
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 07/07/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-148044)
Trois chirurgies du crâne d’une heure chacune, puis une vingtaine de sessions d’enregistrement de trente minutes avec un microscope miniature fixé sur la tête : 660 souris vont être utilisées, 140 dans des procédures d’un niveau de souffrance léger et 520 dans des procédures d’un niveau modéré, toutes tuées à l’issue. Le porteur décrit des dommages osseux et tissulaires, des douleurs, des pertes de poids et une mobilité réduite, et fait porter en permanence aux animaux un faux appareil du même poids pour les y habituer. Pendant les 80 sessions de recherche de nourriture, les souris sont soumises à une restriction alimentaire. Le porteur teste aussi une lignée Shank comme modèle d’autisme, dont il annonce surveiller l’apparition de stéréotypies, et qu’il désigne comme une « lignée dommageable ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce projet vise à mieux comprendre comment le cerveau utilise les informations sensorielles pour guider le comportement et les mouvements. Dans une première partie, nous observerons l’activité du cerveau chez des souris se déplaçant librement grâce à de petits microscopes miniatures. Nous cherchons à comprendre comment le cerveau permet à l’animal de s’orienter dans l’espace et de choisir les informations sensorielles les plus utiles (par exemple des odeurs, des repères visuels ou des sons) pour trouver une récompense. Pour cela, nous ferons varier ces indices sensoriels afin d’étudier comment le cerveau s’adapte lorsque les informations changent. Dans une seconde partie, nous étudierons une autre région du cerveau impliquée dans la coordination des mouvements. Cette région permet notamment d’ajuster les gestes en temps réel lors des déplacements. Nous mesurerons l’activité de différents neurones pendant que les souris réalisent des tâches motrices, afin de mieux comprendre comment le cerveau coordonne les mouvements de manière précise. L’ensemble de ce projet contribuera à améliorer notre compréhension des mécanismes cérébraux impliqués dans l’orientation et le contrôle des mouvements.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Notre recherche vise à comprendre les bases fonctionnelles qui permettent au cerveau de s’orienter dans l’environnement et d’effectuer des tâches motrices complexes. Nous serons ainsi en mesure, à terme, de démontrer comment le cerveau est capable d’orienter et d’orchestrer le mouvement dans des conditions physiologiques. Une meilleure compréhension du fonctionnement des neurones dans les structures concernées est nécessaire pour permettre un traitement des pathologies neurologiques liées à des dysfonctionnements moteurs et à des déficits d’orientation. Un modèle murin autistique est également testé dans le cadre d’une tâche locomotrice.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Approche 1 : Étude de l’activité cérébrale pour comprendre le rôle du système de direction de la tête dans la navigation spatiale : 23 interventions :: Les souris seront soumises à 3 interventions chirurgicales pour permettre la mesure optique de l’activité neuronale. Ces interventions chirurgicales durent 1 heure. Les souris participeront ensuite à environ 20 sessions de tests comportementaux pendant lesquelles leurs mouvements et l’activité cérébrale seront mesurés. Chacun de ces enregistrements dure de 30 minutes, avec un maximum de deux par jour. Approche 2 : Enregistrement simultané de l’activité cérébrale pour explorer comment le cerveau contrôle les mouvements : 23 interventions :: Les souris seront soumises à 3 interventions chirurgicales pour permettre la mesure optique de l’activité neuronale. Ces interventions chirurgicales durent 1 heure. Les souris participeront ensuite à environ 20 sessions de tests comportementaux pendant lesquelles leurs mouvements et l’activité cérébrale seront mesurés. Chacun de ces enregistrements dure de 30 minutes, avec un maximum de deux par jour. Approche 3 : Tâche de localisation de récompense basée sur des indices sensoriels variables : 80 sessions de recherche de nourriture:: Les souris sont soumises à une tâche de recherche de nourriture consistant à chercher des récompenses alimentaires. La tâche est effectuée jusqu’à 4 fois par jour pendant une période pouvant aller jusqu’à quatre semaines. Afin de motiver les animaux à rechercher des récompenses alimentaires pendant la tâche de navigation spatiale, leur alimentation est restreinte et leur poids est étroitement surveillé (Approche 1 and 3).