Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
Ce que décrit ce projet, résumé par l'OXA

Un hématome profond est provoqué dans le cerveau de chaque animal par injection de collagénase, puis un dispositif d’occlusion est glissé dans les artères intracrâniennes pour réduire le flux sanguin. 84 lapins vont être utilisés dans des procédures menées sous anesthésie générale de deux à douze heures, tués avant tout réveil pour que leur cerveau soit prélevé. Le projet cherche à démontrer qu’abaisser le flux sanguin limite la croissance de l’hématome, étape que le porteur présente comme un prérequis avant des essais chez l’être humain. Le résumé chiffre la durée de la chirurgie mais ne décrit ni les gestes propres à chaque groupe ni la répartition des 84 lapins, et conclut qu’aucune nuisance n’est attendue pendant la procédure puisque l’animal reste anesthésié.

Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.

NTS-FR-857342v1
Types de recherche
· Recherche appliquée · Troubles cardiaques ·
Mots-clés
AVC hémorragique, Lapin, Hématome cérébral
Lapins : 84

Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

Décrire les objectifs du projet.

Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).

Dans quel but fait-on ça ?

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Un patient sur cinq atteint d’hématome intracrânien connaît une expansion ultérieure de l’hématome, ce qui est associé à de mauvais résultats cliniques. Les risques de décès et d’invalidité triplent dès que se produit une expansion de 3 ml de l’hématome. Le risque d’expansion est plus important au cours des 3 premières heures, avant d’atteindre un plateau après 6 heures. Les premières études clinico-pathologiques et les études de modélisation appuient l’hypothèse selon laquelle le saignement lié à la rupture d’un vaisseau primaire applique des forces de cisaillement. Ces dernières peuvent se résumer comme la force que le flux sanguin exerce sur la paroi du vaisseau pouvant déformer les cellules endothéliales (qui sont en contact direct avec le sang) aux vaisseaux adjacents entrainant d’autres saignements et donc l’expansion de l’hématome. Dans ce contexte, il est nécessaire de développer de nouvelles stratégies thérapeutiques innovantes dans ce type d’AVC, afin de transformer radicalement l’issue des patients, en réduisant la mortalité précoce et les handicaps graves. Ce projet vise à lutter contre l’expansion de l’hémorragie : de la preuve de concept sur modèle animal à la validation par des essais cliniques, en développant notamment un dispositif endovasculaire pour diminuer localement le flux sanguin. La preuve de concept d’hématome profond intra cérébral induit de manière reproductible chez le lapin a été validée lors d’une étude préliminaire. L’étape suivante consiste à apporter la preuve de concept qu’une diminution du flux sanguin intracrânien va limiter l’expansion de cet hématome profond induit. Une étude randomisée sera réalisée, afin de tester l’efficacité de la modulation sélective du flux sanguin par voie endovasculaire (intervention effectuée en passant par les vaisseaux sanguins) à l’aide d’un dispositif d’occlusion temporaire pré existant. Plusieurs groupes d’animaux seront donc nécessaires afin d’évaluer l’efficacité de la technique et son optimisation. Si cette preuve de concept est validée, il s’agira d’un changement de paradigme dans la prise en charge aiguë de l’hématome intra crânien. Cette étape est donc un prérequis pour la suite du projet, qui permettra d’évaluer de nouveaux traitements endovasculaires « sur mesure », visant à limiter la croissance des hématomes intra cérébraux.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).

Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ?

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Ce projet a pour objectif de valider la preuve de concept que la modulation du flux sanguin intracrânien limite l’expansion des hématomes profonds intra cérébraux sur un modèle d’hématome pré clinique chez le lapin validé précédemment. Ce projet permettrait, à moyen-long terme : D’apporter de nouvelles données pour développer un nouvel outil de traitement de ces hématomes. D’évaluer l’efficacité de ce nouvel outil afin de débuter dès que possible une étude clinique. Ce projet s’intègre dans un projet plus large dont le but est de transformer le pronostic de l’hémorragie intracérébrale chez l’homme, pathologie actuellement principale pourvoyeuse de morbi mortalité.

