétaux, bois à grignoter) ce qui permettra d’éviter toute blessure qui pourrait intervenir en hébergement collectif. Ils seront également observés quotidiennement afin d’identifier les animaux en souffrance et éventuellement d’euthanasier les animaux dont les points-limites auraient été atteints. Une légère perte de poids peut-être observée après les premiers jours suivants la chirurgie, et un complément alimentaire de type gel enrichi en calorie pourra être proposé aux animaux pour leur permettre une meilleure récupération. >A tout moment, si un point limite est atteint l’animal sera mis à mort pour éviter toute souffrance. >Enfin, pour procéder à la perfusion intracardiaque avec une respiration et des battements cardiaques à l’arrêt, une mise à mort sera réalisée par injection intrapéritonéale d’une dose d’anesthésiant à dose élevée, précédée 15 minutes avant d’une injection intrapéritonéale d’un sédatif.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Les souris sont très bien caractérisées au niveau métabolique depuis plusieurs dizaines d’années dans plusieurs laboratoires, dont le nôtre, et représente un modèle d’étude adéquat. De plus, nous avons l’expertise depuis plusieurs années du suivi du bien-être et du phénotypage métabolique des souris. Les expériences seront effectuées sur des souris agées de 8 semaines et au-delà, ce qui permet de travailler sur des animaux adultes, lorsque que toutes les structures cérébrales sont stabilisées dans leur développement.