
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2025-09-09 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-438611)
Hôte naturel de la bactérie Lactococcus petauri et poisson le plus élevé en France, la truite arc-en-ciel est retenue pour 308 individus utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Les poissons sont plongés quatre, huit ou seize heures dans une eau chargée de bactéries, vingt-huit d’entre eux recevant en plus une injection intramusculaire, avec deux prises de sang sous anesthésie à trois semaines d’intervalle. Le porteur dimensionne les lots à quatorze poissons en tablant sur une mortalité d’environ 50 % liée à l’infection, de façon à conserver au moins sept survivants par condition. Aucun poisson potentiellement infecté ne pouvant être relâché ni réutilisé, tous sont tués en fin de protocole.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Afin de limiter l’usage des antimicrobiens, la vaccination est considérée comme l’une des meilleures options pour contrôler les maladies infectieuses en aquaculture. Cette demande d’autorisation de projet s’inscrit dans le cadre d’une étude plus globale portant sur l’efficacité de protocoles vaccinaux utilisant différentes voies d’administration, telles que la balnéation ou l’injection intrapéritonéale. Le présent projet constitue une extension de la demande d’autorisation de projet précédemment soumise. La DAP initiale avait pour objectif de déterminer la souche bactérienne et la modalité d’infection les plus appropriées pour établir un modèle de challenge infectieux, par balnéation ou par injection intramusculaire, chez la truite arc-en-ciel. Cette nouvelle demande vise à compléter les résultats obtenus lors de cette première expérimentation, en affinant spécifiquement le protocole de challenge infectieux par balnéation. Cette manipulation est nécessaire pour confirmer la reproductibilité du modèle, ajuster certaines conditions expérimentales (notamment la dose infectieuse et la durée d’exposition), et ainsi valider un protocole robuste permettant d’évaluer de manière fiable l’efficacité des stratégies vaccinales testées.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
La lactococcose est une maladie bactérienne dont l’impact augmente actuellement en Bretagne en lien avec le réchauffement des eaux de surface. La maitrise par vaccination est nécessaire pour contrôler cette maladie et réduire l’usage d’antibiotiques. La maitrise du challenge infectieux par Lactococcus petauri est obligatoire et indispensable pour tester des solutions innovantes de contrôle, notamment la vaccination, facilitant leur mise en oeuvre dans les élevages et limitant le stress des animaux.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Prises de sang : deux prélèvements seront réalisés sur animaux anesthésiés (temps T0 et Tfinal 3 semaines plus tard). Chaque intervention, incluant l’induction de l’anesthésie, le prélèvement et la récupération, durera environ 15 à 20 minutes. Infection par balnéation : les poissons seront exposés à une suspension bactérienne de L. petauri pendant 4 h, 8 h ou 16 h selon les modalités, dans un volume d’eau restreint mais oxygéné en continu. Infection par injection (lot témoin positif uniquement, 28 poissons au total) : une injection intramusculaire sera réalisée sous anesthésie. La durée totale (induction, injection, réveil) sera d’environ 15 à 20 minutes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’évaluation de l’efficacité vaccinale nécessite d’infecter des truites par L. petauri. Les manifestations cliniques de l’infection expérimentale peuvent entrainer de la douleur chez les poissons. Le protocole sera arrêté dès l’observation de poissons moribonds (mélanisme, nage erratique sur le dos, arrêt d’alimentation) ou de signes caractéristiques de la lactococcose (exophtalmie).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
L’euthanasie des poissons est prévue en fin de protocole, pour des raisons sanitaires (impossibilité de relâcher ou réutiliser des poissons potentiellement infectés par L. petauri)
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’évaluation de l’efficacité d’un vaccin nécessite la réalisation d’un challenge infectieux et ne peut se faire que sur animaux vivants. La présente demande est une étape initiale de ce projet sur l’efficacité vaccinale
2. Réduction
Dans cette nouvelle phase, 11 modalités expérimentales seront testées, correspondant à différentes combinaisons de doses infectieuses et de durées d’exposition. Chaque modalité sera réalisée en duplicat afin de limiter l’effet « bac » et de valider la reproductibilité du protocole. Chaque lot contiendra 14 poissons, ce qui représente un total de 22 lots (11 modalités × 2 répétitions), soit 308 poissons au total (14 × 22 = 308). Ce nombre est déterminé pour permettre une analyse statistique robuste. En considérant un taux de mortalité d’environ 50 % lié au challenge infectieux, 14 poissons par lot permettent de garantir au moins 7 individus survivants par condition. Une analyse immunologique sérique sera réalisée en fin d’expérimentation sur l’ensemble des poissons survivants, afin de vérifier l’infection et de documenter la réponse immune.
3. Raffinement
Les animaux seront observés 2 fois par jour durant toute la durée du protocole. Les points limites sont d’une part les paramètres d’ambiance de l’élevage (température, oxygène). Si les paramètres critiques sont atteints (température > 20°C, oxygène < 80 %) et ne peuvent pas être rectifiés, l'expérimentation sera arrêtée. Les points limites concernent d'autre part la santé et le comportement des poissons. Les poissons moribonds seront retirés de l'expérimentation et euthanasiés. La densité sera de 20 kg/m3 environ, ce qui est bien en dessous de ce qui est réalisé en élevage (50-70 kg/m3) et les bacs seront enrichis de tubes permettant aux poissons de se cacher et de fuir.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La truite arc en Ciel est un hôte naturel de Lactococcus garvieae/petauri. C’est de plus l’espèce de poisson la plus élevée en France et donc pour laquelle il est important d’améliorer l’efficacité vaccinale. Les truites utilisées pèseront environ 100 à 150g. La lactococcose est une maladie que l’on observe à différents stades d’élevage. L’étude sur des poissons de poids de 150 g est un bon compromis entre le poids et le nombre de poissons pouvant entrer dans l’étude. De plus, les protocoles vaccinaux par balnéation seront testés sur des alevins de 4 à 5 g et la durée de l’efficacité vaccinale après quelques mois d’élevage, lorsque les truites atteindront 100 -150 g environ. A ce poids, les truites sont considérées comme immunocompétentes.