
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 31/07/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-458541)
Inoculés à quatorze jours par un herpèsvirus qui tue la majorité des oiseaux infectés, 56 poulets subissent huit prélèvements de sang et trois prélèvements de plumes, espacés de sept jours. Les procédures impliquent un niveau de souffrance sévère, et le porteur écrit qu’il est attendu que la majorité des poulets mourront de la maladie pendant les 56 jours de l’étude, avec lymphomes, perte de poids rapide, perte de plumes, difficultés respiratoires et boiterie. Quatorze oiseaux partagent un isolateur biologique de 2 m2 pendant toute cette durée. Ceux qui survivent sont tués à la fin pour le prélèvement d’organes, y compris ceux qui n’ont développé aucun signe clinique, le porteur invoquant la biosécurité.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le virus de la maladie de Marek est un herpès virus aviaire hautement contagieux et entrainant des lymphomes mortels pour les animaux dans un délai de quelques semaines. Ce virus est actuellement sous contrôle grâce à des protocoles de vaccination très stricts, bien que ceux-ci ont montré des failles dans les dernières années. Au-delà de son impact économique et sanitaire, ce virus constitue également un modèle précieux pour la recherche biomédicale, notamment pour l’étude des cancers induits par des virus. L’objectif de ce projet est d’élucider les fonctions d’un gène essentiel à la virulence du virus, nommé LATs (Latency Associated Transcripts pour transcrits associés à la latence en français). En plus de sa forme linéaire classique, les molécules produites par LATs ont également été retrouvé sous forme circulaire avec leurs deux extrémités liées. À ce jour, les mécanismes d’action de ces deux types de molécules restent inconnus. Notre étude vise à déterminer quels produits issus de LATs contribuent à la latence virale et au développement des lymphomes associés . Pour cela, trois virus génétiquement modifiés (OGM) ont été créés en laboratoire. Ces virus seront comparés à une souche sauvage de référence. Les expérimentations seront réalisées sur quatre groupes distincts de poulets, chacun infecté par l’un des virus (les trois OGMs et le virus sauvage). Cette approche permettra d’évaluer l’impact des modifications génétiques sur la virulence et les mécanismes associés à la latence et au développement de la maladie.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
À court terme, cette étude permettra de mieux comprendre les mécanismes impliqués dans l’établissement de la maladie de Marek, en explorant un aspect resté largement inexploré depuis plus de vingt ans : le rôle des transcrits produits par le locus LATs. Cela présente un impact direct pour la filière avicole puisque l’amélioration de la compréhension des mécanismes de virulence peut aider à concevoir des vaccins plus efficaces et à renforcer les mesures de contrôle, limitant ainsi les pertes économiques et améliorant la santé animale. De plus, ce travail répond à un besoin scientifique plus général, en cherchant à déterminer comment des molécules d’ARNs peuvent influencer la persistance virale et la transformation cellulaire en cancer. À plus long terme, les connaissances acquises pourront ouvrir de nouvelles perspectives pour la recherche fondamentale et appliquée. Elles serviront de base pour étudier les fonctions de transcrits circulaires dans des contextes physiologiques et pathologiques. Ces avancées pourraient également contribuer au développement de stratégies innovantes pour la prévention ou le traitement de cancers induits par des virus.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Une inoculation de virus sur animaux vigiles + 8 prélèvements de sang sur animaux vigiles à 7 jours d’intervalle + 3 prélèvements de plumes sur animaux vigiles à 7 jours d’intervalles (simultanée avec la prise de sang). Durée de chaque acte : moins d’une minute. L’expérience prend fin 56 jours maximum après inoculation du virus.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Hébergement : Les animaux sont hébergés dans des isolateurs biologiques de 2m2. L’hébergement des animaux en isolateurs biologiques est nécessaire dans le cadre des recherches portant sur le virus de la maladie de Marek. 14 animaux vont être hebergés par isolateur durant toute la période de l’expérience. Expérience et manipulations : L’injection intramusculaire peut entrainer une douleur au niveau du site d’injection mais qui devrait vite s’estomper. Un animal dont la contention serait mal assurée pourrait se faire mal ou se blesser Les contentions, injections, prises de sang et prélèvements de plumes entraineront un stress récurrent chez les animaux concernés. Celui-ci ne peut pas être évité, mais sera limité à des intervalles de 7 jours. -Les prises de sang peuvent être sources d’hématomes -Les prélèvements de plumes entrainent une douleur ponctuelle désagréable pour l’animal. La maladie de Marek : est une maladie virale hautement contagieuse et fatale pour la majorité des animaux infectés. Il est attendu que la majorité des animaux de l’étude mourront de la maladie durant le temps de l’étude (56 jours). Parmi les symptômes, sont retrouvés : lymphomes, perte de poids rapide, perte de plumes, difficultés respiratoires et boiterie.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
À la fin de l’expérience, tous les animaux seront euthanasiés afin de permettre la réalisation de prélèvements d’organes nécessaires aux analyses. Étant donné que les animaux ont été infectés avec un virus pathogène, il est impossible d’envisager leur remplacement ou leur réutilisation, y compris pour ceux qui n’ont pas développé de signes cliniques de la maladie. Cette mesure vise à garantir la sécurité sanitaire et à respecter les protocoles de biosécurité.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Avant la mise en place de l’étude, des tests ont été réalisés sur des modèles in vitro afin de limiter l’utilisation d’animaux. Cependant, ces modèles ne permettent pas de reproduire la phase de latence du virus, qui est au cœur de la question scientifique étudiée. L’analyse du rôle d’un gène impliqué dans la latence nécessite une infection complète dans un organisme vivant. L’utilisation d’un autre modèle animal est impossible, car GaHV-2 (virus de la maladie de Marek) est strictement spécifique aux gallinacés. Aucun autre organisme ne reproduit les interactions virus-hôte indispensables pour étudier la latence et la transformation cellulaire. Par conséquent, le recours à des poulets est incontournable pour garantir la pertinence et la fiabilité des résultats.
