Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Les souris qui perdent plus de 15 % de leur poids, ou dont le score sur l’échelle de grimace dépasse 7 pendant les 48 heures critiques, sont mises à mort. 180 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Chacune subit un traumatisme crânien à J0, puis des séances d’IRM et des évaluations neurologiques à J7, J21, J60 et J90, avant une perfusion intracardiaque au terme des trois mois, l’ensemble servant à tester un anticorps produit au laboratoire. Le porteur affirme par ailleurs que les souris se déplacent et s’alimentent normalement, prennent soin de leur pelage et ne présentent aucun « sickness behavior syndrom », description à confronter aux douleurs post-opératoires et aux déficits fonctionnels qu’il énumère lui-même.

NTS-FR-165630v1
Types de recherche
· Recherche appliquée · Recherche fondamentale · Système nerveux · Troubles nerveux ·
Mots-clés
Traumatismes crâniens, tPA, NMDA, immunothérapie
Souris : 180

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Dans la pathogenèse des accidents vasculaires cérébraux (AVC) ischémiques, l’activateur tissulaire du plasminogène (tPA) endogène joue un rôle critique aussi bien dans la circulation sanguine que dans le parenchyme cérébral, notamment en interagissant avec les récepteurs du glutamate de type N-méthyl-D-aspartate (NMDA). Dans ce projet, nous allons définir la participation de cette interaction entre le tPA et le récepteur NMDA dans le cadre des traumatismes crâniens modérés à sévères (TC), qui restent mal pris en charge en clinique. Nous testerons aussi le potentiel thérapeutique d’un anticorps que nous avons produit au laboratoire et qui bloque cette interaction. Nous évaluerons le bénéfice histologique (inflammation, hémorragie, lésion cérébrale) et le bénéfice fonctionnel à long terme (suivi longitudinal). Le projet se déroule dans deux EU, EU1/2 et EU2/2.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

D’un point de vue scientifique, cette étude va nous permettre d’acquérir des données fondamentales visant à améliorer les connaissances sur la physiopathologie des traumatismes crâniens, et de proposer une stratégie thérapeutique au bénéfice des patients.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Procédure 1 : traumatisme crânien (J0) / IRM + évaluation neurologique (J7, J21, J60 et J90) / perfusion intracardiaque (J90) (n=120) (total d’environ 5h réparties sur 4 jours, de J0 à J90) Procédure 2 : traumatisme crânien+ traitements (J0), / IRM + évaluation neurologique (J7, J21, J60 et J90) / perfusion intracardiaque (J90) (n=60) (total d’environ 5h réparties sur 4 jours, de J0 à J90). Les chirurgies, sessions d’imagerie et perfusions seront réalisées dans l’EU1/2; les évaluations neurologiques et l’hébergement des animaux seront réalisés dans l’EU 2/2.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les nuisances et effets indésirables étant susceptibles d’apparaître seraient une perte de poids, des douleurs post-opératoires, du stress, des déficits fonctionnels.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

L’ensemble des animaux utilisés dans ce projet feront l’objet d’une mise à mort à la fin de chaque procédure afin de générer des tissus permettant des observations histologiques ou par quantification protéique.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Les procédures expérimentales pour réaliser ce projet ont un caractère de stricte nécessité et ne peuvent pas être remplacées par d’autres méthodes expérimentales n’impliquant pas l’utilisation d’animaux vivants et susceptibles d’apporter le même niveau d’information. En effet, des approches in silico ou in vitro ne permettent pas d’obtenir le même niveau de sensibilité et ne permettent pas de reproduire la complexité d’un modèle in vivo. Nous avons sélectionné le modèle présentant le meilleur compromis entre pertinence scientifique et sensibilité de l’espèce. Le projet est justifié d’un point de vue scientifique car il permettra des recherches fondamentales, translationnelles et/ou appliquées pour le diagnostic et le traitement des TC chez l’homme.

