Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

600 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, certaines recevant jusqu’à 260 gavages ou 260 injections abdominales étalés sur douze mois. Le protocole commence tôt : biopsie de la queue à six jours pour l’identification génétique, injection unique d’un composé cancérogène à quinze jours, puis à partir de huit semaines l’administration répétée de benzo[a]pyrène, un polluant issu de la combustion, avec pour certains groupes des injections destinées à provoquer une fibrose du foie. Une inflammation hépatique, du tissu cicatriciel et des tumeurs du foie sont attendus et se développent progressivement. Les retombées annoncées, mieux évaluer le risque lié aux polluants et ouvrir des pistes de prévention, sont formulées au long terme, quand les atteintes du foie, elles, sont provoquées d’emblée.

NTS-FR-132401v1
Types de recherche
· Oncologie · Recherche fondamentale · Système gastrointestinal ·
Mots-clés
fibrose hépatique, cancer du foie, polluant environnemental, récepteur aux hydrocarbures aromatiques, traitement
Souris : 600

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Les polluants présents dans l’environnement peuvent avoir des conséquences importantes sur la santé humaine. Parmi eux, le benzo[a]pyrène (B[a]P) est une substance produite lors de la combustion incomplète de matières organiques, par exemple par le trafic routier, le chauffage, certaines activités industrielles ou le tabagisme. L’être humain y est exposé quotidiennement, notamment par l’alimentation et l’air ambiant. Plusieurs études suggèrent qu’une exposition prolongée à cette substance pourrait favoriser le développement de maladies du foie, notamment la fibrose (formation excessive de tissu cicatriciel) et le cancer du foie. Cependant, les mécanismes par lesquels ce polluant agit sur le foie restent encore mal connus. L’objectif de ce projet est de mieux comprendre comment une exposition chronique au benzo[a]pyrène influence l’apparition et l’aggravation des maladies hépatiques. Le projet vise également à déterminer si le benzo[a]pyrène peut aggraver une maladie hépatique déjà présente et favoriser la progression du cancer du foie. Enfin, il permettra d’évaluer si un traitement expérimental capable de bloquer certains effets de ce polluant peut limiter le développement des lésions hépatiques et du cancer. Les résultats attendus contribueront à mieux comprendre les effets des polluants environnementaux sur le foie et pourraient aider à identifier de nouvelles stratégies de prévention ou de traitement des maladies du foie.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet permettra de mieux comprendre comment certains polluants présents dans l’environnement, et en particulier le benzo[a]pyrène, peuvent contribuer au développement de maladies du foie lorsqu’une exposition se prolonge sur une longue période. Les connaissances acquises aideront à identifier les mécanismes responsables de l’apparition de la fibrose hépatique et du cancer du foie liés à ces polluants. Elles permettront également de mieux comprendre comment certaines cellules du foie sont affectées par l’exposition chronique à ces substances. Le projet évaluera par ailleurs l’intérêt d’une approche thérapeutique expérimentale visant à limiter les effets nocifs du benzo[a]pyrène sur le foie. Ces travaux pourraient ainsi contribuer, à plus long terme, au développement de nouvelles stratégies de prévention ou de traitement des maladies hépatiques associées à l’exposition aux polluants environnementaux. Enfin, les résultats obtenus permettront d’améliorer l’évaluation des risques liés à l’exposition à ces polluants et pourront contribuer à l’élaboration de recommandations destinées à mieux protéger la santé humaine.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux seront soumis à différentes interventions consistant principalement en l’administration répétée de substances par voie orale (gavage) ou par injection dans la cavité abdominale. Selon les groupes expérimentaux, les souris recevront : une biopsie de queue réalisée à l’âge de 6 jours pour l’identification génétique ; une injection unique à l’âge de 15 jours ; deux injections par semaine pendant 12 semaines (soit 24 injections au total) ; deux gavages par semaine pendant 12 semaines (soit 24 administrations) ; cinq gavages par semaine pendant 6, 9 ou 12 mois (soit respectivement 130, 195 ou 260 administrations) ; cinq injections par semaine pendant 12 semaines (soit 60 injections au total) ; cinq injections par semaine pendant 6, 9 ou 12 mois (soit respectivement 130, 195 ou 260 administrations). La durée de chaque intervention est courte : environ 5 à 30 secondes pour un gavage et environ 15 secondes pour une injection. À la fin de l’étude, un prélèvement sanguin sera réalisé au moment de la mise à mort des animaux afin de permettre les analyses nécessaires au projet.