
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 13/02/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-112522)
240 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures classées en souffrance sévère. Une partie subit une chirurgie de greffe de cellules tumorales dans le pancréas sous anesthésie, d’autres une greffe intraveineuse, puis des traitements par injections, avec développement de tumeurs pancréatiques et de métastases pulmonaires pouvant provoquer perte de poids et difficultés respiratoires. Le porteur étudie l’inhibition de la thromboinflammation dans ce cancer très agressif, les nouvelles combinaisons de traitements étant présentées comme un « espoir thérapeutique fort ». Il indique développer des modèles cellulaires en 3D en amont, tout en concluant au recours à la souris.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les carcinomes canalaires pancréatiques sont classés comme des tumeurs très agressives par l’Organisation mondiale de la santé. Ils se caractérisent par une invasion étendue du pancréas et des organes distants, principalement en raison de mécanismes de résistance aux traitements anticancéreux. La prise en charge thérapeutique de ces tumeurs repose généralement sur une chimiothérapie et/ou radiothérapie. Lorsque cela est possible, l’ablation partielle ou totale de la tumeur améliore la survie des patients. Cependant, malgré ces traitements lourds, la survie des patients est actuellement estimée à environ 6 à 12 mois. L’objectif de ce projet est d’étudier, dans un premier temps, l’effet de perte de fonctions des galectines sur le développement de ces tumeurs en combinaison ou pas avec les traitements inhibant le recrutement des cellules thromboinflammatoires. Dans un deuxième temps, nous étudierons l’effet de cette perte de fonction et ces inhibiteurs sur la dissémination métastatique des tumeurs.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
A ce jour, les ACCP représentent des cancers très agressifs et réfractaires à tous types de traitement. Ainsi, la mise en évidence de nouveaux traitements ou de nouvelles combinaisons de traitements représenterait une avancée majeure dans la prise en charge thérapeutique de ces patients et un espoir thérapeutique fort pour d’autres types de tumeurs agressives et réfractaires. Notre étude s’attache à mieux comprendre, modéliser, et cibler la croissance tumorale, le microenvironnement tumoral et la dissémination métastatique afin de contrecarrer la résistance aux traitements et les mécanismes d’échappement.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Des souris subiront une chirurgie lors de la greffe intra-pancréatique des cellules tumorales. Celle-ci sera réalisée sous anesthésie adaptée et analgésie (1 fois, durée : 10min). D’autres souris auront une greffe cellulaires en intraveineux sous anesthésie (1 fois, durée 1min). Des animaux subiront des traitements par injections intraveineuses (durée : 1min) (nombre : 3 fois, espacés de 3 jours ou 5 jours).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La chirurgie pourrait entrainer une hémorragie chirurgicale ou une infection générale sont des complications exceptionnelles de la procédure (jamais rencontrées). Ces animaux développeront des tumeurs pancréatiques, qui peuvent entrainer la perte de poids. L’injection intraveineuse de cellules pourrait entrainer une irritation. Ce projet est bien caractérisé et des tumeurs métastatiques apparaissent rapidement dans les poumons (principalement), ceci pourrait entrainer des difficultés respiratoires. Des tumeurs métastatiques peuvent aussi être retrouvées dans d’autres organes tels que le foie, la rate et les ganglions. Lors des traitements : un stress peut être engendré par des contentions multiples, une irritation au point d’injection pourrait apparaitre.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort pour analyses histologiques détaillant des effets thérapeutiques observés
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Notre laboratoire développe des modèles cellulaires en 3 dimensions permettant de remplacer une partie des études précliniques chez la souris en testant sur des cellules l’efficacité des drogues. Seules les drogues ayant montré un effet significatif sur l’inhibition de l’agressivité des cellules tumorales seront testées chez la souris. Ces systèmes cellulaires comportent des limites et ne récapitulent pas toute la complexité de l’organe ce qui explique le recours à des animaux pour étudier les échanges cellulaires et moléculaires qui prennent place dans la progression tumorale et la dissémination métastatique.
2. Réduction
Nous allons diviser les études en deux groupes : une étude de la progression de la tumeur qui durera 30 jours et une étude de la dissémination métastatique des cellules cancéreuses qui durera 15 jours. Un nombre croissant d’études révèlent la présence d’un dimorphisme sexuel pouvant conduire à une mauvaise interprétation des résultats. Des tests statistiques ont été utilisés afin de déterminer le nombre d’animaux nécessaires par groupe qui permettent à la fois de réduire le nombre total d’animaux nécessaires tout en préservant la significativité des résultats et leur robustesse. Cela nous permettra d’obtenir des conclusions pertinentes et d’éviter toutes répétitions expérimentales.
3. Raffinement
Les animaux seront hébergés ensemble dans un environnement confortable pour éviter qu’ils ne soient stressés. Les personnes en charge des animaux et de l’expérience surveilleront leur comportement tous les jours pour détecter toute douleur ou souffrance. Les expériences et les procédures seront effectuées de manière à minimiser le stress et à garantir le bien-être animal. Les souris seront suivies régulièrement pour détecter tout signe de souffrance, et si nécessaire, elles seront euthanasiées. Avant toute intervention chirurgicale, les souris recevront des anti-douleurs et seront surveillées de près pendant 48 heures après l’opération. Pendant l’anesthésie, les yeux des souris seront protégés pour éviter qu’ils ne se dessèchent, et les souris seront maintenues au chaud sur un tapis chauffant pour les garder à une température corporelle confortable.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Nous avons choisi d’utiliser des souris car la souris est génétiquement très proche de l’Homme. Les expériences sur les souris permettent d’avoir des analyses statistiques plus étendues comparées à des animaux de plus grande taille. Le modèle permettra de bien comprendre les mécanismes immunologiques émis par le microenvironnement tumoral pendant la progression tumorale et la dissémination métastatique et lors des réponses aux traitements. Nous utiliserons des souris adultes âgées de 8 à 12 semaines pour toutes les études. A ces âges, les animaux présentent des caractéristiques adultes et sont réceptifs à la prise des greffes.