
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 18/07/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-050817)
Cinq injections sous anesthésie pour déclencher un cancer du pancréas, jusqu’à six séances d’imagerie de soixante-dix minutes chacune, une à trois ponctions d’ascite, puis pour une partie des animaux une injection de parvovirus MVMp. 36 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, avec perte de poids, perte de mobilité et d’appétit, ascite abdominale et risque de nécrose au point d’injection. Le porteur avance que cette imagerie peu invasive permet de réutiliser le même animal et de réduire les effectifs, ce qui revient à concentrer sur chaque souris jusqu’à sept heures d’examens sous anesthésie. Toutes sont tuées pour analyser le protéome des tumeurs.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les objectifs du projet sont au nombre de cinq: 1) Déterminer si le 18F-FDG (2-déoxy-2[F18]fluoro-D-glucose ) est un outil d’imagerie adapté pour la détection d’un cancer du pancréas ainsi que de ses lésions précoces chez la souris. 2) Démontrer que ce type de cancer est infectable par le virus tueur de tumeurs MVMp (parvovirus). 3) Déterminer si MVMp (parvovirus) stimule une réaction du système immunitaire contre la tumeur du pancréas de souris, 4) Déterminer si cette réaction du système immunitaire contre la tumeur dépend de la dose de virus administrée et, 5) Evaluer quels sont les changements que le virus MVMp (parvovirus) induit dans le type de cellules immunitaires étant présentes dans une tumeur du pancréas de souris.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le cancer du pancréas est actuellement quasi incurable car il résiste à toutes les théparies connues à ce jour. Ce projet doit permettre de démontrer que certains virus tel que MVMp (des virus tueurs de cellules cancéreuses) sont capables de modifier la composition cellulaire d’un cancer du pancréas en favorisant la présence dans celui-ci de cellules immunitaires connues pour activer une réaction permettant sa destruction. Un tel résultat permettre en effet d’élaborer des études cliniques basées sur l’utilisation de combinaisons thérapeutiques associant des virus tueurs de cellules cancéreuses avec d’autres traitements des cancers (radiothérapie, immunothérapie, etc…), afin de développer de nouvelles procédures thérapeutiques contre ce fléau qu’est le cancer du pancréas.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Etape 1 : les animaux subiront sous anesthésie; 5 injections de 4 minutes chacune pour développer un cancer et, au maximum, 6 injections de 3 minutes chacune pour réaliser 6 séances d’imagerie d’une durée de 70 minutes chacune. Ils pourront aussi subir sous anesthésie entre 1 à 3 prélèvements d’ascite d’une durée de 4 minutes chacun. Etape 2: les animaux subiront sous anesthésie; 5 injections de 4 minutes chacune pour développer un cancer, 1 injection i.p. de virus MVMp ou de solution saline d’une durée de 2 min, et au maximum 4 injections durant 3 minutes chacune, pour réaliser 4 séances d’imagerie d’une durée de 70 minutes chacune. Chaque animal pourra aussi subir sous anesthésie entre 1 à 3 prélèvements d’ascite d’une durée de 4 minutes chacun.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
-perte de poids de l’animal -Apparition de signes d’affaiblissement, (perte de mobilité, perte d’apétit, ou d’ascite abdominal) -développement de tumeur, -Un léger risque de nécrose peut apparaitre au site d’injection (tamoxifen, virus) -Apparition d’un hématome intraveineux (traceur radioactif) mais qui se résorbe en général, selon notre expérience, dans les 48 h qui suivent.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux seront tous mis à mort car nous souhaitons réaliser des études du protéome des tumeurs afin de déceler la présence du parvovirus MVMp ainsi que de cellules immunitaires dans le microenvironnement tumoral.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
La modification de la composition en cellules immunitaires d’une tumeur par un traitement n’est envisageable que chez un animal vivant et vigile. Cette étude ne peut être remplacée par un modèle in vitro ou in silico.
2. Réduction
l’imagerie TEP/TDMX est peu invasive. Elle s’effectue en injectant les molécules marquées (traceur) à l’état de trace. Elle permet ainsi d’utiliser à plusieurs reprises le même animal permettant ainsi de réduire substanciellement leur nombre pour chaque groupe. En fin de protocole expérimental, les tumeurs pancréatiques seront prélevées pour réaliser des études ex vivo complémentaires (protéomique, cultures cellulaires) sans augmenter le nombre d’animaux. Nous utiliserons 6 (phase 1), et 8 (phase 2) souris par groupe pour pouvoir faire des statistiques sur les résultats obtenus. Le nombre d’animaux par groupe a été déterminé avec Stat xact, adapté pour les petits effectifs. Ce nombre d’animaux par groupe est suffisant pour s’affranchir des effets de variabilité. Le test statistique utilisé est le Mann et Whitney.
3. Raffinement
Avant le début des expériences, les animaux sont acclimatés à l’animalerie, manipulés et habitués à la présence du personnel et de l’expérimentateur pendant 21 jours. Ils sont hébergés dans des portoirs ventilés. Les animaux sont placés à plusieurs par cage et leur environnement est enrichi (tunnel en PVC, frisure, ouate de cellulose, bâtons de bois) afin de respecter les interactions sociales et une activité motrice. Un gel ophtalmique est appliqué sur la rétine pour éviter le dessèchement oculaire et une injection sous cutané de sérum physiologique pour éviter la déshydratation lors des anesthésies. La température et la fréquence respiratoire des animaux sont suivies en continu pendant les examens d’imagerie afin de déceler tout signe précoce de mal être. Pendant les séances d’imagerie, les animaux sont placés dans une enceinte chauffée afin de maintenir la température corporelle durant l’anesthésie. Les animaux sont observés quotidiennement et pesés 2 fois par semaine.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est l’espèce animale la plus adaptée pour répondre aux questions de notre projet car sa physiologie est bien connue et de nombreux modèles génétiquement modifiés pouvant développer un adénocarcinome canalaire pancréatique sont disponibles. L’un deux, le modèle inductible , est parfaitement adapté à notre projet car le développement de la tumeur est assez bien maîtrisé et rapide. Les souris utilisées seront âgées de 7 semaines (adultes) lors de l’injection de tamoxifen. L’utilisation de souris plus jeunes, non-adultes, n’est pas pertinente car les mécanismes physiologiques/immunitaires de ces animaux sont potentiellement altérés car non matures.