
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 07/11/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-882719)
Créées par croisements pour porter un phénotype dommageable, les souris de deux nouvelles lignées mutantes sont tuées pour prélever leurs muscles. 316 souris vont être utilisées, toutes au niveau de souffrance sévère, sans être réutilisées, replacées ni adoptées. Aucune intervention ne leur est appliquée : l’atteinte tient à la mutation elle-même, dont le porteur indique qu’elle pourrait provoquer des ruptures musculaires sévères, des défauts de régénération ou la mort de l’animal. Il affirme que les cellules musculaires cultivées in vitro ne forment pas de jonction myotendineuse et conclut que « l’utilisation de l’animal reste nécessaire ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Nos muscles sont reliés aux tendons, qui eux-mêmes sont attachés aux os. Le point de connexion entre le muscle et le tendon, appelé jonction myotendineuse (JMT), est essentiel pour permettre le mouvement. Lorsque cette jonction est faible ou endommagée, cela peut entraîner des déchirures musculaires importantes ou une mauvaise récupération après une blessure. Pourtant, les scientifiques comprennent encore mal comment cette jonction se forme ou se régénère. Dans ce projet, nous étudions deux protéines spécifiques, qui semblent jouer un rôle crucial pendant la formation précoce de la jonction muscle–tendon. Ces protéines sont actives uniquement au début de la vie, puis cessent d’être exprimées. Pour comprendre leur rôle, nous utilisons des souris génétiquement modifiées chez qui nous pouvons les supprimer dans le muscle pendant le développement. Nous cherchons à savoir si leur absence empêche la bonne formation de la jonction.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
À terme, cette étude pourrait nous aider à comprendre pourquoi certaines personnes subissent des blessures musculaires graves ou récupèrent mal après un effort physique, et elle pourrait ouvrir la voie à de meilleurs traitements pour favoriser la réparation musculaire.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux ne subiront aucune intervention ou procédure, ils seront mis à mort pour analyses des tissus musculaires. Ce projet repose sur la création de 2 lignées de souris mutantes à phénotype dommageable par croisement.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Si les 2 protéines d’intérêts de ce projet jouent effectivement un rôle très important, leur perte dans le muscle ou au niveau de la jonction myotendineuse, pourrait entraîner des ruptures musculaires sévères, des défauts de régénération ou la mort de l’animal.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Pour parvenir à des conclusions scientifiques solides avec le nombre minimal d’animaux utilisés, nous collecterons les biopsies musculaires de tous les animaux à la fin de chaque procédure. Par conséquent, nous ne réutiliserons pas, ne remplaçons pas et ne ferons pas adopter les animaux.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Bien qu’il soit possible de différencier des cellules musculaires in vitro, celles-ci ne possèdent pas de jonction myotendineuse et restent immatures. Par conséquent, cet aspect de la biologie musculaire ne peut pas être étudié de manière pertinente à l’aide de modèles en culture cellulaire. L’utilisation de l’animal reste nécessaire pour cette application.
2. Réduction
Nous recueillerons tous les tissus musculaires pertinents de chaque souris, ce qui réduira considérablement le nombre de souris utilisées. Nous avons déterminé, dans des études précédentes, que 6 souris (3 femelles et 3 mâles) par groupe et par type d’analyse seraient nécessaire afin d’obtenir une robustesse statistique. Pour chaque lignée de souris mutante, nous commencerons par tester le dernier point temporel de l’étude afin de vérifier s’il existe un phénotype dommageable, observable à l’œil nu, chez les animaux mutants pour nos 2 protéines d’intérêt. Ce n’est que lorsque ce sera le cas que nous procéderons à la collecte des points temporels plus précoces. Si les animaux ne présentent pas de phénotypes à 2 mois, alors les procédures prendront fin prématurément. Nous utiliserons les tests statistiques appropriés pour l’analyses des résultats.
3. Raffinement
Nous n’attendons pas de nuisances pour les animaux simples et doubles mutantes, mais comme ces lignées seront nouvelles dans notre EU, elles seront évaluées pour un éventuel phénotype dommageable d’après nos procédures. Par contre nous attendons un phénotype pour les triples mutants étudiés, ils seront donc aussi évalués. Ils seront observés quotidiennement et pesés 1x/semaine de leur naissance jusqu’à la fin de la procédure (2 mois). Si chez les 1ères portées observées et pesées, au minimum 2 portées d’au moins 2 couples différents avec un total d’au moins 14 femelles et 14 mâles, nous ne voyons pas de différence de poids avant l’âge de 6 semaines par exemple, alors nous ne pèserons pas les animaux des portées suivantes avant cet âge. Si par contre nous constatons une différence de poids et/ou l’apparition de phénotype alors le suivi des animaux sera renforcé en fonction des recommandations de notre vétérinaire. Le suivi comprend l’observation de l’état de santé général en fonction de l’âge (problème de croissance, motricité, apathie, aspect du pelage, aspect physique, vigilance, interaction sociale, toilettage) (Fiche d’évaluation en annexe). Un carré de chanvre sera placé dans chaque cage. Si lors de l’évaluation des lignées simples ou doubles mutantes, un phénotype dommageable devait être mis en évidence, alors nous rédigerons une demande d’autorisation de projet pour la maintenance des lignées concernées. Au cours de notre projet, tout signe de douleur sera pris en charge par des mesures appropriées en fonction du niveau de douleur observé (0 à 3). Le niveau de douleur correspondra au niveau de sévérité du phénotype si un phénotype dommageable est constaté grâce à la procédure d’évaluation de notre EU (en annexe). La présence de douleur sera aussi confirmée par l’échelle d’évaluation des expressions faciales de la souris du NC3Rs (en annexe). Toute douleur sera traitée par l’administration d’un anti-inflammatoire ou d’un analgésique. Si 2h après la 1ère injection d’analgésique l’animal est toujours en souffrance (niveau de douleur 1, 2 ou 3) alors il sera mis à mort (traitement inefficace). Si après 2 jours d’analgésique à raison d’une injection par jour efficace sur la douleur (retour à un niveau 0), la douleur revient le 3ème jour (douleur chronique) alors l’animal sera mis à mort. Si les souris ont des difficultés à manger de la nourriture solide (croquettes) ou à accéder au biberon, de la nourriture en gel sera placée dans le fond de la cage.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle murin a permis de découvrir le schéma d’expression de nos 2 protéines d’intérêt. De plus, toutes les lignées exprimant la protéine Cre recombinase sous le contrôle de promoteurs spécifiques pour le muscle ou pour la jonction myotendineuse ont été développés uniquement chez la souris. Par conséquent, les souris sont le modèle le plus approprié pour ce projet. Pour nos 2 lignées de souris mutantes étudiées, nous avons fixé l’âge de 2 mois comme point final, car c’est à ce stade que la maturation musculaire est considérée comme pleinement achevée. Si aucun phénotype dommageable, observable à l’œil nu, n’apparaît d’ici là, nous pourrons conclure que nos protéines d’intérêt ne jouent probablement pas un rôle majeur.