
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 12/03/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-128366)
Pour ouvrir par ultrasons la barrière qui protège le cerveau, 32 souris sont utilisées dans des procédures d’un niveau de souffrance modéré, toutes tuées pour analyser leurs tissus. Elles passent des séances d’imagerie sous anesthésie allant jusqu’à deux heures, répétées jusqu’à deux fois par semaine, avec pose d’un cathéter dans la veine de la queue et injections dans l’abdomen. Le porteur indique que l’ouverture de la barrière provoque de légers dommages cérébraux chez moins de 10 % des animaux, pouvant entraîner des douleurs transitoires, et qualifie par ailleurs ces gestes de contraintes légères n’engendrant « pas de souffrance ou de stress ». Il présente les ultrasons comme un « espoir majeur » contre les maladies génétiques du cerveau, en s’appuyant sur des essais cliniques déjà en cours chez l’humain.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La principale limite à l’efficacité des thérapies dans le cerveau est leur accès restreint en raison de la barrière protégeant le cerveau de tout élément pouvant être toxique, mais limitant aussi le passage de la majorité des médicaments. Récemment, une technique utilisant des ultrasons a attiré l’attention en tant que moyen non invasif pour perturber temporairement cette barrière. Les ultrasons permettent de perturber cette barrière à travers le crâne et donc sans opération chirurgicale nécessaire. Dans cette étude, nous évaluerons chez la souris le potentiel thérapeutique de cette approche. En plus des données que nous obtiendrons avec des séances d’imagerie médicale, reflétant le caractère réversible ou non de l’ouverture de la barrière, nous évaluerons la durée d’efficacité du traitement. Enfin, nous étudierons les modifications provoquées dans le cerveau après avoir reçu une onde ultrasonore afin d’en évaluer l’intégrité après traitement.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les ultrasons représentent un espoir majeur de traitement de nombreuses pathologies cérébrales tel que les maladies génétiques. Des essais cliniques utilisant cette technique chez l’homme sont en cours. Nous souhaitons ici évaluer des approches plus performantes que les traitements habituels et profiter d’une délivrance par ultrasons. Avec le développement en cours des ultrasons chez l’homme, les méthodes que nous proposons pourraient bénéficier d’un transfert rapide vers l’homme. Dans le cas de maladies génétiques, nous souhaitons évaluer le potentiel des ultrasons pour administrer un traitement efficace et durable dans le cerveau. Cette approche pourrait permettre de corriger, au niveau génétique, des anomalies au niveau cérébral, ce qui représente un espoir conséquent pour les personnes atteintes de ce type de maladie, qui ne disposent à ce jour d’aucun traitement efficace, à l’exception de traitements de leurs symptômes.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Tous les animaux seront exposés à une séance d’imagerie médicale anatomique pour une durée maximale de 2h, anesthésie incluse. Pour les besoins de l’imagerie médicale effectuée dans ce projet, une partie des animaux recevront une injection permettant d’améliorer la qualité de l’image. Tous les animaux recevront une séquence ultrasonore ainsi qu’une injection intraveineuse de notre traitement. Tous les animaux seront également exposés à des séances d’imageries servant à évaluer l’efficacité du traitement et nécessitant une injection dans l’abdomen, ces séances pouvant être répétées jusqu’à 2 fois par semaine.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
De possibles douleurs transitoires pourraient apparaître suite à l’apparition de légers dommages dans le cerveau provoqués par l’ouverture de la barrière le protégeant, visualisables par imagerie médicale (fréquence observée inférieure à 10%). Notre protocole nécessite une pose de cathéter dans la veine de la queue, ainsi que des injections dans l’abdomen qui seront réalisées sous anesthésie générale, présentant des contraintes de classe légère pour les animaux et n’engendre pas de souffrance ou de stress. Le transport entre les laboratoires du projet peut également générer un léger stress ou inconfort chez l’animal.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort à la fin de chaque procédure afin d’en analyser les tissus.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Le projet portant sur l’étude de la réponse du cerveau, et plus particulièrement la barrière le protégeant, il nous est impossible de remplacer l’animal vivant par un modèle cellulaire ou de simulation informatique. De plus, il n’existe pas à ce jour de méthodes alternatives, n’impliquant pas d’animaux vivants, qui permettent l’étude du passage de particules virales à travers cette barrière grâce aux ultrasons. L’étude qui en découle comporte des analyses du cerveau afin d’évaluer l’impact cellulaire des ultrasons qui ne sauraient être remplacées par un modèle informatique ou cellulaire.
2. Réduction
Le nombre d’animaux a été calculé avec l’aide d’un logiciel permettant d’évaluer le nombre d’animaux minimum nécessaire pour mettre en évidence des différences statistiquement significatives sur les paramètres à mesurer. Ce nombre tient compte des risques de mort et d’exclusion d’un animal lors des différentes procédures. Le nombre d’animaux nécessaires à nos travaux a été réduit au minimum sans compromettre l’interprétation statistique de nos résultats. Le suivi de l’efficacité du traitement se faisant sur plusieurs semaines pour chaque animal, notre étude nécessite très peu de groupes de souris.
3. Raffinement
Les animaux seront hébergés dans des conditions répondant aux critères relatifs aux soins et à l’hébergement des animaux de l’Annexe II du premier février 2013 de l’arrêté fixant les conditions d’agrément, limitant ainsi les angoisses qui pourraient être induites par l’environnement. Toutes les mesures seront prises pour réduire la souffrance des animaux. L’ensemble des expérimentations seront réalisées sous anesthésie adaptée, les animaux seront maintenus en température et un suivi de la fréquence cardiaque et respiratoire sera effectué lors des séances d’imagerie médiale et de traitement par ultrasons. L’imagerie médicale nous permettra également de visualiser l’apparition d’éventuel dommage au cerveau avant le réveil de l’animal, permettant une administration préventive d’un analgésique dans ce cas. Une échelle de cotation de douleur basée sur des signes indicatifs de gêne sera utilisée afin d’évaluer l’état général de chaque animal et de définir des points limites, permettant ainsi de prendre le plus rapidement possible des mesures nécessaires pour préserver le bien-être de l’animal. De plus, dans le cas où certains signes de douleurs seraient observés, sans dépassement des points limites, un traitement sous-cutané avec un analgésique sera mis en place.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
L’ensemble des animaux utilisés seront des souris à l’âge adulte, soit à partir de 6 semaines. Nous avons optimisé les protocoles pour des animaux de ce calibre, ce qui nous permettra un transfert sans difficulté pour ces expérimentations.