
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2026-09-17 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-705882)
Former des étudiants de licence et de master à l’observation comportementale : 450 oiseaux, cailles japonaises et perdrix, vont être utilisés dans des travaux pratiques d’un niveau de souffrance léger. Chaque oiseau participe à cinq séances au maximum par an, de trente minutes à deux heures trente, est manipulé individuellement, isolé de son groupe entre cinq et vingt minutes, et exposé à un environnement nouveau, à des objets nouveaux ou à la rencontre de congénères. Aucun n’est tué, 300 étant comptés comme réutilisés et 150 comme rendus à l’élevage, le porteur indiquant qu’ils seront soit impliqués dans des activités de recherche, soit cédés à une association de réhabilitation. Ces séances enseignent la manipulation respectueuse des oiseaux, et le porteur signale que la rencontre entre cailles sexuellement développées peut entraîner des coups de bec et des « copulations forcées ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Ce projet est destiné à la formation dans le domaine de l’éthologie des étudiants de Licence de Biologie et de Master en Ethologie. Il a pour objectif de former les étudiants à la planification et la mise en œuvre de protocoles expérimentaux en éthologie, à la manipulation respectueuse des animaux, à l’observation standardisée des comportements, au recueil de données comportementales et à leurs analyses statistiques. Ces travaux pratiques permettent ainsi aux étudiants d’utiliser différents outils de caractérisation comportementale au travers de tests standardisés, validés dans la littérature et pour l’espèce concernée. Ils permettent également d’illustrer les effets de différents facteurs sur l’expression des comportements tels que l’espèce, le sexe, l’âge ou encore les conditions environnementales. Si la formation à l’éthologie passe dans un premier temps par l’utilisation de supports vidéo, la mise en pratique sur l‘animal vivant est indispensable d’un point de vue pédagogique. En effet, elle forme les étudiants aux contextes réels d‘observation comportementale et aux exigences du travail avec l‘animal (savoir-faire et savoir-être) dans le respect des exigences réglementaires et du bien-être animal.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Ce projet contribue à la formation des étudiants de Licence et de Master aux méthodes expérimentales utilisées en éthologie et en sciences du comportement. Il leur permet d’acquérir les compétences indispensables à la conception d’un protocole expérimental, à la manipulation respectueuse des animaux, au recueil standardisé de données comportementales, à leur analyse statistique et à leur interprétation critique. Les différents travaux pratiques illustrent des concepts fondamentaux en éthologie (utilisation du temps et de l’espace, processus cognitif, relations socio-sexuelles) et ses applications en contexte d’élevage ou de conservation. Ils permettent également de sensibiliser les étudiants aux principes des 3R (Remplacement, Réduction et Raffinement), à la réglementation encadrant l’expérimentation animale ainsi qu’à l’importance de l’évaluation du bien-être animal dans la conception des protocoles expérimentaux. Ces enseignements participent à la formation de futurs biologistes, vétérinaires, chercheurs, enseignants et professionnels amenés à travailler avec des animaux ou à concevoir, évaluer ou mettre en œuvre des protocoles impliquant des animaux. Les compétences acquises contribuent ainsi à améliorer, à plus long terme, la qualité scientifique des expérimentations et la prise en compte du bien-être animal dans les domaines de la recherche, de l’enseignement et de la gestion des animaux.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Cruelty Free International a établi en 2018 que les résumés allemands et britanniques, les seuls examinés à ce jour, décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Les abimaux ne seront soumis qu’à des observations comportementales en contexte d’environnement controlé. Ils pourront participer au maximum à 5 séances de TP au cours de l’année pour une durée par séance allant de 30 min à 2h30 (pour cette durée, l’oiseau n’est pas manipulé mais observé en libre exploration de son environnement).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Cruelty Free Europe a mesuré en 2024 que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces deux pays sont les seuls dont les résumés ont été examinés. Les résumés français relèvent du même modèle européen, et leur qualité n'a jamais été mesurée.
