
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 28/10/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-082698)
Habituation à l’expérimentateur pendant plusieurs jours, puis une à deux injections de composés répétées jusqu’à quatre fois, deux à trois tests comportementaux d’une heure par jour, un stress aigu induit pharmacologiquement jusqu’à quatre fois, et pour certaines un stress chronique de contention d’une heure par jour pendant deux semaines : 832 souris sont utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger pour 264 d’entre elles et modéré pour 568. Le porteur attend une anxiété chronique, une perte de poids légère et de possibles altérations de l’état général chez les animaux soumis à la contention répétée. Il précise que les souris ne pourront pas être réutilisées pour tester plusieurs doses d’un même composé, faute de connaître l’ampleur et la durée des effets. Tous les cerveaux sont prélevés après mise à mort, pour des expériences ex vivo sur des modulateurs d’un récepteur nicotinique.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les objectifs du projet sont de tester pour la première fois, chez des modèles murins en conditions basales ou après exposition à un stress, les effets potentiellement anxiolytiques et/ou pro-cognitifs d’une nouvelle classe de composés pharmacologiques très sélectifs et capables de stimuler des récepteurs ayant précédemment été impliqués dans les déficits cognitifs associés à plusieurs pathologies neuropsychiatriques et plus récemment à l’anxiété.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les pathologies neurodégénératives, neurodéveloppementales et psychiatriques associées à des troubles anxieux et/ou cognitifs représentent l’un des enjeux majeurs de santé publique, et leur prévalence s’accroit. Il n’existe à ce jour pratiquement aucun traitement efficace pour soigner ces pathologies, notamment les troubles cognitifs et l’anxiété qui leur sont associés. A court terme, ce projet devrait permettre une première identification des effets thérapeutiques potentiels d’une nouvelle classe de composés pharmacologiques ciblant certains récepteurs aux neurotransmetteurs, sur ces aspects. Ce projet générera des bases solides pour des études précliniques plus approfondies en vue de futures études cliniques avec nos collaborateurs proches qui ont accès à des cohortes de patients.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis à deux à trois tests comportementaux d’1h maximum par jour, ce jusqu’à quatre fois, susceptibles d’entraîner un stress passager. Ils recevront une à deux injections de composés pharmacologiques, ce répété un maximum 4 fois par animal. Certains animaux seront exposés à un stress aigu induit pharmacologiquement de durée d’une heure maximum, jusqu’à quatre fois. Certains animaux seront exposés à un stress chronique de contention pendant 1 heure par jour pendant deux semaines.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les animaux peuvent éprouver un inconfort et une douleur légers de courte durée liés à l’introduction de l’aiguille. Les animaux sont susceptibles d’éprouver une anxiété transitoire lors de la soumission à un stress aigu, celle-ci devrait disparaitre au bout de quelques heures maximum, on n’attend pas d’altération de l’état général. Les animaux sont susceptibles d’éprouver une anxiété chronique lors de la soumission à un stress chronique (contention quotidienne durant 1h pendant deux semaines). On peut s’attendre à une perte de poids légère et à de possibles altérations de l’état général et du comportement qui devraient rester légères pendant cette période (une étude montre une perte de poids de 5% après 4 semaines de contention quotidienne de 6h.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort à l’issue de chaque procédure car les cerveaux seront prélevés pour des expériences ex vivo
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Pour identifier les effets potentiels thérapeutiques de nouveaux composés sur les processus cognitifs et anxieux, il est essentiel de faire des mesures sur des modèles animaux ayant un système nerveux entier et fonctionnel, et d’étudier les comportements et les états émotionnels associés au plus près de la façon dont ils se manifestent chez l’homme. Ceci ne peut, par essence, être réalisé autrement que sur des animaux vivants, ayant une connectivité physiologique intègre entre les différentes régions du cerveau et un degré de développement de leurs fonctions émotionnelles et cognitives suffisant pour en faire des modèles d’étude pertinents
2. Réduction
La méthodologie statistique a été réfléchie et discutée en amont de la soumission de ce projet sur la base de notre expertise de longue date et de la littérature. Dans nos études, la variabilité inter-individuelle est élevée. Il est donc nécessaire de tester au moins 12 animaux, respectivement, par groupe expérimental, sexe et conditions pour obtenir des résultats statistiquement robustes. Un groupe contrôle adapté d’animaux sera systématiquement prévu pour chaque jeu d’expériences et sera spécifique de chaque condition expérimentale testée. Le nombre d’animaux par groupe se base d’une part sur notre expérience solide des procédures et des modèles et souche d’animaux qui seront utilisés dans ce projet, et d’autre part sur la littérature, très abondante sur le sujet et dans laquelle la même souche de souris est couramment utilisée. Notre expérience en études comportementales et marquages cellulaires nous a déjà permis de réduire cette variabilité et de mieux la prendre en compte pour l’expliquer. Les paramètres mesurés seront ensuite comparés entre groupes, sexes et conditions pour comparer les groupes. Les animaux ne pourront pas être réutilisés pour tester plusieurs doses d’un même composé car nous ne connaissons pas encore ni l’ampleur ni la durée des effets susceptibles d’être observés. Sur cette base, nous nous efforcerons de réduire au minimum le nombre d’animaux utilisés en ajustant au mieux les protocoles expérimentaux et les analyses statistiques pour obtenir des résultats statistiques robustes tout en tenant compte de la variabilité inter-individuelle des animaux testés.
3. Raffinement
Avant chaque expérience nous passerons plusieurs jours à manipuler les animaux afin de les habituer à l’expérimentateur et à la manipulation. Il y aura, sauf circonstance imprévue, seulement un expérimentateur par groupe expérimental. Entre les expériences, les animaux seront laissés tranquilles dans leurs cages au maximum et surveillés plusieurs fois par semaine. et nous nous rapprocherons de la structure responsable du bien-être animal (SBEA) pour redéfinir les conditions optimales d’enrichissement si besoin. Par exemple, du gel hydrique pourra être proposé aux animaux en cas de dénutrition et /ou perte de poids. L’exposition au stress étant utilisé pour la première fois par notre équipe, une évaluation sera faite en continue avec le vétérinaire et la SBEA pour améliorer le bien-être sans interférer l’objectif scientifique. Des points limites sont établis pour chaque procédure avec des actions correspondantes pour limiter la douleur à son minimum sans compromettre les résultats scientifiques.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les rongeurs sont les meilleurs modèles, jusqu’à présent, sur lesquels on peut étudier les comportements liés à la psychiatrie, dont l’élevage et le maintien en bonnes conditions reste pratique à réaliser en laboratoire. La souris est, en outre, un modèle particulièrement intéressant lorsqu’on souhaite mettre en œuvre des tests relativement rapides mais largement validés et riches en information pour mesurer les fonctions cognitives et les niveaux d’anxiété. Les animaux seront utilisés à l’âge adulte (à partir de 10 semaines), afin que le cerveau soit suffisamment développé notamment pour l’étude de leur comportement.