
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 12/03/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-054899)
600 souris sont saignées à l’aorte sous anesthésie générale puis tuées sans reprendre conscience, leurs plaquettes étant transfusées à 198 autres souris, dans des procédures d’un niveau de souffrance modéré. Ces dernières subissent cinq prélèvements à la queue étalés sur les deux heures qui suivent la transfusion, une partie recevant d’abord une injection par semaine pendant trois semaines pour provoquer une réaction immunitaire. Pour les donneuses, le porteur retient des mâles, à âge égal plus lourds que les femelles et donc porteurs d’un volume sanguin plus grand. Aucune n’est gardée en vie, le prélèvement étant terminal et les receveuses ne pouvant plus être réutilisées une fois leur système immunitaire stimulé.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
.Les patients pris en charge dans le cadre d’une chimiothérapie myelosuppressive ont besoin d’un support transfusionnel plaquettaire important et itératif. Cependant, dans certains cas, les plaquettes transfusées sont très rapidement éliminées de la circulation sanguine du receveur et la transfusion se révèle inefficace sur un plan thérapeutique, c’est ce qu’on appelle un état réfractaire. Les mécanismes liés à cette élimination ne sont pas totalement compris et cette absence de connaissances représente donc un réel frein au développement de stratégies thérapeutiques. Les objectifs de ce projet sont donc de pouvoir étudier finement les mécanismes qui conduisent à l’élimination des plaquettes transfusées. Pour atteindre cet objectif, il est nécessaire de modéliser l’état réfractaire chez le rongeur afin de pouvoir disposer d’un modèle pré-clinique qui nous permettra de tester différentes stratégies thérapeutiques dans le cadre de la prise en charge des patients en état réfractaire.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
La prise en charge des patients en état réfractaire repose actuellement sur la transfusion d’un produit plaquettaire dit « compatible » avec le receveru. C’est une solution qui n’est pas satisfaisante car elle ne peut pas être mise en place en cas d’urgence et requiert des ressources qui sont par définition limitées (le nombre de produit compatible par receveur est extrêmement restreint). Le bénéfice de ce projet à long terme pourra être une meilleure prise en charge des patients présentant un état réfractaire en utilisant des stratégies thérapeutiques efficaces pour amilorer l’efficacité transfusionnelle.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Il n’y aura aucune procédure faite sur animaux vigiles, les animaux recevront une anesthésie . Il n’y a pas de procédures chirurgicales avec réveil, les animaux subiront sous anesthésie générale un prélèvement à l’aorte (souris donneuses de plaquettes) qui dure moins de 5 minutes. Les souris receveuses subiront (sous anesthésie) une transfusion de plaquettes sanguines avec ou non un traitement pharmacologique puis des prélèvements à la queue itératifs sur les 2h suivant la transfusion (prélèvements à 1′, 5′, 15′, 30′, 2h).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Pour toutes les procédures, un stress lié aux manipulations est possible ainsi qu’un effet de l’anesthésie sur le rythme respiratoire (irrégulier ou apnée). Dans le cadre de la procédure liée à l’alloimmunisation, les injections répétées (une injection par semaine pendant 3 semaines consécutives) peut être associée à un risque de lésion au niveau du site d’injection. Il n’y a pas de nuisance attendue aux différents traitements reçus pour prévenir l’état réfractaire.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux sont mis à mort à la fin des procédures. Les animaux subissent en effet soit un prélèvement sanguin terminal ou des transfusions plaquettaires. Pour ces derniers, il n’est pas possible de les réutiliser dans d’autres expériences car il y a eu une stimulation du système immuniataire (production d’anticorps).
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’objectif principal de ce projet est de comprendre les mécanismes d’action des anticorpsconduisant à l’élimination des plaquettes transfusées. Cette question ne peut être abordée qu’in vivo Cette question ne peut être abordée qu’in vivo puisque l’élimination des plaquettes se fait dans un système intégré (circulation sanguine, composés plasmatiques, macrophages tissulaires). Cependant, nous avons mis au point des tests d’activation plaquettaire en réponse aux anticorps in vitro. ces tests seront mis à profit pour déterminer les doses des différentes molécules candidates à administrer pour prévenir l’état réfractaire.
2. Réduction
Le projet se fera par étapes, comme indiqué dans le déroulé du projet. Si l’état réfractaire est totalement inhibé avec une des approches, les conditions où plusieurs approches sont combinées ne seront pas testées. Le critère recherché est le temps de circulation de plaquettes in vivo. Nous effectuons donc une comparaison des courbes d’élimination des plaquettes en fonction du temps dans les souris traitées versus les souris non traitées Les effectifs ont été calculés au plus juste en tenant compte de la variabilité déjà observée dans ce genre d’expériences. Afin de réduire au maximum le nombre de souris donneuses, nous privilégierons les souris donneuses mâles. A âge équivalent, elles ont un poids plus important que les souris femelles et donc un volume sanguin plus important, ainsi nous pouvons isoler une quantité suffisante de plaquettes sanguines en utilisant moins d’animaux.
3. Raffinement
Une période d’acclimatation de 2 semaines entre l’arrivée des souris à l’animalerie et leur utilisation sera respectée. Pour réduire le stress provoqué par la manipulation des animaux, ceux-ci auront une phase d’habituation à la contention et à la manipulation. Le stress et la douleur de tous les animaux utilisés dans ce projet seront diminués au minimum: • Par l’hébergement dans des cages en fonction des groupes expérimentaux 3 jours avant l’expérimentation. Ces cages seront munies de particules de bois et enrichies avec des carrés de cellulose, bâtonnets de coton, frisure de papier, ce qui leur permet d’organiser leur environnement selon leurs besoins. Les animaux sont entre 2 et 5 par cage afin d’éviter le stress causé par l’isolement. • Par la mise en place de nourriture de type « pâté » 3 jours avant le début des expérimentations faisant intervenir une chirurgie • Par une anesthésie de l’animal avant et pendant la durée de l’opération • Par l’installation de l’animal sur une plaque chauffée à 38°C afin lutter contre l’hypothermie pendant l’expérimentation. • Par l’injection d’analgésique et d’antalgique avant chaque procédure chirurgicale • Par application d’ocrygel sur les yeux lors de l’anesthésie afin de les protéger. • Pendant toutes les expérimentations, les animaux sont surveillés par du personnel entrainé pour vérifier l’absence de signes de douleur grâce à des points limites spécifiques établis pour chaque procédure . Ces points limites permettront de soustraire l’animal aux procédures expérimentales et ainsi limiter sa souffrance et son inconfort.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est un animal pour lequel les modèles d’étude in vivo sont maitrisés, notamment les modèles de transfusion. Puisque nous souhaitons mimer la différence d’haplotype entre un donneur et un receveur, nous devons travailler avec des souris de fond génétique différents et très bien caractérisés au laboratoire. De plus,le modèle d’allo-immunisation post transfusionnelle est bien caractérisé et maîtrisé au laboratoire ce qui rend l’utilisation de la souris dans ce projet très pertinente. Les souris donneuses de plaquettes seront utilisées au stade adulte entre 2 et 6 mois. Cet âge correspond à la période utilisant des souris pubères et ne présentant pas encore de vieillissement. Les souris receveuses seront utilisées au stade adulte entre 7 et 20 semaines. Cet âge correspond à l’âge adulte et à une période où les souris n’ont pas un poids trop important qui nécessiterait d’injecter beaucoup plus de plaquettes et/ou des différentes molécules testées dans ce projet (nous utiliserons des souris dont le poids est compris entre 18 et 25g)