
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 18/12/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-062424)
1 360 cobayes vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Chaque animal est vacciné puis, 28 jours plus tard, reçoit en six points une injection intradermique de toxine diphtérique pour contrôler l’activité du vaccin, ce qui provoque des érythèmes et un inconfort dans les 48 heures. Le porteur indique qu’aucun antalgique ne peut être administré, faute de données sur son interaction avec l’essai. Il affirme que l’évaluation de l’activité du vaccin exige un « organisme entier » et qu’aucune méthode in vitro n’est disponible.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif du projet est de vérifier la conformité des vaccins contenant la valence diphtérie vis à vis de leur activité antidiphtérique avant leur libération sur le marché.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
La conformité des résultats d’activité des vaccins pour la valence antidiphtérique est réglementairement nécessaire à la libération des lots de vaccins et donc à leur mise à disposition des patients.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
6 jours après l’arrivée, chaque lot de cobayes est vacciné par voie sous-cutanée au niveau de l’aine avec une dose de vaccin comprenant la valence antidiphtérique. Cette vaccination dure moins de 30 s par animal. 28 jours après la vaccination, les animaux sont challengés avec différentes doses de toxine diphtérique pour vérifier la protection du vaccin. Pour cela chaque cobaye reçoit en 6 points 6 doses différentes de toxine. L’administration se fait par voie intradermique en 3 points sur chaque flanc préalablement rasé. Les injections de toxine durent environ 2 min par cobaye.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La vaccination par voie sous-cutanée n’entraine pas de nuisances visibles ni au niveau du comportement ni de l’aspect des animaux. L’administration de la toxine par voie intradermique 28 jours après n’entraine pas non plus de nuisances visibles au moment de l’injection. On peut néanmoins s’attendre à un léger stress lié à la contention et une douleur modérée pour ces injections. Dans les 48h suivant cette épreuve, les cobayes développent des réactions aux points d’injection sous forme d’érythèmes plus ou moins étendus qui peuvent créer un inconfort.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A la fin d’un essai tous les animaux sont euthanasiés car ils ne peuvent être réutilisés en essai.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
La réponse immunitaire engendrée par la vaccination nécessite l’organisme entier. A ce jour aucune méthode in vitro n’est disponible pour évaluer l’activité des vaccins diphtériques.
2. Réduction
Plusieurs stratégies permettent de limiter l’utilisation des animaux : – contrôle en méthode monodose lorsque la méthode a pu être validée, -optimisation des essais : le test de plusieurs lots de vaccins en même temps versus une même référence est privilégié lorsque la programmation des essais le permet -limitation des retests au maximum – mise en place de « reducing »: contrôle d’un pourcentage de la production et non de tous les lots pour certains vaccins dont la stabilité de la production a été prouvée.
3. Raffinement
L’enrichissement mis à disposition des animaux est le suivant: – Mise à disposition permanente de foin compressé – Utilisation de tubes en PVC servant de cachette en semaine, remplacés par des balles les week-ends. En cas d’observation d’anomalies du bien-être, les animaux sont isolés et bénéficient d’une surveillance renforcée. Si l’anomalie engendre une souffrance trop importante, les animaux sont immédiatement euthanasiés. Les médications antalgiques ne peuvent pas être administrées en l’absence de connaissances sur leurs interactions avec l’essai.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le cobaye est le modèle le plus sensible utilisé pour les essais basés sur les réactions dermiques inflammatoires c’est pourquoi il a été retenu par la Pharmacopée Européenne. Les cobayes pèsent entre 250 et 300 g à leur arrivée ce qui correspond à un âge de 4-5 semaines.