
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 24/08/2022
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-025522)
4 355 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Elles reçoivent des bactéries pathogènes par instillation dans les narines, puis un candidat médicament par injection, pour cribler de nouvelles molécules contre l’antibiorésistance. Le porteur indique que l’inoculation peut provoquer une perte de poids, des tremblements et des troubles de la locomotion, et que les souris sont tuées en fin de protocole pour prélever leurs organes. Il revendique un « besoin médical et sociétal » et affirme que la validation dans un « modèle mammifère » est obligatoire avant tout passage en clinique.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les bactéries résistantes aux antibiotiques représentent l’une des plus grandes menaces de ce siècle. Il est impératif d’accélérer la découverte de nouveaux antibiotiques. L’objectif du projet est de trouver de nouveaux médicaments pour traiter les infections bactériennes résistantes aux antibiotiques. Le projet vise à tester dans un modèle murin l’efficacité de ces molécules dans le cadre d’infection par des bactéries importantes en pathologie chez l’homme. Ce projet répond donc à un besoin médical et sociétal et devrait permettre de trouver des alternatives aux antibiotiques actuels pour lutter contre les phénomènes d’antibiorésistance.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Nous proposons d’utiliser un modèle mammifère pour valider l’efficacité et la toxicité des candidats médicaments que nous avons préalablement identifiés. Sur la base de nos résultats préliminaires très prometteurs, notre objectif est de tester l’efficacité de ces inhibiteurs sur des bactéries pathogènes présentant un intérêt thérapeutique élevé et de valider l’innocuité des molécules vis-à-vis de l’hôte. Nous visons à obtenir au moins une molécule candidate préclinique avec un potentiel thérapeutique élevé. Ce projet répond à un besoin médical et sociétal et devrait permettre de trouver des alternatives aux antibiotiques actuels pour lutter contre les phénomènes d’antibiorésistance.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Interventions : inoculation des bactéries par une instillation nasale dans chaque narine après anesthésie par injection, durée de l’intervention 10 à 20 min. Puis traitement par molécule médicament par injection sans anesthésie (de une à 3 injections sur 24h), durée de l’intervention 1 à 5 min.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’injection de bactéries même à des doses subléthales peut entrainer des effets indésirables sur les souris tels que perte transitoire de poids, tremblements ou défaut de locomotion.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les souris ayant reçu des bactéries ou des molécules ne peuvent pas être réutilisées et seront euthanasiées à la fin de chaque protocole pour prélèvement d’organes.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Notre projet se base sur de nombreux résultats préliminaires qui ont permis de valider l’innocuité des molécules et leur efficacité sur des modèles in vitro, sur cellules eucaryotes et sur un modèle in vivo d’insectes. Toutes ces étapes préalables permettent de réduire le nombre de souris nécessaires pour valider l’efficacité et la toxicité des médicaments candidats les plus prometteurs. Ce projet vise à obtenir de nouveaux médicaments qui pourraient être utilisés pour des études précliniques. En raison de son application en thérapeutique humaine, les données doivent obligatoirement être validées dans un modèle mammifère d’infection.
2. Réduction
Tout d’abord, une étude pilote sera entreprise pour déterminer les paramètres optimums d’inoculation (640 souris max.). Les conditions optimales déterminées à partir de l’étude pilote seront utilisées dans une étude finale pour analyser l’effet antimicrobien des molécules pendant l’infection (1460 souris pour la toxicité, 540+1350= 1890 souris pour l’efficacité des molécules contre 6 pathogènes d’intérêt médical et 365 souris pour les tests de spécificité des molécules). Au total 4355 souris seront nécessaires à cette étude. Le nombre d’animaux est ainsi adapté au plus juste pour permettre une évaluation de l’innocuité des molécules et leur efficacité.
3. Raffinement
Le protocole expérimental prévoit l’anesthésie des animaux pour limiter la douleur. D’autre part, il permettra de décider d’une euthanasie prématurée en cas de comportements anormaux des animaux suite à l’infection traduisant un mal être. Les marqueurs classiques de la santé animale seront surveillés, tels que le poids, le comportement général, la récupération et des signes de détresse. Les animaux seront hébergés dans les conditions standard d’habitat avec enrichissement. Les animaux seront regroupés à 5 par cage pour respecter le caractère social des souris.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris, avec sa polyvalence, sa facilité d’utilisation et sa remarquable similitude (99%) avec le génome humain a été largement utilisée dans le domaine de la Recherche et Dévelopement pharmaceutique. Les souris développent naturellement des pathologies qui imitent les maladies humaines. Dans ce projet la seule utilisation du modèle insecte in vivo n’est pas suffisante pour la sélection de molécules et pour une validation préclinique de cibles. D’une part, tous les pathogènes ne peuvent pas être testés chez l’insecte, d’autre part, ce modèle est limité de par son immunité (uniquement innée), et enfin, pour toute validation de molécules d’intérêt biomédical, un modèle mammifère est nécessaire. L’utilisation du modèle souris est nécessaire pour notre projet et le plus opportun car les données préliminaires menant à ce projet ont été validées à l’aide de modèles murins. Des souris femelles conventionnelles C57BL/6J âgées de 6-8 semaines sont utilisées pour le projet. Le génome de cette espèce a été séquencé, ce qui rend possible des analyses en aval. De plus, cette espèce a été couramment utilisée pour les tests de sécurité et d’efficacité pharmaceutique. L’âge adulte des souris, après le sevrage, assurera la présence d’un microbiote et d’une immunité développés. Des souris femelles conventionnelles C57BL/6J âgée de 6-8 semaines et chez lesquelles l’activité d’un gène codant pour une molécule impliquée dans l’immunité a été inactivé seront utilisées pour déterminer la spécificité du meilleur candidat médicament vis-à-vis du système immunitaire de l’hôte.