Nuisances générales toutes espèces/ Les principales nuisances attendues sont liées aux manipulations nécessaires à la réalisation des travaux pratiques, à l’isolement temporaire des animaux de leur groupe social et à leur exposition à des situations nouvelles donc potentiellement anxiogènes. Ces différents éléments peuvent être la source de stress pour l’oiseau. Les animaux sont manipulés individuellement afin d’être placés dans les dispositifs expérimentaux puis replacés dans leur cage d’élevage à l’issue des tests. Selon les travaux pratiques, ils sont exposés à différents dispositifs comportementaux classiques (environnement nouveau, objets nouveaux, rencontre avec des congénères). Lorsqu’elle existe, la durée d’isolement est comprise entre 5 et 20 minutes selon les protocoles et n’excède pas 30 minutes, manipulation comprise. A noter que les cailleteaux utilisés lors des travaux pratiques ne sont jamais isolés de leur groupe social. Nuisances spécifiques pour les cailles japonaises / Les mêmes cailles japonaises sont utilisées au cours des différents travaux pratiques ce qui peut être également une source de nuisance. Dans certaines séances, la rencontre entre des cailles sexuellement développées peut entrainer l’apparition de comportements agonistiques (coups de bec) et de copulations forcées pouvant être source de stress pour l’oiseau.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Les oiseaux seront gardés en vie et seront soit impliqués dans des activités de recherche soit cédés à une association de réhabilitation des animaux de laboratoire.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Une réflexion approfondie a été menée afin de réduire le recours aux animaux vivants dans les enseignements. Certaines séances ont été remplacées par des analyses de vidéos ou de jeux de données comportementales. Les travaux pratiques maintenus sur animaux vivants correspondent à un nombre limité de situations pour lesquelles l’observation directe présente une réelle plus-value pédagogique. Elle permet aux étudiants de développer leurs capacités d’observation dans des conditions proches de celles rencontrées en recherche, où les comportements doivent être identifiés et interprétés en temps réel, sans possibilité d’interrompre ou de revoir la scène. Elle permet également d’acquérir les compétences pratiques indispensables à une manipulation calme et respectueuse des animaux ainsi qu’à la mise en œuvre d’un protocole expérimental dans des conditions réelles. Les approches utilisant des vidéos et des jeux de données sont privilégiées dès lors qu’elles permettent d’atteindre les objectifs d’apprentissage.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Le nombre d’animaux est déterminé en fonction des effectifs étudiants, du niveau de formation et des objectifs de chaque travail pratique. Sur une année universitaire, les mêmes cailles sont utilisées pour l’ensemble des séances de travaux pratiques à la fois au stade cailleteau et au stade adulte, ce qui permet de réduire le nombre d’oiseaux utilisés. Les différentes séances de travaux pratiques abordant des aspects différents en Ethologie, la réutilisation des animaux n’affecte pas la pertinence des données comportementales obtenues.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
Les protocoles ont été conçus afin de limiter au maximum le stress et les contraintes imposés aux animaux. Ils reposent exclusivement sur des observations comportementales et n’impliquent aucune procédure invasive. Les manipulations sont réalisées par du personnel formé ou sous sa supervision. Les animaux sont habitués à la manipulation avant les travaux pratiques et lors de la séance, ils sont manipulés avec calme. Le temps de contention est limité au strict nécessaire. Les dispositifs expérimentaux sont installés à proximité des cages d’hébergement afin de réduire les temps de transport et de manipulation. Les animaux sont replacés dans leur groupe social dès la fin des observations. Les jeunes oiseaux ne sont jamais testés individuellement et sont soumis à des procédures de libre exploration peu contraignantes. Les travaux pratiques impliquant des rencontres sexuelles se réalisent avec des oiseaux précédemment appariés et dont la compatibilité a été validée. La caille japonaise formant un couple monogame en phase de reproduction, l’appariement avant les enseignements évite l’expression de comportements agonistiques. Pour limiter le stress de la participation des oiseaux aux différents travaux pratiques, des périodes de repos d’au moins 2 jours seront réalisés. Ces periodes ne pourront cependant pas être réalisées pour les séances avec les cailleteaux du fait d’une forte contrainte temporelle liée au développement rapide de l’espèce.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Les espèces retenues (cailles et perdrix) sont des modèles utilisés en recherche en comportement animal mais rarement utilisés lors de la formation des étudiants (à l’inverse du modèle rongeur). Aussi, leur utilisation au sein de cette formation permettra aux étudiants d’acquérir des compétences fondamentales et pratiques sur des modèles animaux présentant des caractéristiques comportementales, sensorielles et écologiques particulières. Cette diversité permet aux étudiants d’adapter leurs méthodes d’observation et leurs protocoles expérimentaux aux spécificités de chaque espèce, tout en les sensibilisant à la diversité des réponses comportementales observées au sein du règne animal. Elle constitue ainsi une préparation aux situations rencontrées en recherche et dans les métiers impliquant l’étude ou la gestion des animaux. Les cailles qui participent aux travaux pratiques ont de 3 jours à 8 mois selon les séances. Les perdrix qui participent aux travaux pratiques sont adultes, âge supérieur à 4 mois.