2. Réduction

3R / Réduction :

Notre projet ne nous permet pas d’utiliser d’autres moyens que l’expérimentation animale. Avant de procéder à une telle étude, nous nous sommes assurés d’utiliser le nombre minimal d’animaux adéquat pour atteindre le résultat souhaité afin de souscrire au principe de réduction. Ainsi, les procédures expérimentales décrites dans ce projet ont un caractère de stricte nécessité et ne peuvent pas être remplacées par d’autres méthodes expérimentales n’impliquant pas l’utilisation d’animaux vivants et susceptibles d’apporter le même niveau d’information disponible. Dans ce projet, le nombre minimum d’animaux pour chaque procédure a été défini à partir de nos expériences précédentes, données disponibles dans nos publications (Vegliante et al., 2019 ; Drieu et al., 2022). En fonction de l’expérimentateur (habileté, expérience, prédisposition pour ce type de gestes), le nombre d’animaux pourra être revu à la baisse en fonction de son aisance. L’ensemble des échantillons collectés permettra un partage de tissus, une réutilisation et donc une réduction du nombre d’animaux nécessaires.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les principes éthiques et les standards de raffinement seront utilisés pendant tout le projet. Les conditions d’élevage, d’hébergement, de soin et les méthodes utilisées sont les plus appropriées pour respecter le bien-être de l’animal. L’hébergement des animaux s’effectuera au moins 7 jours avant le début des procédures pour minimiser leur stress. Le bien-être des animaux sera contrôlé 7j/7 par du personnel qualifié. Cette surveillance quotidienne permettra de détecter tout signe clinique de souffrance et d’agir rapidement pour mettre fin à une éventuelle détresse. L’ensemble des connaissances et des acquis dont nous disposons au laboratoire pour les techniques utilisées dans ce projet montre que les animaux se déplacent et s’alimentent normalement, prennent bien soin de leur pelage, n’émettent aucun son audible à l’oreille humaine et ne présentent aucun « sickness behavior syndrom ». Une fois entrés en protocole, les animaux seront pesés tous les jours pour surveiller leur poids et mis à mort si une perte de poids de plus de 15% est observée et/ou si leur score sur l’échelle de la douleur (Mouse Grimace Scale) est supérieur à 7 pendant les 48h critiques au modèle. Tout le matériel et les consommables utilisés seront neufs ou soigneusement nettoyés et désinfectés (pour le matériel réutilisable). Durant la mise en place des modèles, les souris seront sous anesthésie générale, locale et sous analgésie, où la température corporelle centrale sera surveillée en continu à l’aide d’une sonde rectale et maintenue à 37°C à l’aide d’un coussin chauffant contrôlé placé sous les animaux. Les yeux seront couverts afin de ne pas éblouir les animaux avec la lampe de la loupe binoculaire et prévenir la déshydratation. Après chirurgie, les souris seront placées dans des enceintes post opératoires chauffées avant d’être remises dans leurs cages propres et disposeront de croquettes humides dans une coupelle sur le sol de leur cage ou bien encore de la nourriture gélifiée pour faciliter la prise de nourriture et l’hydratation pendant la période post-opératoire. Des gommettes de couleurs seront collées sur les étiquettes des cages afin d’assurer une surveillance adaptée : rouge après une procédure chirurgicale pour une surveillance plus importante de la respiration, alimentation et réactivité de l’animal pendant 24h, puis jaune de 24h à 48h après l’intervention. Le transport entre les deux EU (reliés par un couloir de 20 mètres) se fera à l’aide de chariots adaptés.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris (Mus musculus) est l’espèce animale la plus étudiée dans la recherche sur les TC et les techniques employées sont bien maitrisées. L’anatomie du système nerveux murin et la physiologie de la souris sont également bien connues et sont proches de celles de l’Homme, ce qui fait des modèles utilisés dans ce projet des approches expérimentales fiables. L’ensemble des connaissances et des acquis dont nous disposons au laboratoire et dans la littérature rend cette espèce particulièrement intéressante pour cette étude. Qui plus est, il n’existe pas de modèle fiable utilisant des vertébrés moins sensibles ou des invertébrés, compte tenu de leur anatomie et de leur physiologie très différentes de l’Homme Concernant l’ensemble des procédures, seuls des animaux adultes âgés de 8 semaines seront nécessaires, afin d’être comparable aux données présentes dans la littérature sur ces modèles.