
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 29/08/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-628685)
Le contrôle réglementaire de lots de vaccins avant leur mise sur le marché repose ici sur l’injection d’agents pathogènes à des animaux vivants. 136 195 souris et 44 111 cobayes vont être utilisés dans des procédures impliquant des niveaux de souffrance allant de léger à sévère, 4 181 souris et 300 cobayes étant réutilisés et 99 cobayes placés à l’adoption, le reste tué. Les souris reçoivent une à trois injections de virus rabique ou de toxine tétanique, les cobayes jusqu’à sept injections de toxine diphtérique ou de tuberculine, les fortes doses pouvant provoquer des symptômes rabiques du cinquième au quatorzième jour, des symptômes tétaniques sur quatre jours ou une nécrose localisée. Le porteur annonce le remplacement progressif de ces tests par des contrôles 100 % in vitro et l’arrêt du test tuberculine dans les cinq ans, ce qui situe ces 180 306 animaux dans l’intervalle avant une bascule qu’il tient lui-même pour possible.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce projet consiste à évaluer l’activité protectrice soit : • De vaccins (valences rage, diphtérie et tétanos), à différents stades de production • D’un composé immunogène (tuberculine), tous destinés à l’homme. Les vaccins contre la rage, la diphtérie et le tétanos jouent un rôle fondamental dans la protection de la santé humaine à l’échelle mondiale. La rage est une maladie virale presque toujours mortelle une fois les symptômes apparus, mais entièrement évitable grâce à la vaccination, notamment en post-exposition. La diphtérie et le tétanos, quant à eux, sont des infections bactériennes graves : la diphtérie peut entraîner des complications respiratoires et cardiaques sévères, tandis que le tétanos provoque des spasmes musculaires douloureux pouvant être mortels. Ces maladies sont aujourd’hui rares dans les pays à forte couverture
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les bénéfices attendus pour ce projet sont la mise sur le marché (ou éventuellement l’utilisation en essai clinique) de lots de vaccins ou de composés immunogènes conformes aux spécifications et aux textes de référence, et ainsi améliorer la qualité de vie des patients. Bien que le nombre de dose associé au nombre de lot soit difficilement estimable, on peut considérer que ce projet représente la libération d’environ un million de dose de vaccins contre la diphtérie et le tétanos (soit 1000 lots), 100 000 doses de vaccins contre la rage (soit 100 lots) et 10 000 doses de détection de l’infection tuberculeuse lente même en l’absence de symptôme (soit 10 lots). Il joue donc un rôle fondamental dans la protection de la santé humaine à l’échelle mondiale.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
3 injections sous anesthésie gazeuse sont réalisées sur les souris. 7 injections sont réalisées sur les cobayes. 1 injection est réalisée sur les cobayes. 5 à 7 injections sont réalisées sur les cobayes. 2 injections sont réalisées sur les souris. 1 injection est réalisée sur les souris. 5 injections sont réalisées sur les cobayes. Ces différents types d’injection durent moins de 10 secondes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les nuisances subies par les animaux sont : • Injection de virus rabique chez la souris (10 secondes) : les plus faibles quantités injectées ne produisent pas d’effet chez l’animal. Les plus importantes quantités de virus peuvent provoquer des symptômes rabiques potentiels de J5 à J14. • Injection de toxine diphtérique chez le cobaye (30 secondes) : les plus faibles quantités injectées ne produisent pas d’effet chez l’animal. Les plus importantes quantités de toxine peuvent provoquer des symptômes diphtériques potentiels sur 24 h. • Injection de toxine tétanique chez la souris (10 secondes) : les plus faibles quantités injectées ne produisent pas d’effet chez l’animal. Les plus importantes quantités de toxine peuvent provoquer des symptômes tétaniques potentiels sur 4 jours • Injection de mycobactérium tuberculosis (10 secondes): la révélation avec la tuberculine peut engendrer des lésions érythémateuses potentiels sur 24h. Ces lésions peuvent dans certains cas exceptionnels aller jusqu’à une nécrose localisée
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Toutes procédures du présent projet ne permettent pas la réutilisation des animaux, qui ont tous subi des injections d’agents pathogènes ; Ils ne peuvent donc pas être inclus dans un autre test sans risque d’apporter un biais ou un risque sanitaire ; Ils ne peuvent pas non plus être adoptés sans risque pour l’adoptant. Comme ils n’ont pas été inclus dans la procédure, les animaux surnuméraires peuvent éventuellement être soumis à l’adoption ou être réaffectés à une autre procédure ou un autre projet, notamment au projet de formation.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Le remplacement des vaccins rabiques actuels par un vaccin nouvelle génération avec profil de contrôle 100% in vitro. La consommation d’animaux va diminuer progressivement durant la durée de validité du projet (test des stabilités). Concernant les vaccin diphtérique et tétanique : 1er objectif : pour les vaccins à destination Chine, remplacement du profil de contrôle d’activité par challenge par un test d’immunogénicité 2nd objectif : pour tous les vaccins, remplacement progressif par un test 100% in vitro
2. Réduction
Le nombre d’animaux par groupe est défini par la réglementation. Le prévisionnel du nombre de lots à tester sur les 5 années à venir et la mise en place des stratégies d’arrêt ou de remplacement de ces tests nous permettent de déterminer le nombre d’animaux nécessaires Un arrêt du test tuberculine dans les 5 ans à venir lié à l’arrêt du produit est envisagé.
3. Raffinement
Certaines injections sont faites sous anesthésie Les tests d’activité du vaccin rabique et tétanique comportent des points limites définis, permettant ainsi de limiter le niveau de souffrance atteint par les animaux. Des essais sont initiés en 2025 dans le but d’héberger les cobayes sur litière. Des récompenses alimentaires (graines et fruits secs) sont distribuées systématiquement après un acte technique. Cet ajout est également conseillé après tout acte jugé stressant (change, tonte, coloration…).
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les espèces choisies doivent être sensibles à l’agent infectieux correspondant au vaccin ou au composé immunogène contrôlé. Il s’agit de la souris pour les valences tétanique et rabique, et du cobaye pour la valence diphtérique et pour la tuberculine. Ces espèces sont décrites comme modèles dans les Pharmacopées en vigueur, ainsi que dans les rapports techniques de l’OMS. Les animaux utilisés dans ce projet sont tous a minima au stade sevré afin de garantir un certain niveau de maturité du système immunitaire.