Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Les sarcomes des tissus mous sont des tumeurs rares très complexes et hétérogènes (plus de 70 sous-types différents) qui touchent environ 4000 personnes par an en France. Malgré une chirurgie bien conduite suivie de traitements par chimiothérapies ou radiothérapies, plus de 40 pourcent des patients développent des métastases. A ce stade métastatique, peu de médicaments sont efficaces et les progrès depuis les 20 dernières années sont faibles avec une survie globale qui est passée de 12 à 18 mois seulement. Il existe donc dans cette pathologie un réel besoin de nouvelles thérapies permettant de cibler les metastases afin d’améliorer significativement les chances de survie des patients. Notre équipe est localisée dans un centre de référence dans le traitement de ce cancer rare, ce qui nous offre la possibilité d’obtenir des tumeurs de patients. L’objectif de ce projet est de mettre en place une banque de PDOX (patient-derived orthotopic xenograft) et PDX (patient-derived xenograft) à partir de tissus tumoraux frais de patients atteints de sarcomes. Cela consiste à implanter un fragment tumoral du patient, généralement une biopsie, directement dans la souris soit sous la peau (PDX), soit dans le muscle (PDOX) quand la tumeur d’origine est musculaire. Ces nouveaux modèles nous permettront de tester des médicaments et des combinaisons de médicaments pour lesquels nous avons des données bibliographiques dans d’autres types de cancer et ainsi d’offrir aux patients atteints de sarcomes de nouvelles perspectives de traitements.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

L’établissement de greffes de tumeurs issues directement du patient (PDX) présente plusieurs avantages par rapport aux greffes de lignées cellulaires. Ces modèles PDX sont plus proches de la morphologie originale de la tumeur et conservent une certaine hétérogénéité. De plus, ils gardent les caractéristiques génétiques du patient d’origine, ils sont donc à priori de meilleurs modèles précliniques que les modèles de greffes classiques. Les tumeurs de patients peuvent etre implantées soit sous la peau des souris, soit en orthotopique quand cela est possible, c’est à dire à son emplacement d’origine, ici le muscle. Cette méthode a démontré une très grande concordance clinique avec la réponse aux traitements des patients ou avec le degré d’agressivité tumoral en favorisant l’apparition éventuelle de tumeurs secondaires (métastases). Ces modèles permettront donc de mieux comprendre la biologie des sarcomes, de tester de nouvelles thérapies ou combinaison de thérapies ou encore d’explorer les mécanismes de résistance aux médicaments souvent observés chez les patients.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Greffe de tumeurs humaines en intramusculaire ou en sous-cutané (1 fois par souris, 2 min par souris pour les implantation en sous-cutanée et 5 à 10 min pour les implantations en intramusculaire)

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les procédures d’implantation de fragments de tumeur en sous-cutané ou en intramusculaire peuvent provoquer un inconfort léger et diminuer la mobilité des souris (intramusculaire). Les implantations en sous-cutanée ont également un risque de nécrose et/ou ulcération et donc d’anémie. Des difficultés respiratoires dues à d’éventuelles métastases pulmonaires peuvent également survenir. Le developpement des tumeurs peut entrainer des changements métaboliques associés notamment à une perte de poids.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux sont mis à mort quand les tumeurs atteignent 1000 mm3 pour les implantations intramusculaires, 2000 mm3 pour les implantations sous-cutanées ou lorsqu’un point limite est atteint.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Dans le cadre d’études précliniques visant à démontrer l’efficacité d’une molécule en monothérapie ou en combinaison, avec l’idée de construire un rationnel solide pour des études cliniques de phase précoce, la réalisation de modèle de xénogreffe à partir de tumeur de patient est indispensable. Ce modèle est celui qui préserve le plus les caractéristiques de la tumeur du patient, c’est un vrai « réplicat » phénotypique, génétique, génomique et biochimique de la tumeur d’origine. De plus, l’oncogenèse et plus particulièrement l’apparition de métastases sont des modèles intégrés qui font intervenir un grand nombre de mécanismes physiologiques et de tissus avoisinants qui ne peuvent être modélisés in vitro. Nous devons donc avoir recours à un modèle physiologique complet et fonctionnel avant de pouvoir réaliser les essais chez l’homme.

2. Réduction

3R / Réduction :

le nombre de souris est limité au maximum (2 souris par tumeur pour l’établissement du modèle)

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Toutes les expérimentations sont réalisées par du personnel qualifié, les animaux sont surveillés par le personnel de l’animalerie quotidiennement et sont hébergés dans des cages comprenant une nourriture adaptée et enrichies par plateformes, cabanes rouges et du coton de nidification. Lors des différentes procédures, les animaux sont sous anesthésie générale et des analgésiques (anti-douleur) sont donnés pour éviter toutes souffrances. Une liste de points limites stricts et spécifiques à ce projet est établi afin de respecter le bien-etre animal.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Les xénogreffes à partir de tumeur de patient ne peuvent se faire que sur des modèles d’animaux immunodéprimés. Les souris utilisées sont des modèles très immunodéprimés particulièrement adaptés à l’implantation de cellules tumorales. Les souris sont hébergées dans des cages identifiées par un étiquetage spécifique, et la nourriture et boissons sont données à volonté. Animaux âgés de 8-10 semaines (jeunes adultes) pour qu’ils puissent supporter la greffe et le développement de la tumeur. Les sarcomes n’etant pas associés au sexe des patients, des souris des 2 sexes seront utilisées.