
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 24/07/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-513682)
9 600 rongeurs, 6 000 souris et 3 600 hamsters dorés, vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, chacun recevant jusqu’à quatre injections, subissant jusqu’à onze prélèvements sanguins et jusqu’à dix lavages nasaux. Les lavages nasaux peuvent irriter les muqueuses ou provoquer des saignements, et les injections entraîner des douleurs musculaires, une chute transitoire de la température corporelle et une perte de poids inférieure à 5 %. Les vaccins candidats viennent de collaborateurs du laboratoire, et le porteur affirme qu’aucune alternative non animale n’existe en recherche préclinique sur les vaccins, l’étude des réponses immunitaires exigeant selon lui « un organisme vivant entier avec un système immunitaire développé ». La moitié d’entre eux sera tuée faute de pouvoir être « ni réutilisés, ni replacés, ni adoptés » après des gestes qui altèrent définitivement leur système immunitaire, l’autre moitié, 3 000 souris et 1 800 hamsters, étant réutilisée dans une épreuve infectieuse ou tumorale.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif du projet est l’évaluation préclinique chez la souris et chez le hamster de l’immunogénicité et de l’efficacité de différents candidats vaccins développés par nos collaborateurs. Les capacités de stimulation du système immunitaire seront aussi évaluées dans des modèles de souris et de hamster afin de transposer l’efficacité potentielles en clinique. Ces objectifs sont justifiés du point de vue scientifique car ils permettent de démontrer la fonctionnalité des candidats vaccins ou thérapeutiques ou de déterminer les corrélats d’immunité contre un pathogène donné (un corrélat est l’observation de marqueurs biologiques par exemple un certain type et taux d’anticorps, une sous population de lymphocytes T). Le but ultime de ce projet est la mise à disposition de vaccins préventifs ou thérapeutiques contre des maladies infectieuses transmissibles, à risque pandémiques, ou encore des maladies non infectieuses (auto-immunes, cancers), d’impact majeur en santé publique. L’immunogénicité et l’efficacité des vaccins candidats sera évaluée avec des critères clairs in vivo et ex vivo comme la présence d’une quantité suffisantes d’anticorps contre des protéines du pathogène ou de lymphocytes T activés spécifiques du pathogène. Dans certains cas, des vaccins contrôles pourront être évalués en parallèle pour comparer l’immunogénicité du prototype.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les candidats vaccins développés dans le laboratoire sont destinés à être évalués par la suite dans des essais cliniques. Leur évaluation préalable dans un modèle rongeur permet de démontrer leur efficacité et de définir les doses et schémas vaccinaux. L’immuno-monitorage par les prélèvements sur l’animal ou après la mise à mort permettront d’établir si le prototype vaccinal permet une réponse humorale (anticorps neutralisants ou de liaison) et cellulaires (réponse innée ou T cytotoxique par exemple) à un pathogène donné. Le but ultime de ce projet est la mise à disposition de vaccins préventifs ou thérapeutiques contre plusieurs pathologies infectieuses (transmissibles, à risque pandémique, d’impact majeur en santé publique) et non infectieuses (cancers ou maladies auto-immunes) graves pour lesquelles le besoin médical est avéré.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Pour les souris: – administration par voie parentérale sur souris vigiles (intra musculaire, intra nasale, intraveineuse, intrapéritonéale, sous-cutanée) ou anesthésiées (intradermique) (1 à 4 par animal, durée : quelques secondes, intervalle 3 à 5 semaines) – prélèvement sanguin (4 à 10 par animal, durée : quelques secondes, intervalle 1 à 5 semaines) – lavage nasal (2 à 9 par animal, durée : quelques secondes, intervalle 1 à 5 semaines) Pour les hamsters: – administration par voies intramusculaire, intrapéritonéale, sous-cutanée : sur animal vigiles ou anesthésiées : intra nasale, intraveineuse, intradermique) (1 à 4 par animal, durée : quelques secondes, intervalle 3 à 5 semaines) – prélèvement sanguin sous anesthésie (4 à 11 par animal, durée : quelques secondes, intervalle 1 à 5 semaines) – lavage nasal sur animaux anesthésiés (2 à 10 par animal, durée : quelques secondes, intervalle 1 à 5 semaines)
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Le projet s’articule autour de 2 procédures de sévérité légère. Les injections et les prélèvements sanguins de petits volumes ne requièrent qu’une contention et l’introduction d’une aiguille selon les bonnes pratiques vétérinaires. Pour ce geste, les animaux sont susceptibles d’éprouver une douleur légère de courte durée (quelques minutes). Chez les hamsters, les prélèvements et certaines injections seront réalisées sous anesthésie. Dans certains cas (la lignée des animaux, la dose de vaccin, la voie d’injection), l’injection aura un impact léger sur l’état de santé des animaux, avec une perte de poids inférieure à 5 % et transitoire (quelques jours). Certains prélèvements nasaux peuvent être irritants ou causer des saignements (saignement immédiat et arrêté immédiatement avec une compresse). Effets indésirables potentiels liés à l’administration de produits vaccinaux (antigènes, vecteurs ou adjuvants) prophylactiques ou thérapeutiques chez les animaux : – stress de quelques minutes au moment des gestes d’injection et prélèvements – douleurs au point d’injection pour toutes les injections – douleurs musculaires systémiques liées à l’inflammation quelques minutes à une heure – chute de la température corporelle transitoire après l’injection du prototype (résolution normale en moins de 6h).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux seront mis à mort à la fin de chaque procédure lorsqu’ils ne doivent pas être utilisés pour vérifier l’efficacité du vaccin, et car ils ne peuvent être ni réutilisés, ni replacés, ni adoptés (ils auront subi des gestes expérimentaux qui altèreront pour toujours leur système immunitaire (réponse humorale et cellulaire mémoire notamment). Lorsque l’efficacité des vaccins doit être testée, et pour optimiser le nombre d’animaux utilisés, les animaux vaccinés peuvent être réutilisés dans une procédure d’épreuve (infectieuse, ou tumorale).
