Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Colonisées par une seule bactérie et hébergées en isolateur, les souris de ce projet sont inoculées à trois ou quatre semaines, avant la maturation de leur immunité. 104 souris sont utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant des niveaux de souffrance légers à modérés. Elles subissent jusqu’à sept gavages, un tous les deux jours, et 80 d’entre elles reçoivent pendant une semaine un traitement dans l’eau de boisson qui provoque une inflammation intestinale, avec diarrhées, déshydratation, perte de poids importante et hypothermie. Toutes sont mises à mort pour prélever des organes, et le porteur range parmi les débouchés attendus, à côté de la maladie de Crohn et de l’entérocolite nécrosante du nouveau-né, le « développement de compléments alimentaires ».

NTS-FR-931715v1
Types de recherche
· Oncologie · Recherche fondamentale · Système endocrinien · Système gastrointestinal ·
Mots-clés
Bifidobacterium longum, Dérivés indoliques, Vésicules extracellulaires, Souris à microbiote contrôlé
Souris : 104

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

De nombreuses bactéries de l’intestin sont capables de produire de petites particules appelées vésicules extracellulaires (EVs) capables de transporter des molécules au sein de l’organisme. Nous supposons que certaines molécules transportées par les EVs s pourraient avoir des effets bénéfiques notamment sur la résorption des colites chez la souris. Nous savons que certaines bactéries peuvent résorber les colites chez la souris notamment via l’acide indole-3-lactique (ILA). Cela a été démontré chez plusieurs bactéries, mais pas chez la bactérie étudiée qui est la bactérie prépondérante chez les nourrissons en bonne santé. L’objectif sera de démontrer que l’ILA produit par la bactérie étudiée favorise la résorption des colites tout en évaluant le potentiel postbiotique des EVs à compenser la carence en dérivés indoliques synthétisés par le microbiote intestinal dans le modèle murin. Un postbiotique est une préparation de microorganismes inanimés et/ou leurs composants qui confèrent à son hôte un bénéfice de santé.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet nous permettra de mieux comprendre comment certaines molécules bénéfiques produites par les bactéries intestinales sont transportées dans l’organisme grâce aux vésicules extracellulaires. Ainsi, nous pourrons en apprendre davantage sur leurs bénéfices en santé, notamment dans les pathologies affectant l’intégrité et l’inflammation de l’intestin. Ces EVs pourront alors être utilisées comme postbiotique (préparation venant d’un micro-organisme inanimé ou leurs composants ayant un effet bénéfique sur la santé) afin de protéger l’intestin contre des pathologies qui le fragilisent (ex. maladie de Crohn, intestin irritable) ou qui peuvent conduire au décès chez les nouveau-nés (entérocolite nécrosante)… De plus, ces données pourraient permettre le développement de compléments alimentaires.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Tous les animaux vigiles seront soumis à des gavages réguliers (tous les 2 jours et avec un maximum de 7 gavages). Cela peut entraîner un stress de courte durée (1 à 2 min). 80 animaux (au maximum) seront également soumis à un traitement dans l’eau de boisson entraînant une inflammation intestinale pendant 1 semaine. Cela peut entraîner une perte de poids et une déshydratation. Les prélèvements de fèces, seront effectués 4 fois sur 64 animaux. Ils entrainent un léger stress de 2 à 5 minutes.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

L’inflammation intestinale induite par l’administration d’un traitement dans l’eau de boisson est associée à des effets indésirables attendus (douleurs). Elle peut entraîner des diarrhées entraînant une déshydratation et une perte de poids importante ainsi qu’une hypothermie. Ce traitement durera une semaine. Le gavage (moins de 2 minutes) et la mise dans les pots transparents pour prélever les pellets fécaux (moins de 5 minutes) peuvent entraîner un léger stress de courte durée. Aucun autre effet indésirable n’est attendu pour le reste du projet. La bactérie étudiée et ses vésicules extracellulaires sont présentes naturellement dans le microbiote intestinal.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux seront mis à mort en vue de prélèvements d’organes.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Ce projet vise à déterminer l’effet de l’inoculation d’une souche bactérienne produisant ou non des dérivés indoliques, ainsi que l’effet compensatoire des vésicules extracellulaires de cette même souche sur différents organes lors d’une inflammation intestinale. Des études préliminaires in vitro sur une lignée épithéliale inflammée ont montré que les EVs de cette bactérie avaient des effets anti-inflammatoires. Pour connaître leurs capacités à résorber ou freiner le développement d’une inflammation liée à une pathologie, ainsi que leur circulation dans le corps, l’utilisation d’animaux est donc nécessaire pour atteindre notre objectif. En effet, à ce jour, aucun modèle in vitro ou in silico assez complexe n’est disponible pour analyser ces effets, notamment sur le cerveau qui est un organe très complexe. L’utilisation d’animaux est donc nécessaire pour atteindre notre objectif.

2. Réduction

3R / Réduction :

Pour les études préliminaires nous utiliserons 8 animaux par groupe, ce qui sera un nombre suffisant pour observer les effets du composé testé et pour la détection de la fluorescence. Le nombre minimal d’animaux à utiliser pour répondre aux questions posées a été déterminé par une analyse de puissance basée sur un test statistique. En considérant un risque alpha de 5% et une puissance statistique de 80%, un effectif de 16 animaux par groupe est nécessaire pour le projet. Chaque groupe comprend 8 mâles et 8 femelles afin de tenir compte de l’effet potentiel du sexe. De plus, il s’agit d’un projet utilisant des souris colonisées par une seule bactérie donc en cas de contamination nous devrions recommencer totalement un lot expérimental. Pour cela, nous ajoutons 16 animaux afin de pouvoir refaire un groupe en cas de contamination. Cela fait un total de 104 animaux utilisés pour ce projet.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Avant le début de chaque procédure, les souris auront une semaine d’acclimatation aux isolateurs expérimentaux pendant laquelle ils seront habitués aux manipulations. Il y aura une observation quotidienne des animaux, une observation individuelle hebdomadaire à l’occasion des interventions d’entretien (change des cages, etc…) et une observation accrue (plusieurs fois par jour) durant les inoculations orales et l’inflammation intestinale susceptible d’entrainer de la douleur, de la souffrance ou du stress. L’enrichissement de nidification sera également augmenté, et de la nourriture humidifiée sera ajoutée dans la cage pendant le traitement inflammatoire. Une grille de score a été définie pour évaluer l’état des souris. Des points limites ont été mis en place et seront appliqués si nécessaire. Les animaux seront hébergés en isolateur dans des cages standards par groupe de sexe identique (4 par cage). Du papier absorbant à déchiqueter, des buchettes de bois à grignoter et des tunnels en plastique seront ajoutés dans les cages.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris à microbiote contrôlé est un modèle établi pour les recherches sur le microbiote intestinal avec une pertinence démontrée pour la physiologie humaine. Les animaux utilisés seront agés de 3-4 semaines lors de l’inoculation de la bactérie car l’objectif est d’étudier l’impact de molécules et vésicules dérivées du microbiote chez les jeunes individus avant la maturation de leur immunité pour privilégier la réponse spécifique au DSS.