Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Chaque chat et chaque chien subit jusqu’à treize prises de sang sur animal éveillé, en trois sites différents, après une administration orale ou injectable et jusqu’à seize heures de jeûne. 90 chats et 45 chiens vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger pour 45 d’entre eux et modéré pour 90. L’objet est commercial, il s’agit de mesurer le passage sanguin de molécules candidates pour trier celles qui iront plus loin dans le développement d’antiparasitaires vétérinaires. Le champ réglementaire du devenir ne déclare aucune mort, 75 animaux réutilisés et 60 proposés à l’adoption, mais le texte précise que ceux qui sont réutilisés puis jugés non adoptables seront tués.

NTS-FR-681705v1
Types de recherche
· Maladies animales · Recherche appliquée ·
Mots-clés
Pharmacocinétique, Biodisponibilité orale, Chien, Chat
Chats : 90
Chiens : 45

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).

Dans quel but fait-on ça ?

Réponse du laboratoire :

Ce projet a pour objectif l’évaluation précoce du profil pharmacocinétique et de la biodisponibilité orale de composés d’intérêts pour le développement de produits antiparasitaires ou thérapeutiques chez le chat et le chien. Ces études permettront de sélectionner les composés présentant les meilleurs profils pharmacocinétiques et d’obtenir des données en début de phase recherche précoces permettant de modéliser les résultats pharmacocinétiques et ainsi de pouvoir réduire le nombre d’animaux utilisés si le composé poursuit son développement.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).

Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ?

Réponse du laboratoire :

La pharmacocinétique a pour but d’étudier le devenir d’une substance active contenue dans un médicament après son administration, et la biodisponibilité est le calcul de la fraction de substance active qui est absorbée et arrive réellement dans le sang après administration orale. Le projet a pour but d’évaluer de manière précoce le profil pharmacocinétique des composés sélectionnés afin de vérifier leur bonne biodisponibilité avant l’utilisation dans les autres phases de recherche et développement. Les données obtenues permettront également de pouvoir modéliser les résultats pharmacocinétiques et ainsi de pouvoir réduire le nombre d’animaux utilisés si le composé poursuit son développement. Les composés étudiés seront utilisés dans le développement de produit pharmaceutiques vétérinaires afin d’améliorer la prise en charge de certaines affections des animaux de compagnie ou de développer de nouveaux antiparasitaires efficaces.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Cruelty Free International a établi en 2018 que les résumés allemands et britanniques, les seuls examinés à ce jour, décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).

Le droit d'accès aux documents

Réponse du laboratoire :

Tous les animaux ont une administration, une seule fois, en vigile. L’administration peut s’effectue par 2 voies différentes. Cet acte dure 1 à 3 minutes. Tous les animaux peuvent avoir au maximum 13 prélèvements sanguins. 3 sites de prélèvements sont possibles. Cet acte s’effectue sur animal vigile et dure environ 3 minutes. Tous les animaux ont un examen physique, une fois ou plus si jugé nécessaire. Cet acte s’effectue en vigile et dure environ 5 minutes. Durant les deux heures post administration, les animaux pourront être hébergés individuellement pour observer d’éventuels évènements contraires (vomissements, diarrhées…). Dans le cadre d’étude avec administration orale, les animaux peuvent être mis à jeun max 16h avant l’administration du produit.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Cruelty Free Europe a mesuré en 2024 que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces deux pays sont les seuls dont les résumés ont été examinés. Les résumés français relèvent du même modèle européen, et leur qualité n'a jamais été mesurée.

Les animaux souffrent-ils ?

Réponse du laboratoire :

On ne s’attend pas à des effets secondaires notables. Les composés sélectionnés sont préalablement testés chez la souris dans le cadre d’étude de Dose Maximale Tolérée et seuls les composés ayant démontrés une absence de signes cliniques à 100 fois la dose allant être administré chez le chien ou le chat seront testés dans ce projet. Les nuisances attendues sur les animaux sont : – Stress dû à la contention – Douleur / inconfort suite aux injections ou aux prélèvements – Stress dû à l’hébergement individuel (inférieur à 4h) et/ou à la mise à jeun – Régurgitation / vomissements suite à l’administration orale

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.

Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ?

