Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Tuées dès qu’un point limite est atteint, ou dirigées vers d’autres protocoles et vers le renouvellement des trios reproducteurs, les souris de cet élevage ne quittent pas le circuit expérimental. 27 588 souris appartenant à vingt-six lignées immunodéficientes vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. L’acte déclaré se réduit à une biopsie de l’oreille au poinçon de 2 mm, pratiquée avant le vingt-et-unième jour de vie sur 7 260 d’entre elles. Le porteur affirme que ces lignées sont « indispensables » à l’étude du rejet de greffe, que les organoïdes ne modélisent qu’imparfaitement le réseau immunitaire, et que l’immunodéficience reste sans conséquence tant que les animaux vivent en conditions stériles.

NTS-FR-745863v1
Types de recherche
· Recherche fondamentale · Système immunitaire ·
Mots-clés
Immunologie de la grefffe, Transplantation, Elevage, Génotypage, Phénotype dommageable
Souris : 27588

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

L’objectif global de ce projet est d’étudier les réponses immunitaires dans le contexte de la transplantation d’organes. La transplantation d’organe consiste à remplacer un organe non fonctionnel par un organe provenant d’un donneur de la même espèce mais génétiquement différent. Un des principaux risques après une transplantation est le rejet de l’organe greffé. Celui-ci résulte de la capacité du système immunitaire du receveur à discriminer comme étranger le tissu transplanté. Les patients soient maintenus sous immunosuppresseurs (médicaments permettant de calmer le système immunitaire) pour réduire le risque de rejet. Cependant, malgré les traitements, le risque de rejet reste encore un point critique majeur pour les patients transplantés. Pour mieux comprendre les mécanismes de rejet et trouver de nouvelles voies thérapeutiques pour améliorer la survie des greffons et la qualité de vie des patients transplantés, il est nécessaire d’utiliser des lignées de souris présentant différents types d’immunodéficiences (26 lignées au total). Ce projet concerne que la gestion des souffrances liées au phénotype dommageable de différentes lignées de souris, l’ensemble des projets expérimentaux menés sur ces animaux sont validés en parallèle.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet permettra à court terme de générer les animaux qui rentreront ensuite dans différents projets de recherche ayant pour objectifs de mieux comprendre les réponses immunitaires dans le contexte de la transplantation d’organes, et ceci en réduisant les nuisances du phénotype dommageable en élevage (conditions d’élevage stériles comme décrit précédemment), et en optimisant l’élevage. A moyen terme, cela pourrait déboucher sur de nouveaux traitements pour les patients transplantés.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Un prélèvement de tissu par biopsie de l’oreille pour génotypage avant le 21ème jour de vie pour 7260 animaux.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les souris ont un phénotype dommageable (immunodéficience) mais qui ne se déclarera pas dans les conditions d’hébergement et de reproduction décrites. Pour les lignées de souris qui nécessitent d’être géntoypées, le prélèvement de tissus nécessite de contentionner l’animal, ce qui peut induire un stress transitoire de courte durée chez les animaux. Ces gestes, réalisés une seule fois peuvent causer de la douleur légère et de l’inconfort chez l’animal.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tout animal ayant atteint un point limite sera automatiquement mis à mort. Les autres animaux produits seront utilisés encontinu pour le renouvellement des trios reproducteurs, dans les protocoles validés par le ministère sur ces lignées ou hors-projet (prélèvement d’organes post-mortem pour études in vitro ou mise au point de protocoles).

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

L’utilisation des lignées de souris immunodéficientes est indispensable pour l’étude des réponses immunitaires dans le contexte de la transplantation d’organes. Des études in vitro ont été préalablement réalisées. Cepedant, le réseau complexe de cellules immunitaires impliquées dans la régulation des réponses immunitaires étudiées dans ce projet ne peut être reproduit in vitro et n’est qu’impartialement modellisé par les techniques actuelles telles que la production d’organoïdes. En effet, dans ce cas, la composante temps et développement reste imparfaite. D’autre part, l’interaction entre plusieurs organes étant nécessaire à l’apparition des phénotypes que nous étudions, des modèles in vitro ou in silico ne permettent pas d’accumuler des données suffisamment prédictives ou représentatives de la situation pathologique. Cette étude nécessite donc la réalisation d’expériences à l’échelle de l’animal. Les objectifs des projets scientifiques justifient donc l’existence de ces lignées.

