Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Deux critères déclenchent la mise à mort de l’animal quand ils atteignent leur valeur maximale, la respiration et la perte de poids. 512 souris mâles de neuf semaines vont être intoxiquées par un agent neurotoxique organophosphoré du type sarin ou VX, 248 dans des procédures d’un niveau de souffrance modéré et 264 dans des procédures d’un niveau sévère, toutes tuées pour prélever leurs organes. Le porteur indique que la dose sous-létale la plus forte peut provoquer des crises convulsives dans l’heure suivant l’intoxication, et prévoit deux à trois séances d’imagerie cérébrale à un, trois et six mois, dont la durée cumulée peut dépasser deux heures. Le projet évalue un candidat thérapeutique, le Glunomab, associé au traitement actuel des intoxications par agents de guerre et par pesticides organophosphorés.

NTS-FR-039257v1
Types de recherche
· Recherche appliquée · Toxicologie (hors obligations réglementaires) ·
Mots-clés
unité neurovasculaire, imagerie, non-invasive, organophosphoré, barrière hémato-encéphalique
Souris : 512

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Les composés organophosphorés (OP) tels que les agents neurotoxiques de guerre (NOP) comme le sarin et le VX, ou certains pesticides organophosphorés (OPP), constituent une menace actuelle pour les populations militaire et civile. Si les intoxications à fortes doses représentent toujours un véritable danger (tentative d’assassinat), l’exposition de manière unique ou répétée à des NOP et des OPP à des doses asymptomatiques (attaque terroriste, terrains de guerre, épandage de pesticides…) est une réalité permanente. Les rapports d’intoxication passive, active ou accidentelle avec des pesticides (300 000 décès annuels dans le monde pour près de 3 millions de cas d’intoxication rapportés) ou lors d’utilisation de gaz neurotoxiques en Syrie témoignent du besoin de développer des traitements neuroprotecteurs plus efficaces. Ce projet multisite, mené sur deux établissements utilisateurs, vise à caractériser les altérations de l’UNV à moyen et long termes (jusqu’à 6 mois) après exposition aux OP et d’évaluer un nouvel acteur thérapeutique.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet permettra d’évaluer les effets d’une intoxication sur l’unité neurovasculaire (UNV). Une meilleure compréhension de ces atteintes nous permettra d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques et d’améliorer la prise en charge clinique globale à la suite d’une intoxication aux NOPs. De plus un nouvel acteur thérapeutique sera testé : le Glunomab® en association avec le traitement actuel.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les interventions prévues sur les animaux sont listées ci-dessous : •Intoxication à un agent neurotoxique organophosphoré suivi par une étude comportementale d’observation (durée 1 heure) pour déterminer les signes d’intoxication. L’intoxication et l’étude comportementale ne seront réalisées qu’une seule fois. (Etablissement utilisateur (EU) administration toxique) • Une injection de traitement thérapeutique • Réalisation de 2 à 3 sessions d’imagerie cérébrale à 1 mois, 3 mois et 6 mois après l’intoxication (EU imagerie). Chaque session pourra inclure : une imagerie IRM d’environ 20 minutes, une imagerie ultrasonore de type speckle, d’environ 1 heure, et une imagerie fonctionnelle par ultrasons (fUS) d’environ 1 heure. La durée totale d’examen pourra ainsi varier selon le protocole sélectionné pour l’animal, tout en restant compatible avec son confort et son suivi.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Lors des expériences d’intoxication : -Pour l’un des axes de ce projet de recherche, les animaux seront exposés à une dose sous-létale de toxique entrainant une intoxication de faible sévérité . En revanche, pour l’autre axe, qui implique l’utilisation d’une dose sous-létale plus importante de toxique, le développement de symptômes plus sévères peut survenir, notamment des crises convulsives périphériques. Ces effets post-intoxication apparaissent dans la première heure post-intoxication, et la surveillance des animaux sera prolongée jusqu’à 6 heures post-intoxication pour s’assurer de leur récupération.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux seront mis à mort à la fin de la procédure afin de prélever leurs organes et d’y étudier ex vivo certains paramètres et de les confronter aux données en imagerie.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Il n’existe actuellement aucune méthode alternative permettant d’étudier de manière intégrée la réponse du système nerveux central et périphérique à un neurotoxique. Par ailleurs, l’étude de l’unité neurovasculaire (UNV) et sa fonctionnalité suite à une intoxication aux organophosphorés ne peut être envisagée qu’«in vivo». Il n’existe actuellement aucune culture reproduisant l’ensemble des éléments de l’UNV : cellules endothéliales, pieds astrocytaires, microglie et macrophages péri-vasculaires.

