
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 14/11/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-051806)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Pour marcher, courir ou simplement bouger, notre système nerveux doit constamment ajuster la communication entre les neurones sensoriels (qui perçoivent les mouvements) et les motoneurones (qui les déclenchent). Dans la moelle épinière, des neurones appelés GABApré jouent un rôle clé dans ce réglage fin, en modulant les signaux entre les muscles et les motoneurones. Mais on connaît encore mal comment ces neurones agissent pendant le mouvement, car la plupart des recherches ont été faites ex vivo, dans des conditions peu naturelles. Ce projet a pour but de mieux comprendre le rôle des neurones GABApré pendant la marche libre chez la souris, en enregistrant leur activité en temps réel. Nous verrons aussi comment le blocage de ces neurones affecte la capacité de l’animal à s’adapter à des mouvements plus complexes. Enfin, une étude anatomique nous aidera à savoir si certains GABApré ont des rôles différents selon leur position dans la moelle, ce qui pourrait révéler une spécialisation fine dans le contrôle moteur.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet apportera plusieurs bénéfices, à court et à long terme. À court terme, il permettra de mieux comprendre comment la moelle épinière ajuste les signaux sensoriels pour produire des mouvements fluides et adaptés. Grâce à des techniques innovantes, nous pourrons observer pour la première fois l’activité de certains neurones en temps réel, chez des animaux en mouvement libre. Ce travail contribuera aussi au développement de nouvelles méthodes de recherche combinant enregistrements neuronaux, manipulations ciblées et mesures précises du comportement. À long terme, ces avancées pourraient avoir des retombées pour la recherche médicale. En comprenant mieux les mécanismes naturels de filtrage sensoriel, ce projet pourrait ouvrir la voie à des stratégies thérapeutiques plus ciblées pour traiter certaines affections neurologiques, comme la spasticité, les douleurs neuropathiques ou les troubles moteurs liés à des lésions de la moelle épinière.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux subiront, sous anesthésie, une chirurgie d’environ 1 à deux heures pour injection virale et/ou implantation de dispositif d’enregistrement (2h quand il s’agit des deux objectifs combinés) ou bien 2 chirurgies d’une heure avec un délai de récupération de 2 à 4 semaines. Deux semaines après la ou les chirurgies, ou 1h après dans le cas d’expériences terminales, les animaux effectueront des tâches comportementales de locomotion fine. Ces tâches durent une dizaine de secondes et sont répétées pendant un maximum 1h. Une seule session comportementale est prévue. Tous les animaux subiront une chirurgie terminale sous anesthésie profonde pour prélèvement de tissus.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les chirurgies entraînent inévitablement un stress et des douleurs chez la souris. Une perte de poids est souvent constatée les jours suivant la chirurgie mais l’animal récupère son poids initial en 3-4 jours. Les sutures peuvent aussi entraîner une gêne ou des démangeaisons qui poussent l’animal à se gratter et, très rarement, à endommager sa cicatrice. Cette gêne disparaît également en quelques jours. Les tests comportementaux envisagés peuvent également être source de stress pour les animaux, ainsi que les contentions et les injections effectuées pendant les tests. Certains animaux devront être isolés pendant 24 à 48h, ce qui est également un stress.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort pour prélèvement.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Le projet porte sur le rôle de l’inhibition présynaptique dans le contrôle de la locomotion, c’est-à-dire un circuit comprenant une sortie physiologique complexe. Un tel circuit est impossible à reconstituer avec des techniques de remplacement de type culture cellulaire et doit être intact pour pouvoir être étudié. Il est impossible à modéliser numériquement car les propriétés des différents éléments sont encore méconnues. Nous devons donc recourir à l’animal pour atteindre les objectifs du projet.
2. Réduction
Les mesures pour réduire le nombre d’animaux ont été étudiées en adéquation avec le projet. Le nombre d’animaux utilisés pour ce projet a été défini mathématiquement au plus juste pour nous permettre d’atteindre nos objectifs scientifiques et être statistiquement fiables et robustes. Nous utiliserons des individus des 2 sexes afin de réduire le nombre d’individus à produire et obtenir des résultats spécifiques de genre. Les expériences seront effectuées de façon séquentielle, afin de finaliser les expériences de mise au point des différents outils avant d’effectuer les expériences de comportement, ce qui permettra de limiter le nombre d’animaux nécessaires.
3. Raffinement
Les souris sont hébergées en cohorte, elles font l’objet d’observations quotidiennes et l’enrichissement des cages est systématique (bâton à ronger, matériaux de nidification). Les chirurgies sont réalisées sous anesthésie générale et analgésie pré et post-opératoire et la température de l’animal est maintenue grâce à un tapis chauffant thermostaté relié à une sonde rectale. Les yeux sont hydratés avec un gel oculaire. L’état de santé des animaux est surveillé quotidiennement après la procédure chirurgicale et estimé selon une grille de score pondérée qui évalue l’apparence générale de l’animal, l’apparence de la plaie, le comportement spontané, le comportement provoqué et le poids. Des points limites ont été établis pour chaque item permettant de soustraire l’animal à la souffrance. Les chirurgies sont espacées d’au moins 2 semaines. Un temps d’habituation à la pièce et au dispositif d’enregistrement est prévu, sur 20-30 minutes pendant deux jours consécutifs. Pendant les tests comportementaux, une couverture de 5cm de mousse souple est placée sous le dispositif expérimental, afin d’amortir une éventuelle chute de l’animal. Les animaux sont manipulés grâce à une petite coupelle en plastique, afin d’éviter la préhension répétitive par la queue. Des animaux qui ne subissent par les chirurgies sont herbergés avec les animaux tests. Ils sont présents sur la plateforme d’arrivée des tests de comportements, réduisant ainsi le stress des animaux tests.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Pour étudier comment certains neurones contrôlent les mouvements, nous utilisons la souris. Ce choix est justifié car la souris permet de cibler très précisément des neurones grâce à des outils scientifiques avancés. Cela aide à comprendre comment les signaux qui freinent ou modulent les mouvements fonctionnent. La souris permet aussi d’enregistrer l’activité des neurones tout en observant les animaux bouger librement, ce qui est difficile à faire avec d’autres animaux. De plus, beaucoup d’études existent déjà sur les circuits nerveux de la moelle épinière de la souris, ce qui facilite l’analyse des résultats. Nous travaillons avec des souris d’au moins 21 jours, car à cet âge les circuits de contrôle des mouvements sont complètement développés et stables. Cela garantit que les résultats ne sont pas influencés par la croissance.