Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

84 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, chacune testée deux fois par jour pendant quatre semaines, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Une chirurgie d’une heure trente pose des électrodes intracérébrales, puis chaque animal vit seul en cage pour éviter que ses congénères n’arrachent l’implant. Les tests appliquent des stimulations aux pattes et aux paupières afin d’installer une mémoire de peur, puis de mesurer à quel point elle se généralise à des contextes ambigus. Les troubles anxieux touchent 15 à 20 % de la population selon le porteur, mais les stratégies thérapeutiques annoncées relèvent du long terme, quand l’isolement et les stimulations sont, eux, immédiats.

NTS-FR-439249v1
Types de recherche
· Recherche fondamentale · Système nerveux ·
Mots-clés
Mémoire émotionnelle, Mémoire Spatiale, Comportement
Souris : 84

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le cerveau utilise un mécanisme pour déterminer si une situation ressemble à une expérience connue (complétion de motif) ou si elle est perçue comme nouvelle (séparation de motif). Ce processus a été principalement étudié dans une région du cerveau appelée l’hippocampe dorsal. En revanche, une autre région, l’hippocampe ventral impliquée dans la régulation de l’anxiété reste encore peu explorée dans ce contexte. Dans ce projet, nous émettons l’hypothèse que, dans des contextes flous, le cerveau tend à « combler les vides » en associant la situation à des souvenirs de peur. Ce mécanisme pourrait expliquer pourquoi certaines personnes généralisent leur peur à des situations qui ne présentent pourtant aucun danger réel. L’objectif de ce projet sera de développer une tâche comportementale chez la souris permettant d’évaluer comment la généralisation de la mémoire de la peur peut être modulée par l’information contextuelle présentée.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les troubles anxieux sont des troubles psychiatriques très répandus et constituent une préoccupation croissante pour la santé publique mondiale. Ces troubles touchent environ 15 à 20 pour cent de la population à un moment ou un autre de leur vie. Ils sont aussi systématiquement associés à des troubles du sommeil, considérés soit comme une cause, soit comme une conséquence des symptômes. Ce projet de recherche fondamentale utilisera des modèles animaux pour développer nos connaissances sur les mécanismes neurophysiologiques précis potentiellement affectés chez les patients humains. A long terme, il permettra ainsi de développer et de mettre en œuvre des stratégies thérapeutiques précises de prévention et de guérison axées sur le sommeil dans les troubles anxieux.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Une chirurgie sera réalisée sous anesthésie générale et analgésie. L’intervention dure environ 1h30, et chaque animal bénéficie ensuite d’une période de récupération post-chirurgicale de 7 jours. À l’issue de cette période de récupération, les animaux commencent le protocole de comportement qui s’étend sur environ quatre semaines. Chaque souris vigile est testée deux fois par jour, dans des sessions de 30 minutes, séparées par une récupération de 3 heures.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les nuisances induites par la procédure comprennent, en lien avec la chirurgie, une légère perte de poids, des difficultés de cicatrisation et une douleur post-opératoire durant environ 48 heures, ainsi que des risques anesthésiques tels que l’hypothermie, la détresse respiratoire ou un arrêt cardio-respiratoire. L’hébergement individuel est susceptible d’induire un stress social. Dans le cadre des tests comportementaux, les stimulations appliquées au niveau des pattes et des paupières peuvent engendrer un stress modéré accompagné d’une douleur transitoire.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les animaux seront euthanasiés à l’issue du projet afin de réaliser des analyses histologiques (prélèvements et analyses nécessaires post-mortem).

