
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 12/09/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-120988)
40 xénopes et 314 autres amphibiens vont être utilisés, gardés en élevage et réutilisés, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Ils reçoivent deux injections sous-cutanées d’hormones pour induire la reproduction, geste pouvant provoquer une blessure ou une réaction cutanée. Le projet étudie les mécanismes évolutifs de grenouilles aquatiques, les femelles étant induites à pondre de nombreuses fois sur une vie longue. Le porteur affirme que la fécondation in vitro est la seule méthode pour obtenir des embryons en nombre, tout en indiquant explorer des lignées cellulaires pour éviter des mises à mort.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’évolution des espèces met en jeu des mécanismes qui agissent à des niveaux biologiques différents : génétiques, cellulaires, comportementaux etc Notre projet cherche à mieux comprendre certains de ces mécanismes qui sont à l’œuvre chez les amphibiens, un groupe d’animaux vertébré comme l’homme. Un aspect central des recherches pour ce projet porte sur la génétique des amphibiens, la génétique de leur développement embryonnaire et l’écologie moléculaire en particulier au travers de l’étude des microbiomes d’amphibiens. Ces sujets sont développés depuis plusieurs années dans le laboratoire et font l’objet de collaborations scientifiques internationales.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les travaux réalisés devraient permettre de mieux comprendre les mécanismes génétiques de l’évolution des amphibiens anoures, et de comprendre l’impact de l’environnement sur leurs caractéristiques génétiques. Cette étude devrait permettre de mieux comprendre les mécanismes évolutifs liés aux changements du nombre de chromosomes chez ces amphibiens.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
L’intervention consistera en deux injections sous-cutanées dans la région dorsale et postérieure du tronc avec contention de l’animal vigile. La durée de chaque procédure d’injection est d’environ une minute. Les deux injections doivent être réalisées à 72h d’intervalle.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La procédure d’injection sur l’animal vigile en contention peut entraîner une blessure de l’animal avec l’aiguille, avec possibilité de saignement. Une réaction cutanée ou systémique à l’injection de la solution d’hormone peut également appararaître.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux adultes seront maintenus en élevage.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Pour notre projet, l’utilisation d’animaux vivants revêt un caractère de stricte nécessité car la reproduction induite par fécondation in vitro constitue la seule méthode pour élever les espèces étudiées, obtenir des embryons et des têtards à développement synchrone, de stade précis, et en nombre suffisant pour satisfaire aux analyses statistiques, et étudier les éventuelles barrières de reproduction entre ces espèces. Des méthodes expérimentales n’impliquant pas l’utilisation d’animaux ne sont donc pas susceptibles d’apporter le même niveau d’information. En revanche nous explorerons la possibilité d’obtenir des lignées cellulaires des différentes espèces étudiées afin d’avoir une source de matériel biologique ne nécessitant pas l’euthanasie d’animaux.
2. Réduction
La réalisation de notre projet implique notamment l’injection d’hormone chez des femelles xénopes adultes pour la production d’ovocytes afin d’obtenir des embryons. Pour réduire à son minimum le nombre d’animaux utilisés, nous prenons en compte que i) Les femelles, ayant une période reproductive longue (15 ans), peuvent être induites à pondre de nombreuses fois; ii) les testicules des mâles euthanasiés disséqués pour la fécondation in vitro sont utilisés pour plusieurs expériences et par plusieurs expérimentateurs minimisant ainsi le nombre de mâles mis à mort; iii) nous réalisons des fécondations naturelles évitant le sacrifice du mâle à chaque fois que c’est possible.
3. Raffinement
Dans le but de réduire la douleur, souffrance ou angoisse, nous utilisons des conditions d’élevage conformes à la directive 2010/63/UE et à la STE123. Nous appliquons des points limites stricts et spécifiques aux amphibiens. L’utilisation des femelles et des mâles se fera par roulement tous les quatre mois permettant le renforcement positif lors des manipulations. Nos conditions d’élevage sont régulièrement améliorées en fonction de nos connaissances sur l’écologie et la biologie de nos espèces mais aussi en fonction des connaissances sur le bien-être, le comportement et l’éthologie des espèces aquatiques qui se diffusent dans la communauté scientifique.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le xénope est un organisme modèle important pour l’étude du développement des vertébrés. Il occupe une place phylogénétique clé (vertébré tétrapode non-mammifère). Nous disposons des génomes pour les deux espèces (X.tropicalis et X.laevis) et l’analyse montre d’importantes similitudes avec le génome humain : 79% des gènes identifiés dans des maladies humaines ont leurs orthologues chez le xénope. Par ailleurs, ces espèces sont faciles à élever et à maintenir en laboratoire et des pontes peuvent être obtenues à demande. X. tropicalis est diploïde avec un temps de génération plus court que X. laevis. Tout comme le poisson zèbre, le xénope fait partie d’une sélection de modèles pour lesquels les approches de génomique fonctionnelle sont couramment utilisées. Nous utilisons des animaux aux stades adultes car c’est le seul stade de développement permettant leur reproduction sexuée. La reproduction induite par fécondation in vitro constitue la seule méthode pour élever les espèces étudiées, obtenir des embryons et des têtards à développement synchrone, de stade précis, et en nombre suffisant pour satisfaire aux analyses statistiques, et étudier les éventuelles barrières de reproduction entre ces espèces.