2. Réduction
Le nombre d’animaux par groupe a été déterminé conformément au principe de réduction, en respectant les règles de bien-être animal tout en garantissant la robustesse scientifique des résultats. Ce nombre permet d’obtenir un échantillonnage suffisant pour que les différences observées entre les groupes soient statistiquement significatives et non dues au hasard. Ces calculs ont en partie été réalisés en se basant sur les résultats d’une autre expérience étudiant des OGM différents mais avec un virus sauvage identique (WT), ce qui renforce la pertinence de l’estimation. Après prélèvements, les groupes seront comparés entre eux sur base des différents prélèvements. En ce qui concerne les charges virales, les moyennes de chaque mutant seront comparées à celle du WT dans les différents temps avec une correction de l’erreur alpha pour compenser les comparaisons. De plus, des mesures répétées seront effectuées sur les mêmes individus à différents moments de l’étude. Cette approche limite le nombre total d’animaux nécessaires et évite d’avoir à euthanasier des individus à chaque point de prélèvement, tout en n’imposant que des contraintes minimales (prises de sang et prélèvements de petites plumes).
3. Raffinement
Les animaux sont visités deux fois quotidiennement à partir de 8h00 et l’après- midi entre 15h30 et 16h30 par le personnel technique qualifié afin de détecter l’apparition de symptômes de la maladie ou tout autre signe anormal lié à la santé et au bien-être des animaux. Tous les animaux sont regardés individuellement et la grille de score clinique est renseignée pour chacun.Des visites supplémentaires en fin de matinée et début d’après- midi sont aussi prévues lors des phases critiques du protocole. Si jamais le zootechnicien constate une dégradation du bien-être de l’animal et l’atteinte de ses points limites, il prévient aussitôt les responsables du projet et la vétérinaire désignée afin de prendre une décision. Les animaux présentant des symptômes graves de la maladie de Marek seront euthanasiés après confirmation du diagnostic par le responsable du projet ou la vétérinaire désignée de l’établissement utilisateur. L’ensemble des gestes techniques est assuré par du personnel formé et compétent, ce qui limitera le stress des animaux. La contention est effectuée en douceur et les prélèvements sont le plus rapide possible. Les prélèvements de plumes et de sang sont réalisés simultanément pour limiter le stress. Le nombre de prélèvements a été réduit au minimum et espacés au minimum de 7 jours pour limiter la manipulation et la souffrance liées aux prélèvements répétés. Dans le cas des prélèvements de plumes, de petites plumes seront prélevées, ce qui limite la douleur par rapport aux prélèvements de plus grosses plumes. Afin de limiter la douleur lors de l’inoculation du virus, nous utiliserons des seringues avec des aiguilles fines et courtes. Des vers de farine seront testés comme aliment de récompense après les prélèvements. Des points limites adaptés ont été définis. Les animaux hébergés en isolateur ont une température et une hygrométrie contrôlées. Ils ont accès à la nourriture et à l’eau de boisson à volonté. Ils sont hébergés en groupe, ont des petits perchoirs, et des jouets pour picorer/piquer. Les surfaces d’hébergement sont respectées.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le virus étudié responsable de la maladie de Marek, présente une spécificité d’hôte stricte : il n’infecte que les gallinacés. Cette contrainte limite donc le choix du modèle animal à l’espèce Gallus gallus, qui est l’hôte naturel du virus. Lorsqu’il est possible d’infecter l’hôte naturel, cette approche est toujours la plus pertinente et la plus fiable, car elle permet d’obtenir des données directement transposables à la pathogénie réelle, sans extrapolation à partir d’un modèle artificiel. Pour des raisons techniques, les poulets seront infectés à l’âge de 14 jours. Ils seront euthanasiés à maximum 70 jours d’âge. L’âge d’inoculation de 14 jours a été choisi car il permet de commencer les prélèvements sanguins dès le début de l’expérience, tout en restant suffisamment sensible à la maladie pour obtenir des résultats robustes en un minimum de temps.