
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 11/05/2022
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-095569)
1 140 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles subissent une chirurgie du cerveau avec injection d’un virus faisant surexprimer une protéine liée à la maladie de Parkinson, puis des séances d’imagerie sous anesthésie et des tests comportementaux que le porteur qualifie de « non invasifs » sans les détailler. Les animaux sont tués pour analyse du tissu cérébral. Le porteur affirme avoir besoin d’un « modèle intégré » que la culture cellulaire ne remplace pas, et présente le suivi par bioluminescence comme un moyen de réduire le nombre d’animaux.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les modèles de neurodégénérescence induite chez la souris sont bien établis au sein de notre institut. Certains sont basés sur l’injection intracérébrale de virus permettant la surexpression d’alpha-synucléine (protéine abondante dans le cerveau et dont l’agrégation provoque une dégénérescence de certains neurones) mutée (A53T) ou d’injection de fibrilles synthétiques d’alpha-synucléine, formes toxiques de la synucléine, qui serait une des causes de la mort des neurones dopaminergiques et des problèmes moteurs conséquents. L’accumulation d’alpha-synucléine n’est étudiée que post-mortem chez l’animal.Les objectifs sont doubles : 1/ Tout d’abord la création d’un modèle de surexpression de l’alpha-synucléine mutée couplée à la production de la NanoLuc, protéine traçable in vivo au cours du temps et qui permettra le suivi de l’évolution du syndrome pathologique. Pour cette approche in vivo, nous comparerons la souche C57Bl6 et son équivalent albinos pour s’affranchir de la pigmentation de la peau. 2/ En plus de cette évolution pour ce modèle, nous souhaitons aussi améliorer l’infection et la transduction des virus dans les neurones dans le cerveau chez la souris, en affinant la méthode d’injection intracérébrale (grâce à l’utilisation de fibroine, comme protéine facilitante).
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les bénéfices attendus, sont : La création d’un modèle de surexpression de l’alpha-synucléine mutée couplée à la production d’une protéine traçable in vivo au cours du temps, ce qui permettra le suivi de l’évolution du syndrome pathologique à différents temps et sans sacrifier les animaux, ainsi de limiter le nombre d’animaux utilisés dans nos recherches. L’amélioration de l’infection et de la transduction des virus dans les neurones dans le cerveau chez la souris, en affinant la méthode d’injection intracérébrale.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Chirurgie stéréotaxique : 30 minutes par animal, une seule fois dans l’étude, sous anesthésie gazeuse et couverture analgésique. Imagerie in vivo : 10 minutes sous anesthésie gazeuse. Deux sessions de comportement classique non invasif, durée 2H à 10 semaines et 20 semaines postchirurgie. Nuisances dues au transport entre les deux animalerie pour les souris qui suivront l’imagerie in vivo.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Ils sont représentés par l’utilisation de la chirurgie stéréotaxique, mais bien cadrés par l’utilisation d’analgésiques adaptés et d’un suivi régulier des animaux.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux (sauf ceux qui sont transférés pour l’imagerie) sont mis à mort à la fin de chaque étude afin de réaliser une étude histologique et biochimique du tissu cérébral.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Nous souhaitons améliorer un modèle du laboratoire, en optimisant la transduction virale et ainsi l’expression des formes pathologiques de synucléine. Nous avons besoin d’un modèle intégré ce qui n’est pas le cas avec des alternatives comme la culture cellulaire. En amont de nos expériences in vivo, le matériel biologique virus, fibroine..etc est testé en culture cellualire afin de valider leur efficacité, de déterminer les concentrations nécessaires et de valider un protocole expérimental correct.
2. Réduction
Nous utilisons des tests comportementaux qui sont non invasifs et permettent un suivi au long cours sur un même animal. Le développement de modèles avec un suivi en bioluminescence qui est non invasif pour les animaux, permet des études longitudinales et ainsi une diminution du nombre d’animaux utilisés.
3. Raffinement
Acclimatation : une période de deux semaines permet une bonne acclimatation des animaux à leur nouvel environnement. Hébergement : les animaux sont hébergés dans des conditions veillant au respect de leur bien-être (en fratrie) et avec un milieu enrichi afin de limiter leur stress. Les animaux sont suivis quotidiennement afin de détecter tout inconfort ou souffrance. Une étroite collaboration entre le personnel de l’animalerie et notre équipe d’expérimentateurs, permet d’intervenir immédiatement sur les animaux en cas de nécessité. Contention : les animaux sont manipulés avec soin par un personnel formé qui maitrise des méthodes de préhensions douces, les animaux sont attrapés soit par la peau du dos soit dans des tubes, afin de ne pas les manipuler par la queue. Chirurgie : une attention particulière est apportée pour un maintien de l’aseptie pendant la période opératoire. Formation : une grande maîtrise technique est demandée à nos expérimentateurs qui sont régulièrement formés au sein de l’institut pour le bien-être animal.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les modèles de neurodégénérescence induite chez la souris sont bien établis au sein de notre institut. Ces travaux d’étude des maladies neurodégénératives en utilisant la souris comme modèle sont largement decrits dans la littérature ce qui nous donne une base solide pour valider nos résultats. Les animaux seront utilisés à l’âge adulte qui est compris entre 8 et 12 semaines.