2. Réduction

3R / Réduction :

Des calculs d’effectifs ont permis d’établir le nombre minimal d’animaux par lignée nécessaire en reproduction pour permettre de réaliser les différents projets de cette thématique. Nous nous sommes basés sur un nombre moyen théorique d’animaux par portées (6) et le nombre moyen théorique de portées par femelle et par semestre (3). Nous avons calculé au plus juste le nombre de cages de reproduction nécessaires avec ces chiffres et compte-tenu du nombre d’animaux nécessaires pour les expérimentations en aval. Lorsqu’un génotypage est réalisé, le nombre de cage de reproduction est augmenté pour tenir compte des animaux de génotype non-désiré. Si certains animaux ne peuvent être utilisés pour nos protocoles expérimentaux, ils seront utilisés hors protocole pour des prélèvements post-mortem permettant la mise au point et l’optimisation des expériences (par exemple, mise au point des immuno-marquages multiparamétriques sur des suspensions cellulaires de rate). Enfin, les trios reproducteurs sont changés tous les 6 mois pour ne pas garder de trios peu productifs, ce qui impliquerait d’augmenter leur nombre pour garder une production constante. La dimension de l’élevage sera dynamiquement évaluée pour prendre en compte l’objectif de réduction et s’adapter aux besoins des projets (notamment une réduction de l’élevage dans les phases de diminution des besoins des projets).

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux sont hébergés dans des cagées à portoirs ventilés et manipulés par un personel expérimenté en conditions stériles. Le phénotype dommageable (immunodéficience) ne se déclare pas lorsque les souris sont élevées dans ces conditions. Certaines de ces lignées de souris sont hébergées dans notre animalerie depuis plus de 5 ans avec une observation quotidienne, nous avons donc le recul nécessaire pour affirmer que le phénotype d’immunodéficience n’est pas dommageable en condition d’élevage SPF mais requiert des conditions d’infections controlées pour s’exprimer expérimentalement. Une biopsie d’oreille est parfois requise à des fins de génotypage. Cette biopsie sera effecuée à l’aide d’une méthode éprouvée, précise, rapide et standardisée qui limite les effets indésirables stress/douleurs. La biopsie sera réalisée avant le 21ème jour de vie à l’aide d’un poinçon de 2mm (régulièrement nettoyé et stérilisé par autoclavage) spécifique pour réaliser ce genre de prélèvement. Cet limite d’age a été choisie en fonction du développement des nouveaux-nés pour réaliser une biopsie indolore, ne nécessitant pas d’administration d’antalgique. La biopsie pourra être réalisée en même temps que le tatouage, afin d’éviter la préhension de l’animal plusieurs fois à quelques jours d’intervalle. Le lendemain de la biopsie, une attention particulière sera portée aux oreilles des animaux. En cas de lésions infectées, un lavage au sérum physiologique sera réalisé suivi d’une application de pommade antiseptique et cicatrisante sur conseil vétérinaire. Si l’infection auriculaire s’aggrave dans les 48h, l’animal sera euthanasié.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Du fait de leur similarité avec l’homme en termes de génétique, d’anatomie et de physiologie, la souris représente un modèle expérimental privilégié pour l’étude des réponses immunitaires dans le contexte de la transplantation. La sélection de la souris permet également de bénéficier d’un nombre important de modèles génétiquement modifiés pertinents développés précédemment (comme c’est le cas ici) et facilite donc le raffinement du plan expérimental. Des souris âgées de plus de 6 semaines et de moins de 12 mois seront utilisées pour la reproduction du fait de leur maturité sexuelle et avant la décroissance de la fertilité.