
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-11-22 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-034004)
Toutes tuées pour prélèvement d’organes, 330 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Cent cinquante subissent un prélèvement de sang unique sous anesthésie gazeuse, et 180 reçoivent en plus deux injections d’un immunogène dans l’abdomen, avec une inflammation locale de 24 à 48 heures. La recherche porte sur la façon dont les lymphocytes B remanient leur ADN pour produire des anticorps, et sur ce qui fait dériver ces remaniements vers des cancers. Le porteur indique qu’une partie de son objet, la réponse à une stimulation antigénique, se reproduit in vitro à partir d’un seul animal, et réserve l’usage des souris à l’hypermutation somatique, qu’aucune culture cellulaire ne reproduit à ce jour.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet de recherche, très fondamental a pour objectif d’étudier les lymphocytes B, cellules majeures de notre système immunitaire qui interviennent dans la défense de notre organisme. Pour mettre en place une défense adaptée à la nature des agents pathogènes, les lymphocytes B vont remodeler leur matériel génétique (ADN) contenu dans leur noyau. Ce remodelage fait intervenir des recombinaisons entre régions d’ADN, qui se doivent d’être très ordonnées et contrôlées. L’objectif de ces recombinaisons de l’ADN est de permettre aux lymphocytes B de produire des anticorps capables de neutraliser les agents pathogènes. Dans certaines situations encore mal connues, ces remaniements sont désordonnés et aboutissent à l’apparition d’anomalies dans l’ADN qui peuvent induire des cancers. L’objectif de mon projet est de (i) comprendre comment l’ADN s’organise dans l’espace tridimensionnel du noyau des lymphocytes B, (ii) de déterminer quels sont les régulateurs des remaniements de l’ADN des lymphocytes B et (iii) de déterminer comment des défauts de ces régulateurs affectent le déroulement normal des recombinaisons et favorisent l’apparition de remaniements désordonnés. Nous nous intéressons notamment au rôle d’un régulateur majeur, nommé 3’RR pour région régulatrice (3’RR) localisée dans la région d’ADN contenant les informations nécessaires à la production des anticorps (ou gène des anticorps), dans la balance évènements de recombinaisons normaux vs anormaux. Pour ce faire, j’utiliserai des modèles de souris « normales » et des modèles de souris dans lesquels cette région 3’RR est partiellement ou entièrement enlevée. Les animaux utilisés pour ce projet ne développent aucune maladie.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Une description approfondie de la régulation des recombinaisons de l’ADN des lymphocytes B est nécessaire pour une meilleure compréhension des mécanismes impliqués dans la formation des cancers. Je souhaite à travers ce projet, montrer l’importance de (i) l’organisation tridimensionnelle de l’ADN dans le noyau du lymphocyte B et (ii) de la région régulatrice 3’RR dans la régulation des recombinaisons de l’ADN. L’organisation non aléatoire de l’ADN permet une fonction normale de la région 3’RR et favorise les réarrangements normaux de l’ADN en empêchant la survenue de réarrangements génétiques anormaux pouvant conduire à l’apparition de cancers.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Cruelty Free International a établi en 2018 que les résumés allemands et britanniques, les seuls examinés à ce jour, décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Sur les animaux non immunisés subiront un unique prélèvement de sang sous anesthésie gazeuse (150 animaux sont concernés). Les animaux immunisés subiront un unique prélèvement de sang et 2 injections de solution immunogène sous anesthésie gazeuse (180 animaux sont concernés). Les animaux subiront un léger stress d’une courte durée avant les anesthésies pour les injections et prélèvements.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Cruelty Free Europe a mesuré en 2024 que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces deux pays sont les seuls dont les résumés ont été examinés. Les résumés français relèvent du même modèle européen, et leur qualité n'a jamais été mesurée.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les modifications génétiques n’entrainent pas de phénotypes dommageables. Certains animaux recevront une immunisation (SRBC) par voie intra péritonéale ce qui pourrait entrainer uniquement une légère inflammation au point d’injection d’une durée de 24h à 48h.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Tous les animauxdu projet seront sacrifiés pour analyse, soit 330 animaux. Soit suite à la procédure d’immunisation, soit suite aux expériences nécessitant le prélèvement d’organes pour des études in vitro.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Mon projet contient une partie qui porte sur l’hypermutation somatique. Ce mécanisme très complexe sera analysées in vivo car à ce jour aucune technique de culture cellulaire permet de reproduire l’hypermutation somatique in vitro. A l’inverse la réponse a un stimulation antigénique peut être reproduit un in vitro, plusieurs stimuli peuvent etre testé à partir d’un seul animal.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Dans la mesure du possible, différents organes du système immunitaires seront prélevées sur le même animal afin de réduire au maximum le nombre d’animal utilisé pour ce projet. Le nombre de souris utilisé sera réduit au maximum dans la mesure d’un résultat statistique selon les études réalisées précedemment.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les conditions d’hébergement et d’élevage répondent aux normes actuellement en vigueur afin de respecter au mieux le bien être animal : conditions de température et de d’hygrométrie, enrichissement dans les cages et nombre d’animaux par cage. Le personnel est formé à l’expérimentation (manipulation, injection) ainsi qu’à la chirurgie sur le petit animal et maintien ses compétences au cours du temps. Ainsi, toutes les précautions sont prises pour induire un minimum de douleur chez l’animal. La surveillance des animaux en expérimentation est renforcée afin de s’assurer du bien être animal. Les animaux sont suivis quotidiennement et des points limites ont été établis afin d’euthanaiser tout animal présentant des signes de souffrance.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Il existe une très forte homologie de structure et de fonction entre les gènes des immunoglobulines humain et murin faisant de la souris un modèle expérimental incontournable pour la transposition des mécanismes étudiés à l’homme Pour obtenir des résultats statistiquement significatifs, nous utilisons des souris âgées de 2 mois avec un poids entre 18-22 grammes. Cet âge est important car c’est le moment ou les plaques de Peyer ont leurs tailles maximales. Des souris de 6 mois seront également utilsée bien que le nombre de plaques de peyers soit plus restreint.