Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Jusqu’à 36 souris gestantes sont tuées au sevrage de leurs petits pour prélever leur foie et leurs intestins, et leurs 324 souriceaux sont tués à leur tour après quatre semaines d’alcoolisation. 360 souris vont ainsi être utilisées, dont 324 au niveau de souffrance sévère. Les mères reçoivent deux gavages de souches fécales et dix jours d’antibiotiques dans l’eau de boisson, les souriceaux de l’alcool dans l’eau de boisson et un gavage d’alcool par semaine pendant quatre semaines, pour reproduire le binge drinking de l’adolescence humaine. Le porteur présente le projet comme pilote, destiné à vérifier une hypothèse jamais explorée, tout nouveau traitement supposant ensuite d’autres travaux sur cellules, sur animaux non-humains et chez l’être humain.

NTS-FR-046666v1
Types de recherche
· Recherche appliquée · Recherche fondamentale · Système gastrointestinal · Troubles gastrointestinaux ·
Mots-clés
Alcool, Vésicules, Microbiote Intestinal, Bactéries fécales
Souris : 360

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

En dépit d’une diminution de la consommation d’alcool en France ces dernières décennies, cette substance demeure un problème de santé publique majeur en raison de ses propriétés toxiques, cancérigènes et addictives. Une proportion importante de la mortalité liée à l’alcool provient du développement de la Maladie du Foie liée à l’Alcool, qui débute avec la maladie du foie gras, réversible, et qui s’achève avec les formes chroniques de la cirrhose et du cancer du foie. Certains patients atteints peuvent présenter une inflammation, dont la forme sévère peut causer une hépatite, une maladie du foie caractérisée par la survenue brutale d’une jaunisse. La forme sévère de cette hépatite (hépatite alcoolique aigüe sévère) est prise en charge par l’administration d’anti-inflammatoires. Toutefois, ce traitement est inefficace chez 30 % des patients. De plus, il n’existe actuellement aucun autre traitement approuvé pour les patients avec une hépatite alcoolique aigüe sévère, même si d’autres pistes sont explorées, notamment en ciblant le microbiote intestinal. Dans le cadre d’un projet conduit ces dernières années, le microbiote intestinal de patients avec une hépatite alcoolique aigüe sévère a été caractérisé. Un important déséquilibre intestinal a pu être observé, avec une augmentation de certaines bactéries connues pour leur production de petites particules appelées vésicules. Or, ces vésicules sont de plus en plus reconnues comme contribuant à diverses maladies du foie, mais il n’existe actuellement aucune étude les associant à l’hépatite alcoolique aigüe sévère. L’objectif de ce projet est ainsi d’utiliser un modèle de souris afin de vérifier le rôle de ces vésicules produites par des bactéries fécales et l’inflammation du foie. A plus long terme, ces travaux pourraient aider à trouver de nouveaux traitements pour cette maladie grave.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet est pilote : il s’agit de vérifier une hypothèse de recherche qui n’a jusqu’à présent pas été explorée dans la littérature, c’est-à-dire que les vésicules jouent un rôle clef dans l’hépatite alcoolique aigüe sévère. Si cette hypothèse est vérifiée, des travaux supplémentaires sur modèles cellulaires, animaux et chez l’Homme pourraient être justifiés pour mieux comprendre les mécanismes impliqués, et à plus long terme proposer de nouveaux traitements.