
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 08/12/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-107922)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La fibrose hépatique correspond à une accumulation anormale de tissu cicatriciel dans le foie, qui apparaît lors de nombreuses maladies chroniques du foie. Aujourd’hui, il n’existe aucun traitement capable de stopper ou de faire régresser cette fibrose, ce qui explique la nécessité de mieux comprendre comment elle se développe. Dans ce projet, nous nous intéressons à une protéine appelée IRE1, présente dans les hépatocytes (les principales cellules du foie). Des études ont montré que cette protéine est fortement activée lorsque le foie est agressé et que son fonctionnement pourrait jouer un rôle important dans l’apparition de la fibrose. L’objectif de notre étude est de déterminer si l’absence d’IRE1 dans les hépatocytes peut protéger le foie contre la fibrose, en utilisant un modèle bien établi chez la souris, basé sur l’administration répétée d’une substance appelée CCl₄. En comprenant mieux le rôle d’IRE1 dans ce processus, nous espérons contribuer à l’identification de nouvelles pistes pour lutter contre la fibrose hépatique.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet vise à déterminer si IRE1 constitue une cible thérapeutique potentielle dans la fibrose hépatique, une pathologie pour laquelle aucun traitement spécifique n’est actuellement disponible. Il permettra également de préciser la contribution de la réponse UPR à la physiopathologie de la fibrose, et ainsi de mieux caractériser le rôle d’IRE1α en vue de son ciblage thérapeutique.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les souris auront une administration par voie intrapéritonéale de CCl4 d’une durée de 10 secondes par souris, 2 fois par semaine pendant 4,5 semaines.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les souris recevront une injection de CCl₄ ou de son véhicule (huile d’olive) deux fois par semaine pendant 4 semaines (douleur légère de courte durée au moment de l’injection). Ce traitement induira le développement d’une fibrose hépatique, qui reste asymptomatique chez la souris (comme chez l’homme) (sans douleur).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux seront mis à mort à la fin de la procédure afin de prélever le foie.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Des approches non animales existent dans le domaine de l’étude des mécanismes de fibrose hépatique, notamment les cultures d’hépatocytes ou de cellules stellaires, les cocultures, les modèles tridimensionnels (organoïdes) ou encore certaines simulations in silico. Ces méthodes sont utiles pour étudier des mécanismes moléculaires spécifiques, mais elles ne permettent pas de reproduire la complexité physiopathologique de la fibrose hépatique, qui implique l’interaction coordonnée entre hépatocytes, cellules stellaires, cellules immunitaires, inflammation, remodelage tissulaire et modifications du microenvironnement hépatique. Elles ne permettent donc pas de répondre aux objectifs du projet. Nous avons déjà utilisé des approches in vitro pour caractériser le rôle d’IRE1 dans les hépatocytes, mais la suite du projet nécessite impérativement un modèle intégrant un foie complet, perfusé, soumis à une agression chronique, ce qu’aucune alternative non animale ne permet aujourd’hui. Des alternatives animales partielles (tranches de foie, foies perfusés, modèles ex vivo) ont également été envisagées, mais elles ne reproduisent pas la fibrose qui résulte d’une maladie chronique, avec une dynamique d’activation des cellules stellaires sur plusieurs semaines. Elles ne permettent pas non plus d’évaluer l’effet d’une délétion génétique hépatocytaire spécifique dans un environnement physiologique complet. Ainsi, l’utilisation d’un modèle animal est indispensable pour étudier le rôle d’IRE1 dans la fibrose hépatique et aucune alternative, animale ou non animale, ne permet d’atteindre les objectifs scientifiques du projet.
2. Réduction
Le nombre de souris nécessaire a été déterminé comme celui permettant de démontrer une différence statistiquement significative de 30 % du paramètre étudié (aire de fibrose hépatique). Les résultats seront analysés grâce à un test statistique non paramétrique.
3. Raffinement
Nous effectuerons un suivi quotidien des souris tout au long du protocole en observant leur comportement et les indices pouvant suggérer une douleur. Si nous observons une douleur chez un animal, cela entraînerait sa mise à mort anticipée. Par ailleurs, les animaux sont hébergés en présence de papier kraft et de carrées de coton pour faire le nid, ainsi que des maisonnettes et des dômes en cellulose. L’injection de CCl4 sera réalisée par une personne expérimentée qui maîtrise donc parfaitement le geste ce qui réduit le temps nécessaire pour le réaliser et donc le temps de contention de la souris.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle « souris » présente l’avantage de permettre l’utilisation des souris génétiquement modifiées afin d’identifier les mécanismes cellulaires et moléculaires responsables du développement de la fibrose hépatique. Dans ce projet, nous utiliserons les souris KO IRE1 dans les hépatocytes pour lesquelles la protéine IRE1 est spécifiquement invalidée dans les hépatocytes. La fibrose hépatique sont des processus qui surviennent chez l’adulte, nous utiliserons donc des animaux âgés de plus de 8 semaines dans notre étude.