Nuisances prévues, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Cruelty Free International a établi en 2018 que les résumés allemands et britanniques, les seuls examinés à ce jour, décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).

Le droit d'accès aux documents

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Chaque animal aura la procédure chirurgicale d’une durée de 2 à 12 heures adaptée à son groupe, sous anesthésie générale, pour laquelle l’animal ne sera pas réveillé à son terme.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Cruelty Free Europe a mesuré en 2024 que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces deux pays sont les seuls dont les résumés ont été examinés. Les résumés français relèvent du même modèle européen, et leur qualité n'a jamais été mesurée.

Les animaux souffrent-ils ?

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

L’anxiété et le stress sont des effets indésirables possibles en amont de la procédure. L’animal étant sous anesthésie générale tout au long de la procédure, il n’est pas attendu de nuisances ou effets indésirables pendant la procédure.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.

Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ?

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les animaux seront mis à mort à la fin de la procédure afin de prélever les pièces anatomiques (cerveau) à des fins d’analyse en anatomopathologie.

Application de la règle des "3R", selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

1. Remplacement

Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.

Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ?

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Ce projet nécessite l’utilisation du gros animal pour naviguer dans les artères intra crâniennes, afin de valider la preuve de concept et l’outil avant toute utilisation chez l’humain. La croissance des hématomes est dépendante de paramètres physiologiques et mécaniques, tels que la tension artérielle, ou encore de la zone autour de l’hématome où l’inflammation est importante. L’utilisation d’animaux dans le cadre de ce projet est indispensable car il n’existe aucune méthode de simulation préexistante (mais sera développée en parallèle de ce projet).

2. Réduction

Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.

Qui est concerné ?

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Un nombre total de 84 lapins a été méthodologiquement déterminé pour observer une différence statistique entre les groupes. Cependant, une analyse intermédiaire, après 9 lapins issus de chaque groupe, sera réalisée, pour évaluer la vitesse de croissance de l’hématome. Si les résultats sont très en faveur de l’hypothèse diagnostique de départ, l’étude sera arrêtée. A noter que l’étude préliminaire réalisée dans le cadre de ce projet a permis de développer et optimiser un modèle d’hématome intra cérébral induit ; et donc de réduire le nombre d’animaux nécessaires pour cette nouvelle étape. En parallèle, des modélisations par ordinateurs seront développées afin d’améliorer la compréhension du flux sanguin et de la croissance de l’hématome, ce qui permettra de réduire le nombre d’animaux nécessaire pour développer le futur dispositif permettant le traitement chez l’humain.

3. Raffinement

Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.

La réglementation est-elle « très stricte » ?

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les animaux seront hébergés dans le respect du bien-être animal. Les animaux auront systématiquement une période d’acclimatation de 5 jours minimum. Leur environnement comportera un enrichissement (foin, bûchettes à ronger…). Les animaux seront suivis quotidiennement et leur état de santé sera évalué tout au long de leur phase d’acclimatation et de pré anesthésie. Les animaux seront anesthésiés et analgésiés pendant les procédures chirurgicales. Ils seront suivis et monitorés tout au long de la procédure avant la mise à mort.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.

Spécisme et expérimentation animale

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les modèles petits animaux (souris, rats) ne permettent pas d’utiliser les outils d’imagerie cliniquement disponibles, en raison de leur petite taille et ne permettent pas le développement de nouvelles stratégies thérapeutiques telles que le traitement par voie endovasculaire, à cause des difficultés à atteindre les vaisseaux les plus fins avec les dispositifs cliniques actuels. Le lapin possède un réseau circulaire d’artères à la base du cerveau se rapprochant de celle de l’humain, à la différence du porc. Enfin, la taille des vaisseaux du lapin permet d’utiliser des dispositifs déjà employés en neuroradiologie interventionnelle chez l’humain. Le poids des lapins New-Zealand adulte est supérieur à 3.5kg, soit autant qu’un nouveau-né, ce qui permet d’utiliser les appareils d’imagerie disponibles en clinique et d’évaluer des stratégies chirurgicales ou endovasculaires.