Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

À J0, 100 des 120 souris femelles subissent une lésion de la moelle épinière sous anesthésie, puis, sept jours plus tard, deux semaines de stimulation magnétique pour quarante d’entre elles et quatre semaines de tapis roulant, deux fois dix minutes par jour, pour quarante autres. Toutes passent huit sessions de tests comportementaux, champ libre, corridor à barreaux et tapis roulant, d’environ 45 minutes chacune, reçoivent des injections de traceurs au cours d’une chirurgie de 50 minutes, et sont mises à mort à J42 pour prélever la moelle et l’encéphale. Les procédures sont déclarées d’un niveau de souffrance modéré à sévère, et visent à savoir si la combinaison des deux traitements améliore la récupération motrice plus que chacun pris séparément. Sur les atteintes subies, le résumé tient en deux lignes, « Paralysie des membres postérieurs » et « Difficulté à se déplacer pour se nourrir et s’abreuver après le réveil », pour une lésion médullaire suivie pendant six semaines.

NTS-FR-815373v1
Types de recherche
· Recherche fondamentale · Système nerveux ·
Mots-clés
Moelle épinière, rééducation, stimulation magnétique
Souris : 120

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

La moelle épinière joue un rôle essentiel dans le fonctionnement du système nerveux central. Elle permet la transmission des informations entre le cerveau et le reste du corps. Lorsqu’elle est lésée, les conséquences peuvent être majeures, entraînant une perte partielle ou totale de fonctions en dessous du niveau de la lésion. Ces lésions représentent ainsi des atteintes neurologiques graves, responsables de handicaps importants et durables pour les patients. La rééducation locomotrice constitue actuellement l’une des principales approches utilisées pour favoriser la récupération fonctionnelle. Toutefois, les améliorations obtenues restent souvent limitées. Dans ce contexte, de nouvelles approches capables de renforcer ces mécanismes de récupération sont activement recherchées. Parmi les stratégies prometteuses figure la stimulation magnétique trans-spinale répétitive, une technique non invasive et non douloureuse. Nous émettons l’hypothèse que la combinaison de la stimulation magnétique trans-spinale répétitive et de la rééducation locomotrice pourrait permettre d’améliorer davantage la récupération motrice que chacune de ces approches utilisées séparément. L’objectif de ce projet est donc d’évaluer les effets de ces stratégies thérapeutiques combinées chez la souris.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Nous espérons que ce projet permettra de mieux caractériser les effets combinés de la stimulation magnétique trans-spinale répétitive et de la rééducation locomotrice sur la récupération fonctionnelle après lésion traumatique de la moelle épinière. Si les effets observés dans ce projet confirment son potentiel thérapeutique, cette approche pourrait constituer une stratégie intéressante pour améliorer la récupération fonctionnelle des patients après lésion médullaire, notamment en complément des protocoles de rééducation actuellement utilisés.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

120 souris femelles agées de 8 semaines seront utilisées. • Sur celles-ci, à l’exception du groupe control sans lésion, soit 100 souris, sera réalisée, à J0, une lésion de la moelle épinière sous anesthésie générale et locale d’une durée totale de 30 min. • L’ensemble des souris, soit 120 souris, réalisera des tests comportementaux (champ libre, corridor à barreaux et tapis roulant), aux jours -7, 1, 7, 14, 21, 28, 35 et 42 post chirurgie. La réalisation de ces tests représentera un temps d’environ 45 minutes par souris et par session. • 7 jours après la lésion et ce pendant 14 jours, sous anesthésie générale, un tiers des souris (soit 40 souris) sera utilisée pour la procédure de stimulation magnétique pendant 10 minutes (10hz pendant 10 secondes suivies de 20 secondes sans stimulation avec une intensité de 0.4T). • 7 jours après la lésion et ce pendant 28 jours, sur un tiers des souris (soit 40 souris), sera mis en place un protocole de rééducation par tapis roulant. Chacune de ces souris sera entrainée deux fois 10 minutes par jour à raison de cinq jours d’entrainement par semaine. • L’ensemble des animaux (120 souris), sous anesthésie générale, recevra des injections de traceurs rétrogrades au niveau de la moelle lombaire, en dessous du site de lésion. Cette chirurgie sera réalisée en 50 minutes. • L’ensemble des animaux (120 souris) sera euthanasié, 42 jours après la lésion afin de récupérer la moelle épinière.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

