Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Capturées, anesthésiées, puis équipées par chirurgie d’un émetteur introduit dans la cavité générale en moins de cinq minutes, 50 lamproies marines sont utilisées dans des procédures d’un niveau de souffrance modéré avant d’être relâchées dans le cours d’eau. L’opération peut provoquer douleurs, saignements et infection, limités selon le porteur par anesthésie et antibiotiques. L’objectif est de repérer les sites de reproduction et les obstacles à la migration d’une espèce classée en danger, dont le déclin est attribué notamment à la prédation par le silure. Les lamproies marquées meurent naturellement après la reproduction, au plus tard à la mi-juillet, et les émetteurs sont récupérés sur les cadavres.

NTS-FR-006864v2
Types de recherche
· Éthologie / comportement / biologie animale · Oncologie · Recherche fondamentale ·
Mots-clés
émetteur, écologie, reproduction, télémétrie
Autres poissons : 50

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

La lamproie marine est une espèce menacée en déclin en Europe et en particulier en France. Le manque de connaissance sur leur écologie limite les actions de gestion. On n’observe généralement plus (ou moins) de frayères en amont des bassins versants malgré la présence d’individus à l’aval, observés par comptages au niveau de stations de contrôle. Le premier objectif de ce projet est de déterminer s’il existe des sites de reproduction sur des sites inconnus, potentiellement en eau profonde où les prospections classiques à pied ou en embarcation ne sont pas possibles. Le second objectif est de vérifier si les individus dénombrés aux stations de contrôle parviennent sur des sites de reproduction et quels sont les points bloquants si des difficultés sont rencontrées.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les populations de lamproie marine connaissent un fort déclin actuellement et les informations sur leur cycle de vie manquent pour prendre des mesures de conservation adaptées. Un des principaux bénéfices du projet est de connaître le devenir des individus en amont d’un bassin versant. A l’heure actuelle, les sites de reproduction des individus franchissant le barrage demeurent incertains, car on ne les observe plus ou très rarement sur les frayères historiques. Selon une première hypothèse, les individus pourraient se reproduire en milieu plus profond, en aval du bassin versant (secteurs impossible à prospecter à l’œil nu). Une autre hypothèse émise est que les individus ne parviennent plus aux sites de frai et meurent sans s’être reproduits. Des points de blocages pourraient ainsi être identifiés. La prédation par le silure a récemment été montrée. L’espèce étant largement présente sur le bassin étudié, il est vraisemblable que les lamproies soient également prédatées sur ce bassin. Mieux connaître la migration et les sites de reproduction permettra d’adapter au mieux les mesures de gestion de l’espèce.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux seront soumis à une seule opération chirurgicale visant à l’introduction dans la cavité générale de matériel scientifique (émetteurs). Cette opération durera moins de 5 minutes.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

L’étude implique l’insertion par chirurgie de matériel scientifique réalisée sous anesthésie. Les nuisances potentielles (douleurs, saignements, infection) sont limitées par l’utilisation de mesures prophylactiques et des traitements médicamenteux (antibiotique et antalgique) adaptés et définis avec la collaboration d’un vétérinaire spécialisé. Cette intervention est considérée comme « modérée ». Les individus choisis auront un poids qui leur permettra de supporter l’insertion du matériel scientifique. Ce dernier ne dépassera pas 2% du poids de l’animal comme recommandé dans la littérature.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

L’observation s’effectue dans le milieu naturel : a l’issue de la procédure expérimentale (insertion d’émetteurs), les animaux sont relâchés dans le cours d’eau. Les lamproies meurent naturellement à l’issue de la reproduction (espèce sémelpare), soit au maximum à la mi-juillet pour les individus marqués. Les émetteurs seront récupérés après la mort.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

L’objectif de l’étude est de connaître le comportement de migration et de reproduction de la lamproie marine en milieu naturel. Il n’est donc pas possible de remplacer l’espèce par un autre modèle d’étude ou par des alternatives non animales.

2. Réduction

3R / Réduction :

L’effectif prévu est de 50 individus. Ce nombre est l’effectif minimal d’individus pour obtenir une vision représentative des différents comportements individuels sur les sites de reproduction et du taux de prédation par le silure sans toutefois impliquer une fraction importante de la population si l’on se base sur les effectifs comptés ces 3 dernières années. En tablant sur un taux de prédation de 80% sur les individus marqués, comme documenté dans la littérature, une dizaine d’individus pourraient atteindre les sites de reproduction. Une expérience sur un autre cours d’eau mettant en œuvre un protocole de marquage identique a montré que la mortalité liée au marquage est limitée. Les émetteurs seront récupérés après la mort des individus, pour récupérer les données enregistrées.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les principales mesures de raffinement concernent la limitation des nuisances (angoisse et douleur) lors de la manipulation des animaux avant, pendant et après la chirurgie et la limitation des risques d’infection post-opératoire. La combinaison d’utilisation de produits anesthésiques de concentration adaptée (1- concentration pour l’anesthésie pré-opératoire et 2- pour le maintien de l’anesthésie pendant l’opération) et d’antalgiques limitent directement l’angoisse et la douleur pendant et après l’opération, et l’administration d’antibiotiques limite les risques d’infections liés à l’opération. Les mesures prophylactiques classiques (désinfection du matériel) limitent également les sources d’infection pouvant induire des nuisances post-opératoires. Les opérations de chirurgie seront effectuées par du personnel habilité et spécifiquement formé par un vétérinaire. Le protocole opératoire est co-construit avec un vétérinaire. Les conditions environnementales d’importance première pour les poissons (température et oxygénation de l’eau) seront contrôlées avant, pendant et après la capture et l’opération. Les individus seront placés dans un vivier et, après une période d’observation jusqu’à la reprise d’équilibre, d’un rythme de ventilation régulier et de nage active, ils seront relâchés dans la rivière.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

L’espèce ciblée, la lamproie marine, est une espèce en classée en danger (EN) par l’UICN en France et dont les effectifs sont en constante diminution ces dernières années. Il est donc nécessaire d’acquérir des connaissances sur son comportement de reproduction et sur les menaces/contraintes que l’espèce est susceptible de rencontrer au cours de sa migration et de sa reproduction. Ces informations sont cruciales pour prendre les mesures de gestion et de conservation appropriées. Les individus utilisés seront des adultes capturés juste avant leur maturité (caractères sexuels secondaires encore non visibles), en début de période de migration en eau douce. C’est à ce stade que la migration de montaison a lieu, et durant laquelle les individus sont exposés à de multiples pressions qu’il est nécessaire de mieux caractériser (obstacles et prédation notamment).