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Un impératif majeur des études portant sur les récepteurs naturels du cerveau est de préserver l’intégrité des réseaux neuronaux, afin de maintenir leurs connexions synaptiques. À ce jour, il n’existe aucune méthode alternative à l’utilisation du modèle rongeur pour répondre à cette condition. Les techniques d’enregistrement chronique sont invasives et ne peuvent pas être réalisées chez l’humain ni chez le sujet sain. Elles sont réservées à des patients épileptiques, dont l’activité cérébrale est déjà altérée, et ne permettent pas de mener des études systématiques, car le placement des électrodes dépend des besoins médicaux. Par ailleurs, les connaissances actuelles et les capacités technologiques ne permettent pas encore de reproduire avec précision le fonctionnement de ces réseaux neuronaux à l’aide de modèles informatiques.

2. Réduction

3R / Réduction :

Pour les tests comportementaux, le nombre d’animaux proposé reste standard par rapport à la littérature existante. Les statistiques utilisés sont des tests paramétriques et non paramétriques classiques ainsi que des tests en lien avec les analyses de réseaux neuronaux. Le calcul du nombre d’animaux a également été réalisé en fonction des travaux précédents. Au total, sur 3 ans, ce projet de recherche impliquera 84 animaux

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Après leur réception, les animaux commerciaux sont habitués à l’animalerie pendant une semaine avant de débuter toute procédure. Sauf si cela n’est pas approprié, toutes les procédures expérimentales du projet sont pratiquées sous anesthésie générale ou locale en recourant à des analgésiques. Durant la chirurgie, la température corporelle des animaux est maintenue constante à l’aide d’un tapis chauffant, afin d’éviter toute hypothermie liée à l’anesthésie. Les administrations seront effectuées conformément aux bonnes pratiques vétérinaires. Les animaux sont stabulés dans les conditions d’hébergements standards (enrichissement de nidification) comme défini dans l’agrément de notre établissement. Les animaux implantés (suivi à l’aide d’une grille post-opératoire) seront maintenus en hébergement individuel : la présence d’une autre souris pourrait ralentir la cicatrisation et endommager les électrodes implantées chroniquement (grattage, rognage) entraînant l’euthanasie de l’animal. Le maintien en hébergement individuel est nécessaire pour éviter que les souris ne s’arrachent mutuellement leurs implants, permet donc de maximiser la quantité de données récoltées sur chaque animal et ainsi de minimiser le nombre total d’animaux pour le projet. Cependant, pour diminuer le stress lié à l’hébergement individuel les animaux implantés sont maintenus dans de grandes cages contenant 2 compartiments séparés par une cloison transparente percée de trous permettant ainsi à l’animal isolé d’avoir des interactions avec l’animal isolé dans le second compartiment (contiguïté visuelle, olfactive, auditive). Lorsqu’un animal est implanté, pour éviter toutes blessures et d’endommager les électrodes, la nourriture ne sera plus placée dans la mangeoire au niveau de la grille de la cage, mais sera directement dispersée dans la sciure. Cette démarche aura pour avantage d’enrichir l’environnement de l’animal puisqu’il sera obligé de fouiller la sciure pour trouver les croquettes. Cet enrichissement sera également complété par le dépôt de morceaux de bois dans la cage de l’animal. Une surveillance sera réalisée pour vérifier la bonne santé des animaux et les points limites définis. Avant le début de chaque procédure l’animal sera pesé et son état général contrôlé.En cas de signe de douleur (échelle de grimace), les animaux seront exclus du protocole.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris est un mammifère de petite taille, au cycle de vie reproductif rapide et qui possède un système nerveux central (SNC) développé. Il s’agit également d’un animal qui se prête aux modifications génomiques. Un impératif concernant les études sur récepteurs natifs est de conserver l’intégrité d’un réseau neuronal afin de préserver les connections synaptiques. Il n’existe, à ce jour, aucune méthode alternative à l’utilisation de l’animal. La souris est un modèle classique pour l’étude de la physiologie des réseaux neuronaux en lien avec le comportement. Sa robustesse et ses capacités d’apprentissage la qualifie comme un modèle idéal d’étude de la mémoire chez les mammifères. Seules des souris au stade adulte seront utilisées pour ce projet (à partir de 6 semaines), plus alertes et plus prompts à explorer leur environnement que les animaux âgés.