
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 10/10/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-037482)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le développement de vaccins thérapeutiques contre le cancer, ciblant de nouveaux antigènes exprimés à la surface des cellules tumorales, constitue une approche indispensable pour répondre à un besoin médical urgent, notamment chez les patients ne répondant pas aux traitements conventionnels. Un premier candidat vaccin thérapeutique a été évalué chez la souris et a montré des résultats prometteurs. Cependant, son application reste limitée à un nombre restreint de patients. L’objectif de ce projet est de développer un vaccin thérapeutique ciblant un plus grand nombre d’antigènes tumoraux, afin d’élargir la population de patients susceptibles de bénéficier de cette approche. Ce nouveau candidat a été conçu, et nous souhaitons à présent évaluer, dans des modèles murins, sa capacité à induire des réponses immunitaires spécifiques. Ces résultats permettront de valider son potentiel en vue d’un développement clinique chez l’humain.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
En cas de résultats positifs, cette étude permettra de valider un vaccin thérapeutique non personnalisé, qui cible une large partie de la population et qui pourra représenter une nouvelle option de traitement pour les patients ayant épuisé les alternatives thérapeutiques conventionnelles.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
L’administration du vaccin sera réalisée par voie intramusculaire sur des animaux anesthésiés, avec une contention d’environ 20 secondes par souris. Chaque animal recevra une injection unique. Les animaux seront pesés au minimum une fois par semaine, nécessitant une contention brève d’environ 15 secondes, afin de surveiller leur état général. En fonction de l’évolution de leur état, la fréquence des pesées pourra être augmentée à trois fois par semaine. Le nombre total de pesées effectuées au cours de la procédure sera compris entre 4 (minimum) et 13 (maximum). L’injection sous-cutanée de l’analgésique nécessite également une contention brève, d’environ 20 secondes. Chaque souris recevra au moins deux injections de buprénorphine lors de l’administration du vaccin. En fonction de l’état général des animaux, cette injection pourra être renouvelée jusqu’à un maximum de six injections supplémentaires, en plus de celles effectuées au moment de l’administration du vaccin.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Suite à l’administration intramusculaire des vaccins dans le muscle de la patte postérieure, les souris pourraient ressentir une douleur légère à modérée, malgré la mise en place d’un traitement analgésique. Cette douleur pourrait entraîner une gêne dans leurs déplacements. L’administration du vaccin ainsi que celle de l’analgésique pourraient également provoquer une inflammation au niveau des sites d’injection. Enfin, les manipulations répétées des souris dans le cadre des injections, des pesées et des surveillances peuvent engendrer un stress transitoire chez les animaux.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
À l’issue de la procédure, les animaux seront mis à mort conformément aux méthodes réglementaires en vigueur, afin de permettre le prélèvement de certains organes. Ces prélèvements ont pour objectif d’analyser la réponse immunitaire induite par le candidat vaccin.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’objectif de ce projet est d’évaluer et de caractériser un candidat vaccin thérapeutique, potentiellement applicable à un large panel de patientes, en vue de son développement clinique chez l’humain. Conformément aux exigences réglementaires, un produit ne peut pas être évalué en phase clinique sur la seule base de résultats obtenus in vitro. L’évaluation de l’efficacité d’un candidat nécessite donc des essais in vivo dans un organisme entier. À ce jour, il n’existe pas de méthode alternative in vitro permettant de fournir un niveau d’information équivalent pour répondre aux objectifs de cette étude. L’utilisation des invertébrées ne semble pas judicieuse en raison d’un système immunitaire très différent de celui d’un vertébré. Nous avons donc recours à un modèle vertébré largement utilisé et reconnu pour ce type d’évaluation préclinique : la souris.
2. Réduction
Un outil statistique approprié a été utilisé afin de déterminer le nombre minimal d’animaux nécessaires pour mettre en évidence une différence significative entre les groupes expérimentaux, tout en garantissant la robustesse des résultats. Par ailleurs, un recueil optimal de données sera réalisé pour chaque animal. Cela permettra de maximiser les informations obtenues par individu et ainsi de limiter le nombre total d’animaux nécessaire pour répondre à l’ensemble des objectifs scientifiques de l’étude.
3. Raffinement
Les animaux seront acclimatés au minimum une semaine dans l’animalerie avant le début des procédures expérimentales. Ils seront hébergés en groupe afin de respecter leur comportement social naturel. L’effet du candidat vaccin sur l’état physiologique des souris sera suivi attentivement. Une observation clinique sera réalisée quelques heures après l’injection, puis quotidiennement, par du personnel formé et compétent. La motricité des animaux sera surveillée après administration du traitement par voie intramusculaire dans la patte. Des points limites précoces ont été définis pour cette étude, incluant des critères d’arrêt de l’expérience cas de souffrance. En cas d’apparition de signes cliniques une prise de température sera effectuée. En cas de fièvre, une administration d’un antalgique sera effectuée.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle murin est un bon modèle pour tester les candidats vaccins car son système immunitaire est bien décrit et proche de l’homme. Des souris femelles adultes de plus de 7 semaines seront utilisées afin de travailler sur des animaux ayant un système immunitaire mature. De plus, les réactifs nécessaires sont largement disponibles. Il n’existe donc pas de méthode alternative susceptible d’apporter le même degré d’information. En effet, l’utilisation des invertébrées ne semble pas judicieuse en raison d’un système immunitaire très différent de celui d’un vertébré. Nous sommes donc obligés de faire appel à un vertébré communément utilisé pour ce type d’étude, la souris.