
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 21/02/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-068859)
28 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Des femelles gestantes reçoivent dans leur eau de boisson un composé qui abaisse leur taux d’hormone thyroïdienne, puis les animaux sont tués pour prélever leurs intestins et mettre en culture leurs cellules gliales. Le porteur indique que le traitement pourrait perturber l’alimentation et provoquer de l’agressivité, et qualifie l’effectif de réduit au strict minimum. L’objectif déclaré est d’étudier, avec une équipe chilienne, l’effet d’une carence thyroïdienne maternelle sur l’inflammation intestinale de la descendance.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les hormones thyroïdiennes maternelles sont essentielles au développement et à la différenciation cellulaire du fœtus. Des carences en hormones thyroidiennes maternelles affectent de manière irréversible le développement du système nerveux central, des poumons, de l’intestin, des muscles squelettiques, des os, de la réponse immunitaire et de la réponse physiologique au stress chez la descendance. L’hypothyroxinémie gestationnelle (HTX) est une forme d’hypothyroïdie dans laquelle la concentration sanguine de T3 (l’hormone thyroïdienne active) est normale alors que celle de T4 (précurseur de T3) est diminuée. Cette anomalie en T4 peut être la conséquence d’un régime alimentaire pauvre en iode ou d’une hypertension. Des modèles d’HTX maternelle chez la souris et le rat montrent l’existence de troubles digestifs chez la descendance associé à une inflammation intestinale. On sait que les cellules gliales entériques du système nerveux entérique jouent un rôle central dans la physiologie intestinale et dans les mécanismes inflammatoires au niveau intestinal. Cependant, on ignore l’impact d’une HTX maternelle sur les cellules gliales entériques. L’objectif du projet sera d’étudier l’impact d’une HTX maternelle sur le statut inflammatoire des cellules gliales entériques et leur réponse à différents agents inflammatoires, et cela sur la descendance à l’adolescence et au stade adulte.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
L’hypothyroxinémie maternelle constitue un facteur de risque de développer des maladies inflammatoires intestinales plus tard au cours de la vie. Le système nerveux entérique, et en particulier les cellules gliales entériques, sont des acteurs majeurs dans les processus inflammatoires de l’intestin. Cependant, les conséquences de l’hypothyroxinémie sur le statut inflammatoire des cellules gliales entériques sont encore largement inconnues. Dans ce contexte, l’étude dans un modèle rongeur de l’impact d’une hypothyroxinémie maternelle sur les cellules gliales entériques présente un réel intérêt pour la compréhension des mécanismes impliqués, mais également dans la perspective d’un traitement thérapeutique des atteintes inflammatoires de l’intestin associés à une hypothyroxinémie. Cette étude sera réalisée et financée en collaboration avec une équipe du Chili.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux ne seront pas soumis à des interventions invasives. La seule intervention est l’addition de 0,02% de 2-mercapto-1- methylimidazole (MMI) dans l’eau de boisson des mères gestantes entre le stade gestationnel 10 et 14 jours après accouplement.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les nuisances attendues seraient faibles. Les animaux pourraient ne pas supporter le traitement et avoir une alimentation modifiée entrainant une absence de prise de nourriture. Les animaux pourraient avoir un comportement altéré induisant une agressivité. Tous ces signes seront observés quotidiennement au cours du traitement.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Mise à mort des animaux pour collecter les intestins des animaux afin de récupérer les cellules et les mettre en culture.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Le modèle de culture de cellules gliales nécessite l’utilisation d’intestins d’animaux. Pour notre étude des conséquences de l’hypothyroxinémie sur le statut inflammatoire des cellules gliales entériques, nous ne pouvons pas remplacer l’utilisation de rongeurs.
2. Réduction
Le nombre d’animaux est réduit au strict minimum. Nous avons décidé de réaliser une étude préliminaire avec au total 8 souris gestantes (4 contrôles et 4 traitées) afin de définir le meilleur stade pour mettre en culture les cellules gliales. A l’issue de ces tests, 10 souris gestantes contrôles et 10 traitées sont prévues. La culture de cellules gliales se fait en collectant les ganglions à la suite de différents traitements et les intestins de souris sont petits. Pour avoir suffisamment de « matériel » pour effectuer la culture, nous avons besoin de 10 souris gestantes/condition. Nous estimons que nous aurons 6-7 souriceaux max/femelle gestante.
3. Raffinement
Le bien être animal sera pris en compte tout au long de l’expérimentation. Nous recevrons les femelles gestantes 4 jours avant le début du traitement. Les animaux seront hébergés dans des cages avec de la litière et des enrichissements tels que des frisottis pour se faire des nids. Une observation quotidienne sera effectuée tout au long du traitement (de 10 à 14 jours après l’accouplement). A la naissance, les petits seront hébergés avec leur mère et ce jusqu’au sevrage à 21 jours après la naissance. Les signes cliniques seront observés et les animaux seront exclus de l’étude s’ils présentent 2 ou 3 signes cliniques notables ou 1 seul des signes cliniques sévères.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris a été choisie pour ce projet car l’induction d’une hypothyroxinémie chez une mère gestante est bien caractérisée dans cette espèce. En effet , des résultats préliminaires ont déjà été obtenus chez la souris par nos collaborateurs du Chili. Les souris gestantes seront réceptionnées au stade gestationnel 6 jours après accouplement et recevront 0,02% de 2-mercapto-1-methylimidazole (MMI) dissout dans l’eau de boisson entre le stade gestationnel 10 et 14 après accouplement. En parallèle, les animaux témoins recevront de l’eau de boisson classique. Les mères seront gardées jusqu’au sevrage des souriceaux, qui seront gardés eux-mêmes jusqu’à l’âge 30 ou 55 jours, correspondant respectivement à un stade adolescent ou adulte.