2. Réduction

3R / Réduction :

Afin de limiter au maximum l’utilisation des animaux tout en garantissant une qualité scientifique suffisante, deux plans expérimentaux distincts ont été établis. Le premier vise à étudier les effets de l’intoxication aux agents organophosphorés. Le second a pour objectif d’évaluer l’efficacité des traitements utilisés, seuls ou combinés. Dans ces deux volets, les chercheurs analyseront plusieurs paramètres liés au fonctionnement cérébral, notamment le flux sanguin cérébral, l’activité cérébrale et des marqueurs d’activation vasculaire. Les analyses statistiques appropriées seront réalisées afin de comparer les groupes et de déterminer si les différences observées sont significatives. Les effectifs animaux ont été calculés de manière à utiliser le minimum d’individus tout en obtenant des résultats fiables. Les animaux seront hébergés par petits groupes afin de garantir leur bien-être, et le plan expérimental a été conçu pour limiter strictement le nombre total d’animaux nécessaires. Cette stratégie permet d’obtenir des conclusions solides tout en respectant la règle des 3R.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux seront hébergés en conditions standards d’animalerie, 4 individus par cage avec accès sans restriction à la nourriture et à la boisson. Ils bénéficieront d’un milieu enrichi (matériel de nidification, tunnel). L’isolement des animaux sera limité au maximum afin de minimiser leur angoisse. Pendant la 1ère heure suivant l’intoxication, les animaux seront placés seuls afin de suivre l’évaluation de l’intensité de l’intoxication, puis ils seront remis en cage avec leurs congénères. Une surveillance journalière des souris sera effectué pendant une semaine à la suite de l’intoxication, et un indice sera calculé suivant une grille d’évaluation pré-établie (ex : changements du rythme respiratoire, changement du comportement, réponses comportementales aux stimuli externes). L’indice cumulatif (addition des valeurs de chaque critère) indiquera une souffrance/détresse croissante. Deux critères « vitaux » atteignant la valeur maximum entraineront la mise à mort de l’animal : « respiration » et « perte de poids » : ils sont considérés comme des points limites. En fonction de l’indice cumulatif, différentes prises en charge seront réalisées : augmentation de la fréquence de surveillance (2-3 fois par jour), apport de complément alimentaire (gel hydratant…), injection de glucose et/ou injection de buprénorphine. Une attente de 15 jours entre l’intoxication et le transport ainsi qu’une période d’acclimatation de 15 jours à l’arrivée du site d’imagerie sont prévues avant toute expérience afin de réduire les nuisances aux animaux. Pendant le transport, les animaux seront maintenus dans leur groupe de cage (n=4), avec ajout de nourriture, hydrogel et matériel de nidification supplémentaires. Seuls les animaux en bonne santé seront envoyés. Le transport sera organisé par un transporteur agrée. Tous les examens d’imagerie sont réalisés sous anesthésies générales par voie gazeuse afin de minimiser le stress de l’animal. Une surveillance journalière des souris sera effectuée à la suite des examens d’imagerie afin de suivre l’évolution du poids et la cicatrisation des sutures.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Les expériences seront réalisées sur des souris Swiss mâles âgées de 9 semaines, pesant entre 38 et 43 g. Cette souche est largement utilisée dans les modèles d’intoxication aux agents neurotoxiques, notamment pour son profil comportemental stable et reproductible. Elle permet également d’explorer différents volets expérimentaux, dont l’analyse du comportement et l’activité cérébrale. Le choix d’animaux jeunes adultes assure une bonne comparabilité avec les travaux antérieurement menés sur des modèles similaires. Utiliser le même stade de développement permet une continuité scientifique et facilite l’évaluation de l’effet des traitements en conditions contrôlées. Cette souche est aussi reconnue pour sa sensibilité à l’altération du fonctionnement de l’unité neurovasculaire (interaction entre neurones, vaisseaux sanguins et cellules de soutien du cerveau), un aspect pertinent pour l’étude des conséquences cérébrales de l’exposition aux agents organophosphorés.