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Un total de 3 interventions seront employées dans ce projet. La première intervention consiste en l’introduction de bactéries dans le microbiote intestinal pour jusqu’à 36 mères gestantes. Pour cela, deux gavages oraux seront administrés en quelques secondes sur animal vigile, avec un espacement de quatre jours. Cette intervention sera complétée par l’ajout d’antibiotiques dans l’eau de boisson pendant dix jours pour faciliter l’installation des bactéries. La première intervention consiste en l’exposition de jusqu’à 324 petits de ces mères à de l’alcool. L’alcool sera administré dans l’eau de boisson d’une part, et d’autre part par un gavage oral (quelques secondes) par semaine pendant quatre semaines, sur animal vigile. La troisième intervention consiste en l’introduction d’un marqueur fluorescent de santé intestinale chez jusqu’à 324 souriceaux. Ce marqueur sera administré par gavage oral sur animal vigile une fois le protocole d’alcoolisation achevé. Plusieurs heures après ce gavage, les animaux seront anesthésiés par inhalation de gaz, du sang sera prélevé pendant environ 30 secondes, puis les animaux seront euthanasiés.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Dans la première partie de l’étude, les femelles gestantes seront hébergées individuellement pour contrôler la date de mise bas et prévenir les comportements d’agressivité ou de cannibalisme post-partum. Cet hébergement individuel peut induire un stress modéré durant la période de stabulation. À leur arrivée, les femelles recevront une des antibiotiques, susceptibles d’entraîner un léger inconfort transitoire, parfois accompagné de rares épisodes diarrhéiques. Elles subiront également deux gavages, espacés de quatre jours, occasionnant une gêne légère et brève liée à la contention et à l’introduction de la sonde. Le gavage permettra d’administrer l’une des trois souches fécales non-pathogènes. Ces précautions limiteront l’impact sur la fonction intestinale, estimé léger pendant la stabulation, avec de possibles épisodes diarrhéiques rares, également anticipés chez les souriceaux. Dans la seconde partie de l’étude, les souriceaux pourront présenter une altération intestinale légère et transitoire durant la stabulation. Le prélèvement de fèces par induction représentera également une nuisance brève et légère. L’exposition des souriceaux à l’alcool dans l’eau de boisson pourrait provoquer des effets nuls à légers sur la durée de l’étude. Quatre gavages oraux, espacés d’une semaine, seront réalisés. Ces manipulations entraîneront une gêne légère et passagère, sans douleur persistante. L’alcool administré pourrait toutefois induire un état transitoire de somnolence ou de prostration, associé à une diminution de la prise alimentaire. Combinée à la consommation d’alcool, cette exposition peut entraîner des atteintes intestinales et hépatiques ainsi qu’un stress physiologique modéré. D’après nos travaux antérieurs, la nuisance globale après quatre semaines d’exposition à l’éthanol est considérée comme modérée. A la fin de cette seconde partie, une courte période d’isolement et de jeûne (≈4 h) pourra générer un stress léger et transitoire. Elle sera suivie d’un gavage oral d’un marqueur de santé intestinale, provoquant une gêne brève liée à la contention.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