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les animaux participeront à des études nécessitant l’administration répétée de substances par voie orale ou par injection. Ces manipulations pourront entraîner un stress ou une gêne légère et de courte durée liés à la contention et à l’administration des traitements. Certaines souris seront exposées à une substance polluante susceptible d’induire progressivement des atteintes du foie. Selon les groupes expérimentaux, ces atteintes pourront se traduire par une inflammation du foie, l’apparition de tissu cicatriciel (fibrose) ou le développement de tumeurs hépatiques. Ces effets apparaîtront de manière progressive au cours de l’étude. Les animaux seront surveillés régulièrement tout au long du projet afin de détecter précocement tout signe de souffrance.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux seront mis à mort à la fin des procédures afin de faire un prélèvement de sang et du foie pour étudier les effets du B[a]P.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Le recours à un modèle animal est indispensable pour répondre aux objectifs de ce projet. En effet, l’étude de l’impact d’une exposition chronique au benzo[a]pyrène (B[a]P) sur le développement de la fibrose et du cancer du foie nécessite l’analyse de processus physiopathologiques complexes impliquant de multiples types cellulaires (hépatocytes, cellules endothéliales, cellules immunitaires) ainsi que leurs interactions au sein d’un organisme intact. À l’heure actuelle, il n’existe pas de méthodes alternatives permettant de reproduire de manière intégrée les phénomènes de fibrogenèse, d’inflammation chronique et de carcinogenèse hépatique induits par une exposition prolongée à un polluant environnemental. Les modèles in vitro, bien que complémentaires, ne permettent pas de recapituler l’ensemble des interactions cellulaires, des réponses systémiques et de la cinétique d’évolution des lésions observées in vivo. L’utilisation de la souris constitue un modèle de choix en raison des similitudes physiopathologiques avec les maladies hépatiques humaines, en particulier dans les modèles de fibrose et de carcinome hépatocellulaire chimio-induits. Elle permet notamment d’étudier de manière intégrée les effets du B[a]P sur le foie dans un contexte physiologique pertinent, incluant le métabolisme des xénobiotiques et les réponses inflammatoires et vasculaires. Ainsi, en l’absence de méthodes substitutives adaptées, le recours à l’expérimentation animale est nécessaire pour atteindre les objectifs scientifiques de ce projet.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre de souris a été limité à celui nécessaire pour obtenir une validation statistique des résultats expérimentaux. Il a été déterminé de manière à permettre la mise en évidence d’une différence statistiquement significative de 30 % d’un principal paramètre étudié, l’aire de fibrose hépatique. Les analyses statistiques seront réalisées à l’aide de tests non paramétriques adaptés aux effectifs. Ce choix permet de garantir une puissance statistique suffisante tout en limitant le nombre d’animaux utilisés.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Nous effectuerons un suivi quotidien des souris tout au long du protocole en observant leur comportement et les indices pouvant suggérer une douleur. Si nous observons une douleur chez un animal, cela entraînerait sa mise à mort anticipée. Par ailleurs, les animaux sont hébergés en présence de papier kraft et de carrés de coton pour faire le nid, ainsi que des maisonnettes et des dômes en cellulose.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris est l’espèce la plus couramment utilisée pour étudier la fibrose et le développement du cancer du foie. Ce modèle présente également l’avantage de permettre l’utilisation de souris génétiquement modifiées. Nous utilisons notamment des souris dans lesquelles le gène AhR, impliqué dans la réponse au stress cellulaire, est inactivé uniquement dans les cellules des vaisseaux sanguins du foie (cellules endothéliales). Cette inactivation est ciblée grâce à un système génétique permettant de supprimer ce gène uniquement dans ce type cellulaire, sans modifier les autres tissus de l’organisme. Les animaux seront utilisés à différents stades de développement selon les objectifs des expériences. Dans les procédures visant à induire un cancer du foie, les souris recevront une injection unique d’un composé chimique (DEN) ou d’un produit contrôle à l’âge de 15 jours. Ce moment est choisi car le foie est encore en développement et les cellules se divisent activement, ce qui favorise l’apparition de modifications nécessaires à l’initiation de tumeurs. À l’âge adulte (8 semaines), certaines souris recevront des injections répétées de d’un autre composé chimique (CCl4) ou du produit contrôle afin d’induire une fibrose du foie, c’est-à-dire une accumulation excessive de tissu cicatriciel. Enfin, dans toutes les procédures, un polluant environnemental (B[a]P) ou son véhicule sera administré à partir de l’âge de 8 semaines, correspondant à l’âge adulte chez la souris.