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Il n’existe pas d’alternatives non-animales dans le domaine de la recherche préclinique sur les vaccins. En absence de telles alternatives, l’utilisation d’animaux vivants dans les procédures expérimentales est prévue pour atteindre les objectifs du projet. L’étude des réponses immunitaires des candidats vaccins nécessite l’utilisation d’un organisme vivant entier avec un système immunitaire développé. Dans ce contexte et en premier choix, nous avons opté pour un modèle non-primate, mais présentant une organisation tissulaire et du système immunitaire proche de l’homme. Des modèles de souris et de hamster seront utilisés et choisis en fonction du vaccin à étudier, et par extension de la pathologie contre laquelle il est produit.
2. Réduction
Sur la base de nos expériences antérieures, nous avons optimisé notre approche expérimentale afin de limiter autant que possible le nombre d’animaux utilisés tout en garantissant la robustesse scientifique de nos résultats. 1. Optimisation de la taille des cohortes : nos calculs de puissance statistique ont été réalisés en amont par une analyse biostatistique afin de déterminer le nombre minimal d’animaux nécessaires pour obtenir des résultats significatifs avec une puissance de 80 % tout en évitant une surutilisation. 2. Maximisation des données obtenues par animal : nous utilisons des approches multimodales sur un même animal (étude des réponses humorales et cellulaires), ce qui permet d’exploiter pleinement chaque individu et d’éviter la nécessité de cohortes supplémentaires pour différentes analyses. 3. La standardisation de nos protocoles expérimentaux permet de minimiser la variabilité et donc de limiter le nombre d’animaux nécessaires pour atteindre une significativité statistique. Ne faut-il pas mentionner ici l’optimisation de l’utilisation des groupes contrôles en maximisant le nombre de groupes interventionnels ? En combinant ces stratégies, nous nous engageons à minimiser nombre d’animaux utilisés tout en garantissant la pertinence scientifique de nos travaux.
3. Raffinement
Les animaux seront hébergés dans les conditions réglementaires. Les nouvelles substances seront utilisées seulement après évaluation de la toxicité au préalable par exemple par l’animalerie centrale dans le cadre d’un autre projet. Pour les hamsters, les prélèvements sanguins seront réalisés systématiquement sous anesthésie. Les animaux seront surveillés après les injections et les prélèvements, et des soins seront pratiqués suite aux injections et prélèvements si nécessaire (massages et application d’eau tiède ou de sérum physiologique après l’injection ou le prélèvement, ajout d’un gel nutritif dans la cage).
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
L’étude des réponses immunitaires des candidats vaccins nécessite l’utilisation d’un organisme vivant entier avec un système immunitaire développé. Dans ce contexte et en premier choix, nous avons opté pour un modèle non-primate, mais présentant une organisation tissulaire et du système immunitaire proche de l’homme. Ainsi, un modèle de souris et un modèle de hamster sont utilisés pour étudier les réponses immunitaires aux candidats vaccins car les réponses humorales et cellulaires chez le rongeur de petite taille comme la souris et le hamster sont souvent de même nature et de même amplitude que les réponses humaines. Ainsi, en vaccinologie et immunothérapie préclinique, il est recommandé de commencer par un modèle préclinique rongeur. Age moyen des animaux : entre 6 et 16 semaines. Les animaux doivent être matures au plan immunologique (cela dépend des espèce set lignées utilisées). L’âge peut influencer l’importance, la qualité, et la durabilité des réponses immunes. Il est possible que, dans certains projets analysant les mécanismes d’action des vaccins et la variabilité de la réponse immune liés à l’âge ou l’état de l’hôte, des animaux plus âgés soient utilisés (jusqu’à 16 semaines).