
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-04-21 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-077459)
40 porcs vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures classées en souffrance légère. Ils subissent une IRM et deux examens d’imagerie TEP de trois heures chacun sous anesthésie générale, avec prélèvements sanguins, le second examen s’achevant par la mise à mort car la chirurgie posée empêche le réveil. Le porteur développe de nouveaux radiotraceurs pour l’imagerie du cerveau et situe l’application chez l’humain dans quelques années. Il justifie le choix du porc par la taille de son cerveau et son organisation neurochimique proches de celles de l’humain, et par un « coût raisonnable ».
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les objectifs du projet sont la recherche et le développement de nouveaux radiotraceurs pour la TEP (tomographie par émission de positons) dans le cadre des pathologies psychiatriques (troubles de l’humeur incluant la dépression unipolaire) et neurologiques (Alzheimer et troubles neurodégénératifs associés) ainsi que les troubles de la prise alimentaire. La TEP est une technologie d’imagerie permettant d’explorer les systèmes de neurotransmission et les modifications physiopathologiques du cerveau : elle permet de visualiser et de quantifier des récepteurs ou des transporteurs participant au fonctionnement normal du cerveau, ou bien des protéines s’accumulant de manière anormale. L’objectif de ces développements et validations pré-cliniques de radiotraceurs est de pouvoir proposer, dans quelques années, des radiopharmaceutiques TEP utilisables chez l’Homme et dont l’imagerie sera un apport pour le diagnostic, la compréhension physiopathologique et l’évaluation thérapeutique.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La mise au point d’un radiotraceur spécifique et sélectif des récepteurs à la sérotonine permettrait une meilleure compréhension de leur implication dans certaines pathologies neurologiques telles que la maladie d’Alzheimer ou la prise alimentaire. Pouvoir proposer, dans quelques années, des radiopharmaceutiques utilisables en Tomographie par Émission de Positons (TEP) chez l’Homme et dont l’imagerie sera un apport pour le diagnostic, la compréhension physiopathologique et l’évaluation thérapeutique.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Cruelty Free International a établi en 2018 que les résumés allemands et britanniques, les seuls examinés à ce jour, décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront soumis à un examen d’imagerie IRM (imagerie par résonance magnétique) et deux examens d’imagerie TEP (tomographie par émission de positons). Ces examens appelés TEST et RE-TEST auront chacun une durée de trois heures durant lesquelles les animaux seront sous anesthésie générale et analgésie morphinique, des prélèvements sanguins seront réalisés lors du second examen.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Cruelty Free Europe a mesuré en 2024 que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces deux pays sont les seuls dont les résumés ont été examinés. Les résumés français relèvent du même modèle européen, et leur qualité n'a jamais été mesurée.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La procédure expérimentale est décomposée en 3 examens d’imagerie une IRM (imagerie par résonance magnétique) et deux TEP. Lors du premier examen avec réveil de l’animal ; le porc sera en anesthésie générale, intubé et un aura un cathéter sur une veine de l’oreille. Les nuisances sont le stress lors de la prémédication et l’injection intra-musculaire d’un mélange de médicaments d’anesthésies sans contention de l’animal. La nuisance provient de la piqûre, ainsi que la douleur générée par l’injection du mélange. La procédure est suivie de la mise en place d’un cathéter dans une veine périphérique du pavillon de l’oreille après administration de la prémédication sédative. A partir de cette étape, l’animal est maintenu sous anesthésie générale profonde. Lors du deuxième examen sans réveil de l’animal, la prémédication est la même, l’animal est maintenu sous anesthésie générale profonde, et ceci jusqu’à sa mise à mort. Un défaut d’anesthésie général pourrait être source de nuisances et avoir comme effets indésirables : la persistance du réflexe oculopalpébral, myoclonies, mouvements respiratoires spontanés, lutte contre le respirateur, étirement ou agitation des membres, hypertension.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
A l’issu du second examen d’imagerie, l’animal sera euthanasié, en effet, la chirurgie mise en place (trachéotomie, cathéters veineux et artériels) ne permettent pas son réveil.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Un modèle animal est nécessaire car nous souhaitons étudier le devenir des traceurs dans les tissus. Nous avons donc besoin des organes entiers dans leur environnement ainsi que d’une circulation sanguine efficace pour assurer la biodistribution du traceur dans l’organisme.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le nombre prévu d’animaux est maximum. Il n’existe pas de test de puissance disponible pour déterminer le nombre optimal d’animaux, car il s’agit de nouveaux radiotraceurs dont les caractéristiques ne sont pas encore connues. Par contre, l’étude réalisée pourra servir de base pour les tests de puissance de projets futurs utilisant ce même radiotraceur. Les données seront analysées au fur et à mesure et dès que les paramètres attendus seront obtenus, le protocole s’arrêtera. De la même manière, si les paramètres attendus sont jugés non atteignables (pas de pénétration intracérébrale du traceur par exemple), la procédure s’arrêtera. Les modalités d’imagerie in vivo ont l’avantage de permettre un suivi longitudinal des animaux, diminuant ainsi leur nombre, chaque animal qui entrera en campagne d’expérimentation aura 3 examens d’imagerie (une IRM et deux TEP).
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Pour la prémédication, l’implantation du trocart se fait au niveau du jarret sans contention physique, en utilisant un prolongateur préconnecté au trocart. Lors des examens d’imagerie, l’animal sera sous anesthésie générale avec une analgésie adaptée à ce type procédure, permettant à l’animal de ne ressentir aucune douleur. Nous appliquerons des points limites stricts et spécifiques de la procédure. Enfin, il sera possible aussi de collecter certains tissus en post mortem (flancs, oreilles, vessie…) pour permettre à d’autres laboratoires de réaliser des tests. Du sang pourra également être prélevé. Le cerveau sera prélevé pour alimenter une collection de données en cas de validation d’un radiotraceur candidat.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le porc est le modèle non primate le plus proche de l’Homme, à la fois anatomiquement et physiologiquement. En effet, la taille de son cerveau est compatible avec la résolution de la caméra TEP sur laquelle seront réalisés les examens d’imagerie et son organisation neurochimique est proche de celle de lHhomme, ce qui favorise l’aspect translationnel du projet. Son volume sanguin total permet des prélèvements répétés pendant l’acquisition TEP, afin de modéliser les caractéristiques cinétiques des radiotraceurs testés. Il présente de plus un coût raisonnable par rapport aux bénéfices escomptés. Nous utiliserons des porcs jeunes adultes, d’environ 11 à 12 semaines, ayant un poids d’environ 35 kg. La taille et le poids des animaux sont compatibles avec une manutention aisée lors des expériences et sont adaptés au champ de vue de la caméra TEP.