Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Jusqu’à sept zones de tir sur la peau au-dessus du foie pour un même lapin, en une séance d’une heure trente : 60 lapins vont être utilisés, maintenus en hyperextension sur un support, opérés sous anesthésie générale et tués avant tout réveil. Les ultrasons focalisés à haute intensité doivent y provoquer des brûlures du premier au second degré, auxquelles s’ajoutent un endommagement du foie et un risque de blessure lié à la position. L’étude sert à vérifier, pour l’entreprise qui la soumet, qu’un protocole plus rapide de destruction des varices ne brûlera pas la peau des patients. Le porteur affirme que le lapin est « le meilleur modèle pour l’étude de l’échauffement cutané », les brûlures observées sur cochon ou sur brebis correspondant selon lui à des couches plus profondes.

NTS-FR-118155v1
Types de recherche
· Recherche fondamentale · Système cardiaque ·
Mots-clés
Amélioration, Ultrasons Focalisés à Haute Intensité, Efficacité, Varice, Sécurité
Lapins : 60

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).

Dans quel but fait-on ça ?

Réponse du laboratoire :

La technologie des ultrasons focalisés permet de détruire des veines pathologiques (varices par exemple) sans incision. Une sonde émet des ultrasons qui traversent la peau et se concentrent sur le tissu à traiter où ils induisent un échauffement local important. Le geste est guidé en temps réel par échographie. Dans ce contexte, le but de cette étude est de valider la sécurité des paramètres de traitement avant passage sur l’homme pour le traitement des varices. Un protocole de traitement est déjà appliqué en clinique actuellement et l’objectif de cette étude est de proposer un protocole permettant un traitement plus rapide tout en traitant un plus grand nombre de veines : – Les veines plus superficielles (jusqu’à 6 mm sous la peau alors qu’il est aujourd’hui possible de ne traiter des veines qui sont au maximum à 9 mm sous la peau). Lors des traitements de ces veines superficielles, il existe un risque important de créer des dommages entre la peau et la veine traitée. – Les veines plus profondes (jusqu’à 30 mm sous la peau). Par ailleurs en vue d’accélérer le protocole de traitement, de nouvelles impulsions ultrasonores avec de nouveaux paramètres doivent être développés. Il est nécessaire pour proposer un nouveau protocole de traitement de vérifier que celui-ci ne présente pas de risques pour le patient notamment de risques de brulure de peau. L’objectif de l’étude est donc de : • Vérifier que le traitement ne crée pas de brulures de peau. Des traitements aigus seront réalisés pour constater les effets du traitement sur la peau de l’animal.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).

Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ?

Réponse du laboratoire :

A court terme, l’étude permet à l’entreprise qui la soumet de mieux comprendre les problématiques liées à l’utilisation d’ultrasons focalisés à haute intensité notamment lors de traitement de veines superficielles. Plusieurs paramètres comme la fréquence des ultrasons, l’enveloppe du signal utilisé seront étudiés et les impacts des changements sur ces paramètres pourront être directement étudiés, le tout permettant de mieux comprendre les ondes avec lesquelles les opérateurs travaillent. Il sera ainsi possible de modifier ces paramètres jusqu’à obtenir le traitement le plus sûr pour garantir la non présence d’événements indésirables avec la nouvelle impulsion d’ultrasons focalisés et la nouvelle tête de traitement. Le bénéfice pour les êtres humains serait à long terme de proposer un traitement non invasif permettant de traiter les varices ayant une durée de traitement comparable à celle proposée par les techniques concurrentes. De plus il sera possible d’élargir les critères d’éligibilité au traitement avec les ultrasons focalisés à haute intensité donc de traiter plus de patients.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Cruelty Free International a établi en 2018 que les résumés allemands et britanniques, les seuls examinés à ce jour, décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).

Le droit d'accès aux documents

Réponse du laboratoire :

Les animaux seront soumis à l’application d’ondes ultrasonores focalisées à haute intensité. Il sera placé sous anesthésie générale, pendant 1h30. Cette intervention n’est réalisée qu’une seule fois.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Cruelty Free Europe a mesuré en 2024 que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces deux pays sont les seuls dont les résumés ont été examinés. Les résumés français relèvent du même modèle européen, et leur qualité n'a jamais été mesurée.

Les animaux souffrent-ils ?

Réponse du laboratoire :

Pour les animaux inclus dans l’étude, le traitement est délivré sous anesthésie générale. Les nuisances attendues ici sont un stress de courte durée lié à la manipulation et la contention. Les brûlures attendues sont des brûlures allant du premier au second degré, par ailleurs l’effet de ces brûlures sera de courte durée et non ressenti car la procédure est effectuée sans réveil sous anesthésie générale. Il y a également un risque de blessure lorsque l’on place l’animal sur le support dans la position d’hyperextension. Il existe de plus un endommagement du foie par les ultrasons.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.

Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ?

Réponse du laboratoire :

La procédure est sans réveil de l’animal. Les brûlures, l’endommagement du foie de l’animal et la position d’hyperextension induisent des dommages qui pourraient engendrer des douleurs et une dégradation de l’état de l’animal s’il était réveillé.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.

Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ?

Réponse du laboratoire :

Plusieurs alternatives sont mises en place dans l’entreprise pour remplacer les animaux dans les procédures de tests. L’alternative non animale disponible est la simulation numérique, elle constitue la première approche dans une étude et permet d’analyser les premiers effets des modifications (l’agrandissement de la tête de traitement pour traiter plus profondément est analysée en premier temps par une simulation numérique). Or il existe des incertitudes importantes (propriété des tissus connues avec une précision insuffisante, dynamique du flux sanguin, lien peu documenté entre température, temps d’exposition et dommages biologiques…) qui ne permettent pas de réaliser l’ensemble de l’étude sur ces simulations. En effet, la simulation numérique ne permet pas d’effectuer des simulations thermiques suffisamment précises. D’autre part, avec les paramètres envisagés, il est possible que les tirs engendrent de la cavitation au niveau de la peau qui est impossible à simuler dans l’état actuel des connaissances. Une partie des expérimentations sur animaux vivants a été remplacée par la réalisation d’expériences ex-vivo. Ceci nous permet d’avoir des premières connaissances sur les tailles et la localisation des lésions qui vont être obtenues. Par ailleurs, le tissu utilisé est homogène. On ne peut pas évaluer les risques sur la peau et le tissu utilisé (viande de dinde sous vide) ne présente pas de vascularisation nécessaire pour évaluer les impacts de l’impulsion d’ultrasons focalisés à haute intensité étudiée. Il n’est également pas possible de faire des essais sur de la peau isolée car le transfert thermique du corps vers la peau a un impact non négligeable sur l’apparition de brulures. Sont également mises en place des recherches sur une nouvelle technique pour remplacer l’expérience de la sécurité à la peau avec un système de papiers thermosensibles. Les papiers changent de couleur lorsque leur température est supérieure à une valeur seuil. Cette méthode permet de trouver des premières valeurs de puissances pouvant entrainer des brulures et donc de réduire l’échelle de puissances à tester. Dans cette étude, nous chercherons à valider cette nouvelle approche pour remplacer au maximum le nombre d’animaux nécessaires sur la sécurité à la peau.

2. Réduction

Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.

Qui est concerné ?

Réponse du laboratoire :

Cette étude est réalisée sur la peau au-dessus du foie du lapin. Dans l’objectif de réduire le nombre d’animaux inclus dans l’étude, le maximum d’emplacements sur le foie du lapin pour évaluer la sécurité à la peau sera utilisé (jusqu’à 7 zones par lapin). Le lapin sera positionné sur un support permettant de mettre les lapins en hyperextension, afin que le foie soit bien dégagé. Cela permet d’augmenter le nombre d’emplacement à cet endroit (de 5 à 7 zones). Le nombre d’animaux nécessaires pour cette étude est de 60.

3. Raffinement

Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.

La réglementation est-elle « très stricte » ?

Réponse du laboratoire :

Les lapins sont hébergés dans les conditions répondant aux standards de l’espèce. Les enrichissements distribués consistent en des blocs de foin compactés, des bûches de bois à ronger et des jouets (balles, haltères en plastiques). Les lapins bénéficient d’une période d’acclimatation de 7 à 10 jours permettant de les habituer à la manipulation et la contention. Ils peuvent être également laissés en liberté sur de courtes périodes dans la salle d’hébergement dans un parc par petits groupes sous surveillance. Les cages disposent de plateforme permettant de se poser en hauteur ou de se cacher. Les lapins sont anesthésiés (valences analgésique, myorelaxation, perte de connaissance) durant l’ensemble de la procédure et entourés de bouillottes d’eau chaude (la position en hyperextension ne permet pas d’utiliser un tapis chauffant). Les paramètres physiologiques des lapins sous anesthésie sont monitorés pour suivi et contrôle (fréquence respiratoire, oxymétrie, capnie, ECG, température).

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.

Spécisme et expérimentation animale

Réponse du laboratoire :

D’après notre expérience préclinique, le lapin est le meilleur modèle pour l’étude de l’échauffement cutané. De plus les données collectées par le passé pour définir la procédure de traitement actuellement utilisée en clinique se sont révélées fiables pour le passage à l’homme. Par comparaison, le type de brûlures qui peuvent être observées sur cochon ou sur brebis correspondent à des dommages de couches plus profondes et modélisent mal ce qui se passe sur l’homme.