
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 10/06/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-078603)
Une tumeur est implantée sous la peau, puis jusqu’à cinq injections d’anticorps dans la veine de la queue : 48 souris sont utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, toutes tuées à l’issue. La croissance tumorale peut gêner leurs déplacements et les injections répétées risquent d’irriter ou de nécroser la veine. Le projet cherche une dose d’immunothérapie volontairement sous-optimale, à combiner ensuite avec des ultrasons. Les tumeurs sont prélevées après la mise à mort.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce projet s’inscrit dans une étude globale qui vise à potentialiser l’effet de l’immunothérapie par les ultrasons par recrutement du système immunitaire et par action sur le microenvironnement tumorale. Les modèles de cancers choisis sont le mélanome car il est sensible à l’immunothérapie et le cancer du sein triple négatif car il est peu sensible à l’immunothérapie. Le mélanome est un cancer de la peau agressif qui touche environ 330 000 nouvelles personnes chaque année dans le monde, avec une incidence en hausse constante. Le cancer du sein triple négatif, une forme particulièrement agressive et difficile à traiter, représente environ 10 à 15 % des cancers du sein, soit environ 225 000 nouveaux cas par an dans le monde. Nous allons viser un dosage de l’immunothérapie pour obtenir un effet partiel à optimiser avec un traitement complémentaire, représenté dans notre étude globale par les ultrasons. Le but de ce projet est de déterminer une dose d’immunothérapie sous-optimale pour le mélanome et le cancer du sein, permettant d’observer une réponse immunitaire partielle dans la tumeur.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les bénéfices attendus concernent la santé humaine, à long terme. Ce projet permettra par la suite d’utiliser ces modèles pour tester des combinaisons d’immunothérapie et d’ultrasons. En cas de succès, ce serait une réelle avancée en termes de prise en charge des patients atteints de mélanome, et de cancer du sein triple négatif. Ce projet permettra de mettre au point des modèles qui pourront être utilisés pour d’autres projets. La combinaison des traitements en clinique permettra de réduire les effets secondaires engendrés par l’immunothérapie et pourrait être appliquée dans d’autres types de cancers.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront anesthésiés pour une injection sous la peau de cellules tumorales (3 minutes). Les animaux seront manipulés 3 fois par semaine pour les peser et pour observer la pousse tumorale et ils recevront jusqu’à 5 injections intraveineuses.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Une injection de cellules en sous cutané entraînant une croissance de tumeur peut entraîner une gêne à la locomotion. Le suivi tumoral au pied à coulisse sera réalisé sur les animaux en contention et donc générera du stress et éventuellement une douleur au niveau de la tumeur. Les injections intraveineuses répétées d’anticorps via la veine caudale, associées à des contentions successives, peuvent également induire du stress, des douleurs locales au point d’injection ainsi qu’un risque d’irritation ou de nécrose de la veine. Avec l’injection d’anticorps, un risque de GVHD est possible (réaction immunitaire), pouvant entraîner des douleurs ou crampes abdominales, et diarrhées.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux seront mis à mort car les mesures réalisées pour ce projet seront faites sur les tumeurs prélevés après la mise à mort de l’animal pour vérifier que l’immunothérapie génère une réponse immunitaire.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Afin d’établir et d’affiner toute l’étude globale, nous nous sommes basés sur plusieurs informations qui ont été données via des études sur des cultures de cellules 3D. En effet dans le but d’avoir des paramètres optimaux pour la finalité de notre étude, c’est-à-dire, combiner nos traitements, il est intéressant de savoir que l’élasticité est augmentée après traitement par ultrasons. Cependant, les interactions entre le système immunitaire et la tumeur sont complexes et impactées par différents organes lymphoïdes (la rate, les ganglions), ainsi que par différents paramètres de la tumeur (structure cellulaire, rigidité). L’étude de l’efficacité de l’immunothérapie ne peut se faire qu’au niveau de la tumeur dans son micro-environnement et avec ses interactions avec l’organisme entier.
2. Réduction
Les effectifs des groupes ont été calculés avec des outils statistiques.
3. Raffinement
Une anesthésie sera mise en œuvre lors de la procédure qui le nécessite. Un traitement anti-douleur sera administré si nécessaire. Les animaux seront placés sur litière en cellulose afin de limiter les risques d’ulcération, d’irritation ou de nécrose tumorale. Des points limites stricts et spécifiques au projet sont définis afin de permettre un arrêt précoce de la procédure en cas d’atteinte au bien-être animal.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est la plus petite espèce qui développe des tumeurs suffisamment grosses pour être traitées par ultrasons. Nous avons choisi des souris âgées de 6 semaines au moment de l’implantation du modèle, car d’une part la prise tumorale est meilleure sur les individus jeunes, ce qui permet de diminuer le nombre d’animaux à utiliser. D’autre part, le traitement débutera entre 8-9 semaines, 8 semaines étant l’âge auquel leur système immunitaire est mature.