
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 09/09/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-578304)
Exposées sous anesthésie à la piqûre de moustiques porteurs du virus de la fièvre du Nil occidental pendant une trentaine de minutes, 1 606 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger pour 286 d’entre elles et modéré pour 1 320 autres. Une partie est rendue immunodéficiente par manipulation génétique ou par injection d’anticorps détruisant certaines cellules immunitaires. Le porteur annonce ensuite quatorze jours d’observation et de pesée, et indique attendre des symptômes métaboliques et neurologiques liés à l’infection flavivirale, sans les décrire. Il justifie le choix de la souris par sa petite taille et la facilité de manipulation, en ajoutant que cette taille « permet aussi la piqûre simultanée par plusieurs moustiques, nécessaire pour maximiser l’effet de l’infection ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le projet vise à promouvoir le développement d’un vaccin contre les flavivirus transmis par les moustiques. La cible du vaccin candidat a été identifiée et correspond à un facteur de transmission dans la salive du moustique. L’équipe de recherche a déjà démontré que l’immunisation contre ce facteur de transmission protège contre l’infection par le virus de la fièvre du Nil Occidental dans un modèle murin de type sauvage. Pour soutenir le développement vaccinal, le projet décrit ici a deux objectifs : (i) décrypter le(s) mécanisme(s) de protection ; et (ii) évaluer la protection contre plusieurs flavivirus transmis par les moustiques. Ces deux objectifs nécessitent l’utilisation d’animaux génétiquement modifiés. (i) Pour décrypter les facteurs immunitaires responsables de la protection, nous évaluerons l’efficacité de la vaccination dans différentes colonies de souris où les diverses branches de l’immunité ont été supprimées par des manipulations génétiques ou par l’injection d’anticorps ciblant différentes cellules. (ii) Les souris de type sauvage ne sont pas susceptibles d’être infectées par d’autres flavivirus que le virus de la fièvre du Nil Occidental. L’infection par des flavivirus tels que ceux de la dengue, du Zika, de la fièvre jaune et de l’encéphalite japonaise nécessite des souris dont l’immunité innée a été génétiquement altérée. Le projet se déroule dans 2 établissements utilisateurs (EU1/2 et EU2/2).
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet soutiendra le développement d’un vaccin contre plusieurs flavivirus. Ces flavivirus infectent plus d’un demi-milliard de personnes dans le monde et causent la mort d’environ 200 000 personnes chaque année. Pourtant, il n’existe actuellement aucune méthode de protection contre tous. En soutenant le développement d’un vaccin contre les flavivirus, ce projet contribuera à étoffer l’arsenal thérapeutique contre ces maladies.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Dans un premier temps, nous évaluerons les facteurs immunitaires nécessaires pour la vaccination. Nous injecterons à deux reprises des souris présentant différents types de déficiences immunitaires avec le candidat vaccin. Les injections dureront quelques minutes. Deux semaines après la dernière injection, les souris seront anesthésiées pour prélever du sang, puis euthanasiées pour prélever la rate afin d’analyser la réponse immunitaire. Ensuite, nous évaluerons l’effet des facteurs immunitaires sur la protection conférée par le vaccin. Des souris présentant les mêmes types de déficiences immunitaires que précédemment seront injectées avec le vaccin, puis exposées à la piqûre de moustiques infectés par le virus de la fièvre du Nil Occidental. L’exposition aux moustiques, sous anesthésie, durera moins de 30 minutes. Nous effectuerons ensuite un seul prélèvement sanguin pour vérifier l’infection et évaluerons les symptômes pendant 14 jours en observant et pesant les souris. Enfin, nous évaluerons l’effet de la vaccination sur la protection contre l’infection par les virus de la dengue, du Zika, de la fièvre jaune et de l’encéphalite japonaise. Des souris génétiquement modifiées, susceptibles à ces flavivirus, seront injectées avec le vaccin, puis exposées à la piqûre de moustiques infectés par ces virus. Nous procéderons de la même manière que pour le virus du Nil Occidental pour la vérification de l’infection et le suivi des symptômes. Toutes les immunisations seront conduites dans l’EU2/2. Toutes les infections et les procédures sur animaux infectées seront conduites dans l’EU1/2.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Douleur passagère au niveau du site d’injection lors de l’administration du vaccin candidat et des anesthésiques, ainsi que lors des prélèvements sanguins. Développement de symptômes métaboliques et neurologiques associés à l’infection flavivirale.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux utilisés pour l’étude de la réponse immunitaire à notre vaccin candidat seront euthanasiés afin de permettre la collecte de sang et d’organes. Tous les animaux infectés seront euthanasiés à la fin des procédures, conformément à l’obligation légale.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Dans notre cas, le modèle animal est incontournable. Aucun modèle autre que le modèle animal ne permet de tester l’effet de l’immunisation sur la transmission par piqûre de moustique. Néanmoins, nous avons généré les données préliminaires nécessaires pour supporter notre hypothèse sur des modèles cellulaires in vitro.
2. Réduction
Pour évaluer l’effet de la réponse immunitaire dans les différentes conditions de déficiences immunitaires, nous utiliserons 5 souris par groupe car ce nombre est le minimum pour obtenir des données fiables selon des travaux préliminaires. Pour quantifier l’effet de la vaccination sur l’infection nous utiliserons 15 souris par groupe, nous avons effectué des calculs statistiques de puissance à partir d’expériences préliminaires pour connaitre le nombre minimum d’individus nécessaire.
3. Raffinement
Les souris auront accès à des enrichissements variés. Les souris seront anesthésiées avant leur exposition aux moustiques pour limiter la gêne de la piqûre. Un contrôle régulier, toutes les 15 min, sera effectué pour déceler de possibles anomalies liées à la narcose. Entre autres, nous suivront les grandes fonctions. En dehors des expériences, le suivi des animaux s’effectuera quotidiennement en se basant sur la grille de scoring des symptômes. Des points limites seront mises en place suivant ce score.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Nous allons utiliser des souris. Les souris sont des animaux de petites tailles, faciles à manipuler, avec lesquelles nous avons développé et évalué la stratégie vaccinale. Nous continuerons à documenter la protection conférée par notre vaccin candidat sur souris avant de tester le vaccin candidat sur des animaux plus grands pour soutenir une demande d’essais cliniques. Nous allons utiliser des sujets adultes de 6-8 semaines car ils ont un système immunitaire mature permettant une réponse immunitaire adéquate. Leur taille permet aussi la piqûre simultanée par plusieurs moustiques, nécessaire pour maximiser l’effet de l’infection. Leur taille facilite leur manipulation.