
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2025-10-02 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-614997)
Toutes tuées à l’issue pour des prélèvements d’organes, 30 souris rendues obèses et diabétiques vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Chacune subit trente-sept pesées, six injections sous la peau et vingt-quatre piqûres au bout de la queue pour la mesure de sa glycémie. Le porteur teste trois formulations par animal, ce qui divise par trois l’effectif employé, et note que l’obésité réduit déjà la capacité de mouvement des souris. Il présente l’étude in vivo comme une « étape règlementaire incontournable » du dossier de demande d’essais chez l’humain, pour des formulations à libération prolongée d’un médicament déjà autorisé.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
En 2021, 537 millions de personnes dans le monde étaient touchées par le diabète de type 2 tandis que 800 millions d’adultes souffraient d’obésité. Ces chiffres alarmants concernent deux “maladies du siècle” qui dépendent de plusieurs facteurs génétiques, environnementaux ou alimentaires. Cette prévalence inquiétante s’accompagne en outre d’une mortalité importante : on attribut directement à l’obésité et au diabète de type 2 associé environ 3,5 millions de décès par an au niveau mondial. Face ce contexte, les options thérapeutiques s’avèrent particulièrement pauvres. Récemment, une nouvelle génération de médicaments a été autorisée sur le marché afin de traiter à la fois l’obésité et le diabète de type 2. Néanmoins, bien que très efficaces, ces traitements s’administrent par injection et des recherches actives sont en cours afin de les améliorer afin de réduire la fréquence des injections. L’étude décrite dans le présent dossier vise à tester une forme à libération prolongée de ce médicament car il est connu que, dans ce cas, cela permet une réduction drastique des prises pour le patient (une administration par mois) améliorant ainsi largement son confort de vie. Par ailleurs, avec une diffusion plus lente du médicament, il est possible d’en améliorer l’efficacité. Au total, 9 formulations différentes à libération prolongée du médicament ont été développées et l’objectif du présent projet vise ainsi à démontrer que, sous ces nouvelles formes, le médicament X conserve ou améliore son efficacité malgré une fréquence d’administration réduite. .
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Si les résultats obtenus sont positifs, les nouvelles formulations du médicament testées pourront entrer en phase d’étude clinique et être ensuite mise sur le marché en tant que traitements anti-obésité et antidiabétiques et dont la posologie serait bien moins contraignante pour les patients traités. Par ailleurs, un meilleur contrôle de la disponibilité du médicament dans le corps du fait de la libération prolongée pourrait également en améliorer son efficacité.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis aux interventions suivantes: 1) Manipulations par les expérimentateurs pour des mesures de poids corporel (37 mesures au cours de l’étude; durée de la mesure : 1 minute); 2) Injection des traitements (6 administration; durée : 1 minute); 3) Prélèvements d’une goutte de sang pour mesure de la glycémie (24 prélèvements; durée du prélèvement : 1 minutes).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les mesures de poids corporel et les injections des traitements pourront être source de stress du fait d’une entrave aux mouvements de courte durée. Les injections des traitements et les prélèvement d’une goutte de sang à la pointe de la queue occasioneront également une douleur de faible intensité et de faible durée aux animaux. Enfin, le caractère obèse des souris sera source d’inconfort en réduisant légèrement leur capacité de mouvement.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
L’ensemble des animaux seront mis à mort à l’issue de l’étude. Des prélèvements d’organes sont prévus après euthanasie pour analyses ultèrieures.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’utilisation d’animaux à des fins scientifiques se justifie ici car il n’existe aucune méthode de substitution n’utilisant pas l’animal de laboratoire et permettant l’étude de l’impact d’un composé sur le poids corporel, la prise alimentaire et la glycémie dans le cadre des troubles métaboliques. Par ailleurs, bien que le composé testé ait fait l’objet de plusieurs études réalisées in vitro dans les premières phases de son développement, l’étude in vivo reste une étape règlementaire incontournable pour la constitution d’un dossier de demande de premières études sur l’homme (passage aux études cliniques).
2. Réduction
Le nombre d’animaux utilisés a été rationalisé à partir de l’expérience acquise par notre laboratoire sur le modèle de souris obèse et l’analyse des paramètres d’intérêt de l’étude. Ainsi, le nombre de 6 animaux par groupe pour les souris obèses a été rationalisé de façon à être en mesure de mettre en évidence une différence statistiquement significative sur les paramètres étudiés. Par ailleurs, compte tenu du faible nombre de traitements (1 par formulation testée) et du caractère faiblement invasif des procédure employées, nous avons choisi de tester 3 formulations par animal, en laissant entre chaque administration une pèriode de repos suffisante (minimum deux semaines). Cette précaution nous permet de réduire par 3 le nombre d’animaux employés pour atteindre les objectifs du projet.
3. Raffinement
Le protocole a été planifié de façon à limiter au maximum le stress et l’inconfort des animaux sans compromettre les objectifs de l’étude. Les traitements seront injectés par des expérimentateurs rodés à ce type de pratique. Les animaux seront hébergés en cages individuelles pour les besoins de l’étude mais les animaux conserveront des contacts olfactifs et visuels et un enrichissement des cages sera assuré par l’ajout d’igloos, de matériels de nidification et de briquettes en bois spécialement conçues pour le rongeur. Les prélèvements sanguins prévus seront limités au volume minimum nécessaire aux dosages de glycémie (un seule goutte de sang prélèvée en bout de queue). Une pèriode de repos d’au minimum 2 semaines sera appliquée entre deux séries de traitements afin de laisser les animaux récupérer. Enfin, un suivi journalier des animaux à l’aide d’une grille de score permettra une action rapide en cas d’atteinte des points limites établis. Ces actions incluent, entre autres, une surveillance renforcée et l’emploi d’analgésiques en cas de douleur avérée.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle de souris obèses nourris avec une alimentation enrichie en graisses (60% de l’apport calorique provenant des graisses) est un des modèles de souris les plus classiquement utilisés et les mieux documenté dans le cadre d’études précliniques menées dans le contexte des troubles métaboliques. Les animaux seront utilisés au stade adulte de 20 semaines. Le choix de ce stade de développement est guidé par la population humaine ciblée par les composés testés, à savoir une population adulte et tient compte d’une pèriode de 14 semaines de régime enrichi en graisse chez le fournisseur.