– Paralysie des membres postérieurs – Difficulté à se déplacer pour se nourrir et s’abreuver après le réveil

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

L’ensemble des animaux (120 souris) sera euthanasié à l’issue des expérimentations (42 jours après la lésion médullaire) afin de procéder aux prélèvements de la moelle et de l’encéphale.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Les procédures expérimentales ne peuvent pas être remplacées par d’autres méthodes n’impliquant pas l’utilisation d’animaux vivants et susceptibles d’apporter le même niveau d’information. Il n’existe pas, dans notre domaine, d’alternatives satisfaisantes aux méthodes expérimentales proposées dans ce projet (expériences in vivo sur l’animal). Le modèle animal reste nécessaire pour mesurer les effets de ces traitements après lésion médullaire.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre d’animaux a été déterminé à partir des données issues des études précédemment réalisées dans notre laboratoire ainsi que de la variabilité observée pour les paramètres comportementaux étudiés. Les analyses comportementales nécessitent un effectif de 20 animaux par groupe afin de permettre la mise en évidence de différences significatives entre groupes à l’aide de tests statistiques adaptés (test de Mann-Whitney). Par ailleurs, les analyses histologiques seront réalisées en post-mortem sur un sous-groupe de 10 animaux issus de cet effectif de 20 animaux, nous affranchissant ainsi du recours à un lot supplémentaire d’animaux dédié à ces analyses. Cette stratégie permet d’obtenir la puissance statistique nécessaire tout en respectant le principe de réduction du nombre d’animaux utilisés.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Afin de minimiser la souffrance et l’angoisse infligées aux animaux, les procédures se dérouleront sous anesthésie générale avec analgésie et tapis chauffant, et des points-limites adaptés à l’étude seront établis, entraînant la mise à mort anticipée de l’animal si nécessaire. Pour limiter le stress des animaux, ils seront manipulés par le (ou les) même(s) expérimentateur(s) et sur le même poste expérimental, facteurs auxquels ils auront été habitués préalablement. Ils seront anesthésiés après induction gazeuse sans contention. Le cas échéant, ils recevront un traitement analgésique et seront suivis jusqu’à leur réveil. Par la suite, chaque animal sera surveillé et le traitement analgésique sera poursuivi au-delà du réveil si besoin. Chaque animal bénéficiera d’une attention et de soins de qualité, par du personnel qualifié, pendant les interventions mais aussi en dehors de celles-ci afin d’assurer un bien-être optimal tout au long de l’étude. La douleur sera rigoureusement contrôlée grâce à des points limites évalués en amont, et gérée grâce aux moyens pharmacologiques appropriés (myorelaxant/anesthésie/analgésie). Par ailleurs, les animaux seront hébergés dans un environnement enrichi (copeaux, matériel de nidification). Afin de leur permettre aisément d’avoir accès à la nourriture et à l’eau de boisson ; des croquettes mouillées seront mises dans la cage tous les jours. De plus, des biberons avec une tétine longue seront utilisés de manière à ce que les souris n’aient pas à se redresser. Enfin, l’eau et la nourriture seront mises à disposition ad libitum.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Ce projet s’intéresse aux effets combinés de deux thérapies dans le cadre des lésions médullaires. Les études préalablement réalisées l’ont été chez la souris. De ce fait, il est important de continuer ces travaux chez la souris. Les lésions médullaires chez l’Homme concerne en premier lieu le jeune adulte, de ce fait afin de mimer au mieux ces lésions, nous utiliserons des souris âgées de 8 semaines.