Réponse du laboratoire :

Les animaux seront réutilisés à l’issue de chaque procédure. Les animaux réutilisés qui ne seront ensuite pas adoptables seront euthanasiés.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.

Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ?

Réponse du laboratoire :

Il n’existe pas à ce jour de méthode alternative au recours à l’animal permettant d’évaluer la pharmacocinétique des produits pharmaceutiques vétérinaires. Ces composés étant nouveaux, aucun modèle prédictif ne permet de remplacer l’utilisation de l’animal. Les composés sélectionnés ont d’abord démontré :  Une efficacité in vitro sur les parasites d’intérêts dans le cadre d’antiparasitaires ou sur la maladie d’intérêt (target blinding / taget occupency ; molécules d’intérêts déjà développés en vue de médicament humain…)  Un bon profil pharmacocinétique dans le cadre d’études pharmacocinétiques préliminaires chez le rongeur  Une absence signes à au moins 100 fois la dose d’intérêt dans le cadre d’études de Dose Maximale Tolérée chez le rongeur Après cette première étape, les études de pharmacocinétique ou pharmacodynamie nécessitent de travailler sur un organisme entier, mettant en jeu des interactions entre différents tissus/organes impliqués dans le métabolisme et le/les effets physiologiques et/ou thérapeutiques du futur candidat médicament.

2. Réduction

Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.

Qui est concerné ?

Réponse du laboratoire :

Ces études étant exploratoires dans le but de sélectionner des composés, trois animaux seront utilisés par composé et par voie d’administration. En fonction de l’arrivée des composés une étude peut être lancée par mois au maximum. Lorsque le statut des animaux le permet les animaux utilisés peuvent être issus de procédures (légère ou modérée) antérieures et peuvent ensuite être réutilisés dans une future procédure. La réutilisation permet de réduire le nombre d’animaux utilisés. Seuls les animaux ayant retrouvé un état de santé et bien-être complet, attesté par le vétérinaire désigné, sont réutilisables.

3. Raffinement

Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.

La réglementation est-elle « très stricte » ?

Réponse du laboratoire :

Pour chaque étude, une période d’acclimatation systématique des animaux est prévue dans le but de limiter leur stress et de stabiliser leur état physiologique dont la durée optimale est de 7 jours, pouvant être diminuer à 4 jours si les animaux ne changent pas de d’environnement entre les études. Les animaux font l’objet d’un soin de qualité avec respect de leur bien-être. Les chats et les chiens ont à disposition des méthodes d’enrichissement afin de stimuler l’exercice physique et leurs activités cognitives (accès à des espaces extérieures, plateforme, jeux, dispositifs en hauteur pour les chats). Un training est réalisé en renforcement positif (friandises, caresses), afin de limiter le stress lié aux actes techniques (contention, administrations, prélèvements) et aux conditions d’études (hébergement individuel inférieur à 4h, alimentation…). La durée de ce travail est indéterminée, il sera réalisé jusqu’à ce que les animaux ne montrent plus de signes de stress contre-indiquant leur entrée dans la procédure (le cas échéant). Chez le chat, une habituation au sac de contention pourra être réalisé en amont, afin de les familiariser avec ce type de contention et pouvoir l’utiliser lors des prélèvements sanguins et/ou de l’administration. Pour réduire l’inconfort provoqué par l’administration et/ou les prélèvements, les opérateurs qualifiés réalisent une contention adaptée de l’animal (le sac de contention peut être utilisé chez le chat à condition qu’un training ait été réalisé en amont) et une analgésie et/ou un changement du site peuvent être mis en place. Les animaux sont observés quotidiennement, ou plus si jugé nécessaire, ce qui permet de détecter tout signe comportemental anormal (spontané ou provoqué) et/ou toute anomalie physique non attendue. En cas de déviation de l’état normal d’un animal, le vétérinaire désigné ou le vétérinaire d’astreinte (en accord avec le vétérinaire désigné), décidera d’augmenter les fréquences d’observations, d’isoler l’animal et/ou d’envisager un traitement pour soulager l’animal.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.

Spécisme et expérimentation animale

Réponse du laboratoire :

Il s’agit des espèces cibles pour les composés évalués. Les chats et chiens utilisés ont plus de 6 mois. Dans le cas des études précoces sur un nombre réduit d’animaux, des animaux adults sont sélectionnés.