La mise à mort des animaux est nécessaire dans notre étude afin de pouvoir obtenir des échantillons biologiques indispensables. A l’issue de la première partie de l’étude, qui s’achève avec le sevrage et le sexage des souriceaux, les mères gestantes seront mises à mort afin de récupérer le foie et les intestins. Les souriceaux sevrés seront ensuite utilisés dans la seconde partie de l’étude, et exposés à de l’alcool. Au terme de cette exposition pendant quatre semaines, les animaux seront mis à mort afin de récupérer le foie et les intestins.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Cette étude vise à mieux comprendre comment l’alcool et certaines bactéries intestinales affectent le foie et l’intestin. Des modèles innovants en laboratoire, appelés « intestin–foie sur puce », permettent déjà d’étudier certaines maladies du foie sans utiliser d’animaux. Cependant, ces systèmes ne reproduisent pas encore toute la complexité du corps vivant, ni les interactions entre l’alcool et les vésicules produites par les bactéries. Pour cette raison, l’utilisation de souris reste nécessaire afin d’étudier de manière fiable les réactions biologiques et immunitaires impliquées dans cette maladie, et ainsi faire progresser les connaissances sur l’hépatite alcoolique.

2. Réduction

3R / Réduction :

Pour limiter le nombre d’animaux utilisés, nous avons planifié l’étude avec une approche statistique précise. Au total, jusqu’à 324 souriceaux seront nécessaires pour obtenir des résultats fiables. Pour atteindre ce nombre, un maximum de 36 mères gestantes sera engagé. Afin de réduire encore le nombre d’animaux, l’étude se déroulera en deux étapes : d’abord avec la moitié des mères, puis, si nécessaire, la seconde moitié sera utilisée pour compléter l’expérience et garantir des résultats robustes.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les mères gestantes seront placées, à leur arrivée, dans des cages individuelles enrichies par un dome, du bois pour ronger, des frisottis et cotons pour la nidification. Ces cages sont dans des portoires ventilés, avec une alternance jour/nuit de 12H/12H. La température et l’humidité sont strictement contrôlées, allant de 20 à 23 °C et de 30 à 60 % respectivement. Les besoins vitaux des animaux seront assurés avec une alimentation standard sous forme de croquettes, et une eau fournie ad libitum. Les mères bénéficieront d’une alimentation spéciale avec des croquettes adaptées à leurs besoins gestationnels. Les souris seront hébergées dans des cages transparentes et pourront voir leurs congénères. Du raffinement supplémentaire sera introduit comme une roue d’activité et des frisottis pour réduire le stress des animaux. Les mêmes conditions seront employées pour héberger les souriceaux une fois le sevrage et sexage réalisé, à raison d’au minimum deux souriceaux et au maximum cinq souriceaux de même sexe par cage. L’hébergement en fratrie permettra ainsi de prévenir le stress de l’isolement en maintenant des interactions sociales. Les animaux seront attentivement surveillés dans les minutes suivant chaque gavage, et mis à mort si une blessure est constatée. Les opérateurs sont régulièrement entraînés à ce geste sur mannequins de souris. Après les gavages d’alcool, les cages seront placées sur des tapis chauffants pour faciliter la récupération. A partir de l’arrivée des mères gestantes dans les installations, les animaux seront surveillés quotidiennement. Une attention particulière sera portée sur le comportement autour de la naissance. Dès la mise-bas, si certaines mères gestantes ont un comportement anormal (absence de nidification, cannibalisme), il sera envisageable de transférer leurs souriceaux à d’autres mères afin d’assurer la survie des nouveaux-nés. A partir du sevrage et du sexage, et une fois les animaux identifiés, les souriceaux seront inspectés individuellement au moins une fois par jour, et pesés une fois par semaine. D’autres indicateurs de santé de l’animal sevré seront évalués : l’apparence physique, la variation de poids, la déshydratation, et le comportement social. Ces indicateurs sont présentés dans une grille d’évaluation affichée dans les locaux de stabulation et remplie chaque jour après l’inspection de chaque animal. Une grille de points-limites sera mise en place pour prendre en charge les animaux de manière appropriée.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Des souris femelles âgées de 10 semaines et à 10 jours de gestation seront utilisées. Il nous est impossible d’utiliser des femelles avec gestation confirmée du fait du besoin de coloniser la mère avant la naissance des souriceaux. Selon notre expérience avec ces souris gestantes, nous avons besoin d’une semaine pour l’antibiothérapie et la colonisation du microbiote intestinal. Le choix de mères gestantes, et non de souriceaux, est pertinent afin de gaver un nombre réduit d’animaux. De plus, nous nous attendons à ce que la déstabilisation du microbiote intestinal à travers l’antibiothérapie combinée aux gavages bactériens aboutisse à une atteinte hépatique augmentée. Les souriceaux seront en outre inclus dans la procédure d’alcoolisation seulement une fois sevrés et avec un poids suffisamment élevé, de 20 g pour les mâles et 19 g pour les femelles, au maximum 5 semaines post-naissance selon les courbes de croissance du fournisseur. Des souris aussi jeunes permettent de reproduire le comportement de binge drinking (alcoolisation ponctuelle importante) qui débute chez l’Homme au cours de l’adolescence. Nous nous attendons aussi à une atteinte hépatique plus marquée à un jeune âge suite à la colonisation dès la naissance par la bactérie, et qui serait potentialisée par les effets de l’alcool.