Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Une neurotoxine injectée par chirurgie stéréotaxique détruit des neurones chez une partie des 2 832 souris de ce projet, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère. Le porteur décrit ce modèle comme très invalidant, avec un taux de mortalité important, et indique que les souris de la lignée Mito-Park atteignent vers 45 semaines une perte de poids et un mauvais état général qui déclenchent leur mise à mort. Toutes seront tuées, pour des contrôles anatomiques et histologiques à la fin de chaque procédure. Sept tests comportementaux sont annoncés, jusqu’à trois heures par jour, sans qu’aucun soit nommé, et l’un d’eux impose une restriction alimentaire pour motiver les animaux.

NTS-FR-770099v1
Types de recherche
· Éthologie / comportement / biologie animale · Oncologie · Recherche fondamentale · Système nerveux ·
Mots-clés
Noyau sous-thalamique, circuits neuronaux, anxiété, Maladie de Parkinson, souris
Souris : 2832

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Ce projet cherche à mieux comprendre certaines manifestations de la maladie de Parkinson qui ne concernent pas directement le mouvement, comme l’anxiété, la perte de motivation ou la dépression. Ces symptômes apparaissent souvent avant les troubles moteurs et pourraient aider à diagnostiquer la maladie plus tôt. Aujourd’hui, une technique utilisée pour traiter Parkinson consiste à stimuler certaines zones du cerveau avec de l’électricité, mais on ne comprend pas encore bien comment elle fonctionne. De plus, elle peut parfois provoquer des effets secondaires importants. L’objectif de ce projet est donc d’identifier précisément quelles zones et quels circuits du cerveau sont responsables des effets positifs (amélioration des mouvements) et négatifs (troubles émotionnels) de cette stimulation. Les chercheurs vont étudier différentes populations de neurones dans des régions spécifiques du cerveau et tester leur rôle en les activant ou en les bloquant chez des souris. Le projet prendra aussi en compte les différences entre mâles et femelles, car le cerveau peut fonctionner différemment selon le sexe. À terme, ces travaux pourraient permettre de rendre les traitements plus efficaces et de limiter les effets secondaires.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet sera une caractérisation unique de structures clefs du cerveau dans le contrôle des troubles non-moteurs de la maladie de Parkinson (anxiété, dépression, etc.) en condition physiologique et pathologique. Nous pourrons ainsi déterminer si l’altération de ces zones cérébrales pourrait être à l’origine de troubles non-moteurs de la maladie de Parkinson. A long terme, ce projet pourrait aider à favoriser l’identification de nouvelles cibles thérapeutiques permettant de réduire les symptômes non-moteurs des patients et en particulier ceux atteints de la maladie de Parkinson.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Procédure chirurgicale pour injection de virus ou de neurotoxine : entre 30 minutes et 1 heure, – procédure chirurgicale avec implantation : entre 1h et 2h, Imagerie calcique in vivo sur animal vigile entre 1h et 2h. 7 tests comportementaux seront utilisés d’une durée comprise entre 15 et 45 minutes chacun, soit au total entre 1h30 et 3h par jour. Un des tests comportementaux nécessite la mise en place d’une restriction alimentaire pour motiver les animaux à faire la tâche comportementale demandée mais les animaux pourront être maintenus groupés car le test comportemental pourra être réalisé sur la même journée pour l’ensemble des animaux. Pour la lignée Mito-Park qui a un phénotype dommageable, les animaux font l’objet d’un suivi clinique et pondéral régulier, avec une attention particulière à leur mobilité, à leur état général et à leur poids. Les conditions d’hébergement sont adaptées : la nourriture et l’eau sont placées à une hauteur facilement accessible, des aliments enrichis ou ramollis sont proposés au sol, et la litière est rendue plus confortable pour faciliter le repos. Ces mesures visent à aider les animaux à s’alimenter et à se déplacer malgré leurs difficultés motrices, et à maintenir au mieux leur confort.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les effets indésirables attendus sur les animaux comprennent : 1/ un risque de douleur durant la chirurgie et douleur aiguë lié à la récupération post-chirurgie implantatoire, 2/ un risque d’infection lié aux chirurgies et aux implants, 3/ un risque de stress à court terme induit par notre paradigme expérimental, 4/ les modèles murins de maladie de Parkinson (voir détail ci-dessous) et 5/ un risque de stress à court terme induit par la restriction alimentaire et les tests comportementaux réalisés. Le modèle de souris Parkinsonienne unilatéral : Ce modèle est classiquement utilisé pour reproduire les phases tardives de la maladie de Parkinson. Il repose sur l’injection stéréotaxique d’une neurotoxine, et est très invalidant pour les animaux avec un taux de mortalité important. Chez le modèle progressif de la maladie de Parkinson, on observe, à partir de 6 semaines, une altération neuronale et à partir de 14 semaine une diminution de l’activité locomotrice. A 45 semaines, ces souris présentent une perte de poids et un mauvais état général nécessitant leur mise à mort. Les modèles unilatéraux et progressifs sont complémentaires, le premier mimant un stade avancé de la maladie de Parkinson avec une perte de certains neurones du cerveau, alors que le second présente l’avantage d’avoir une perte beaucoup plus modérée et progressive des neurones plus représentatif de la progression de la maladie de Parkinson et permet d’étudier les symptômes non-moteurs de la maladie qui apparaissent en amont des symptômes moteurs. Afin d’éviter une souffrance prolongée, des critères d’arrêt sont définis à l’avance. Un animal est retiré de l’étude et euthanasié de manière humanitaire dès qu’il présente une perte de poids importante ou continue, une incapacité à se déplacer suffisamment pour accéder à la nourriture ou à l’eau, ou un état de prostration marquée. Cette décision est prise pour chaque individu dès que les mesures de soutien ne suffisent plus à garantir un niveau de bien être jugé acceptable.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux seront euthanasiés à l’issue de chaque procédure. La mise à mort des animaux est justifiée par la nécessité de réaliser des contrôles anatomiques et histologiques à la fin de chaque procédure expérimentale.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Le but du projet est de connaître la fonction de différentes sous-population neuronale du complexe noyau sous-thalamique/para-sous-thalamique et du reste de son circuit dans les troubles non-moteurs de la maladie de Parkinson. La meilleure façon d’atteindre cet objectif est d’utiliser plusieurs techniques complémentaires. D’abord, des injections précises dans le cerveau permettent de faire produire par certains neurones des protéines capables d’activer ou de bloquer leur activité. Ensuite, l’activité de ces neurones est mesurée soit sur des tranches de cerveau en laboratoire, soit directement chez la souris, qu’elle soit anesthésiée, maintenue immobile ou libre de ses mouvements et nécessite donc le recours à l’animal. Aucun modèle « in vitro » ne peut reproduire la connectivité complexe des circuits des noyaux sous-thalamique/para-sous-thalamique.