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les chirurgies invasives prévues par le protocole impliquent des dommages osseux et tissulaires. En conséquence, les animaux peuvent être potentiellement exposés à la douleur combinée à une perte de poids, à l’immobilité ou à un comportement anormal. La durée typique de récupération après une opération est 2 jours, période pendant laquelle les animaux sont traités avec des médicaments. Porter le miniscope sur la tête peut induire un stress chez l’animal et réduire sa mobilité. Afin qu’il s’habitue au dispositif, l’animal portera en permanence un mini-scope factice du même poids.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux (n = 660) seront mis à mort ; parmi eux, 520 seront utilisés pour des analyses histologiques du cerveau après le protocole expérimental impliquant l’imagerie in vivo.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’intégration des informations sensorimotrices pendant la navigation spatiale libre implique de multiples régions et réseaux cérébraux. Afin de comprendre le rôle des neurones dans le comportement moteur et l’orientation, il est donc primordial de réaliser des expériences sur animal vivant et libre de ses movements afin de conserver la structure et l’activité des réseaux neuronaux sous-jacents. : Il s’agit d’un projet de neurophysiologie intégrative qui ne peut être conduit que sur animal vivant.
2. Réduction
Afin de réduire le nombre d’animaux, cette étude d’activité neuronale in vivo est réalisée avec des implants chroniques. Une fois implantés, les animaux sont maintenus en vie et utilisés pour de nombreuses sessions (4-8 semaines) d’enregistrement. De plus, cette étude prévoit d’enregistrer un grand nombre de neurones depuis un seul animal, grâce à l’imagerie calcique de la population. L’optimisation des soins aux animaux contribue en outre à l’utilisation d’animaux pour de nombreuses sessions d’enregistrement. De plus, l’utilisation de souris des deux sexes permet de réduire davantage le nombre d’animaux produits pour cette étude. Enfin, nous utiliserons les tests statistiques appropriés afin d’obtenir des résultats exploitables à partir du plus petit nombre d’animaux possible.
3. Raffinement
Tous les animaux de cette étude seront gardés dans des cages dans l’animalerie avec leurs congénères. Les cages seront enrichies de roues de course et des rouleaux pour se cacher. Les souris seront maintenues avec eau et nourriture ad libitum, sauf pendant la tâche de recherche de nourriture au cours de laquelle les souris sont soumises à une restriction alimentaire. Leur état général et en particulier le poids sera surveillé de façon quotidienne pendant toute la durée du protocole. Pour éviter toute souffrance, tout signe de douleur, angoisse ou stress chez les animaux sera soulagé avec des analgésiques et anti-inflammatoires. Une grille précise d’évaluation des points limites sera utilisée. La surveillance régulière de l’animal permettra d’arrêter toute procédure expérimentale en cas de signes d’anxiété ou de souffrance définis dans l’échelle d’évaluation. Un raffinement renforcé sera mis en place pour la lignée dommageable (Shank), incluant un enrichissement environnemental adapté (matériel de nidification, structures d’exploration), une manipulation non aversive (tunnel), et une gestion sociale optimisée avec des groupes stables. Un suivi clinique régulier permettra de détecter précocement l’apparition de stéréotypies ou de troubles du comportement, fréquents dans ce modèle.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris constitue un modèle reconnu pour les expériences de neurophysiologie intégrative. En combinant souris transgénique et injections virales nous serons en mesure de mesurer l’impact fonctionnel d’une population neuronale spécifique. Il s’agit de mammifères dont le fonctionnement du cerveau peut être comparé à celui de l’homme pour les questions abordées dans ce projet. Les animaux seront utilisés à partir de l’âge où leur activité motrice est arrivée à son niveau mature (>P30) et pendant les deux mois qui suivent. À cet âge, la locomotion est entièrement développée et les structures cérébrales impliquées dans la locomotion et l’orientation sont matures.