2. Réduction

3R / Réduction :

Nous avons réduit au strict nécessaire le nombre d’animaux afin d’obtenir une analyse fiabledes données biologiques collectées. Nous utiliserons ainsi 2832 animaux sur cinq ans. Nous travaillons sur des souris mâles et femelles issues des lignées transgéniques ainsi tous les animaux produits seront utilisés. La taille des groupes a été déterminée à l’aide d’analyses statistiques basées sur des calculs de puissance.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Nous utilisons plusieurs procédures de raffinement, à savoir: 1/ choisir un modèle rongeur de la maladie de Parkinson à un stade précoce n’induisant pas de fort phénotype moteur nous permettant ainsi d’étudier le fonctionnement des circuits de l’anxiété 2/ l’utilisation d’animaux hébergés majoritairement dans la même structure ce qui ne nécessite aucun transport et donc limite le stress des animaux 3/ une manipulation des animaux par l’expérimentateur afin là aussi de limiter le stress 4/ l’établissement de points limites 5/ La mise en place de soins adéquats si nécessaire pendant et après l’opération et l’utilisation de l’anesthésie/analgésie lors de chaque protocole invasif. A chaque étape du projet, le bien-être de nos animaux sera au coeur de nos préoccupations. Nos animaux transgéniques naitront dans notre animalerie de haut statut sanitaire. Leur soin est confié à des personnels qualifiés et experts. Ils surveillent quotidiennement l’ensemble des animaux et de façon plus poussée et spécifique pendant les phases de récupération qui suit les procédures chirurgicales. Nous utilisons des anesthésiques et analgésiques adaptés aux procédures de chirurgie. L’expérimentateur a une forte expérience pour toutes les procédures proposes. Un analgésique sera administré afin de gérer la douleur péri-opératoire. Au cas où l’animal serait encore en souffrance 24 heures après l’injection d’antalgique postopératoire, une nouvelle injection aux mêmes doses et voie d’administration sera réalisée. Si la souffrance persiste au-delà de 3 jours, l’animal sera euthanasié.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris est une espèce de choix pour les études sur le système nerveux central des Vertébrés. En effet, c’est un mammifère présentant une proximité phylogénique avec l’espèce humaine et certains de ces comportements, notamment le comportement d’anxiété, les interactions sociales et la motricité volontaire, peuvent être rapprochés de l’espèce humaine. Cette espèce est aussi un bon modèle de pathologie neurologique telle que la maladie de Parkinson qui peut être induite chez la souris avec des neurotoxines ou des animaux transgéniques. Ce modèle possède aussi l’avantage de permettre des approches invasives permettant d’étudier l’action de molécules ou d’une population neuronale sur le fonctionnement des circuits neuronaux de l’anxiété de l’interaction sociale et les phénomènes cellulaires et synaptiques associés. Enfin, c’est chez cette espèce que sont faites des modifications génétiques permettant de cibler des populations neuronales précises que nous souhaitons étudier. La maladie de Parkinson étant une maladie neurodégénérative qui se développe chez l’homme à l’âge adulte, nous travaillerons sur des souris adultes.