Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Aucun de ces animaux ne sortira vivant du projet, le porteur estimant que leur maintien en vie dans de bonnes conditions ne peut être garanti après des crises d’épilepsie provoquées à répétition. 1 255 rats et 475 souris vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Les rats sont opérés pour recevoir des électrodes dans le cerveau, puis stimulés une à deux fois par jour, cinq jours par semaine, pendant deux à quatre semaines, jusqu’à ce que la stimulation déclenche une crise partielle qui évolue en crise généralisée avec redressement et perte d’équilibre, et ils vivent seuls tout ce temps pour protéger l’implant. La phase de test peut durer dix semaines de plus, et un état épileptique permanent peut apparaître, l’animal étant alors tué s’il ne récupère pas en dix minutes.

NTS-FR-131291v1
Types de recherche
· Recherche appliquée · Troubles nerveux ·
Mots-clés
Crises partielles, Kindling, épilepsie, amygdale, cornéale
Souris : 475
Rats : 1255

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le projet consiste à tester l’efficacité de substances pharmacologiques en développement préclinique pour lutter contre les épilepsies de type partielle, c’est-à-dire qui sont localisées dans une région spécifique du cerveau. Les épilepsies partielles sont à l’origine de décharges électriques anormales dans une région cérébrale spécifique et de symptômes qui peuvent se traduire par des contractions involontaires des membres supérieurs ou inférieurs, des hallucinations, des troubles du langage ou encore des troubles du rythme cardiaque et respiratoire. De plus, ce type d’épilepsie altère la qualité de vie des patients avec une perte progressive de contact avec l’extérieur et une perturbation de la mémoire. Dans certains cas, les épilepsies partielles peuvent progresser vers des épilepsies généralisées, avec l’apparition de symptômes convulsifs plus intenses et conduire à la mort. Il existe des traitements médicamenteux qui permettent de traiter une partie des patients. Néanmoins, environ 30 % des patients épileptiques ne répondent pas aux traitements médicamenteux et sont dits « pharmaco-résistants ». Dans ce projet, un modèle murin de crises épileptiques partielles évoluant vers des crises généralisées sera utilisé afin d’évaluer l’efficacité de nouvelles substances pharmacologiques en développement.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

La recherche de nouveaux traitements est indispensable pour améliorer les conditions de vie ainsi que l’espérance de vie des patients épileptiques. A l’heure actuelle, les traitements antiépileptiques existants sont uniquement symptomatiques. Néanmoins, 10 à 30% des patients interrompent leur traitement initial en raison des effets secondaires indésirables ou les traitements sont inefficaces (résistance aux traitements). En plus du développement de nouveaux antiépileptiques, un des enjeux majeurs de la recherche sur l’épilepsie est de découvrir des traitements prophylactiques contre cette pathologie, c’est-à-dire des traitements ayant un effet antiépileptogène. Il n’en existe aucun à ce jour alors qu’il est possible d’identifier les personnes présentant un risque de développer une épilepsie.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Le projet consiste à opérer des rats pour placer des électrodes dans une structure cérébrale spécifique ainsi qu’à la surface du cerveau. L’implant va permettre de stimuler l’animal dans une structure cérébrale spécifique pour le sensibiliser à l’induction de crises partielles. Chez la souris, une phase chirugicale est nécessaire si l’activité cérébrale est enregistrée. La phase de sensibilisation correspond à une période de 2 à 4 semaines, 1 à 2 stimulations de 2 à 4 secondes par jour ,5 jours par semaine. Dans certains cas, une phase de stabilisation à la stimulation est ajoutée chez le rat et correspond à une série de 3 à 20 stimulations de 1 seconde, une fois par jour, 5 jours par semaine sur 2 semaines. Lors de la phase de test, les rongeurs sont soumis à une stimulation de 2 à 4 secondes sur 2 jours consécutifs pendant un maximum de 10 semaines. L’électroencéphalogramme eput- être enregistré sur 10 à 20 minutes avec une seule stimulation de 2 à 4 secondes ou une série de stimulations (entre 3 et 20) de 1 seconde sur 2 ou 3 jours consécutifs lors d’un traitement aigu. Dans le cadre d’un traitement chronique, 3 ou 4 enregistrements peuvent être réalisés sur une semaine (1 enregistrement par jour). Des prélèvements sanguins terminaux ou d’organes peuvent également être envisagés pour compléter les données in vivo par des données biochimiques ou histologiques. Concernant l’administration des candidats traitements, les administrations par bolus rapide (voies orale, intraveineuse, sous-cutanée, intra-péritonéale, intramusculaire) durent quelques secondes; l’administration par perfusion lente (intraveineuse) peut durer de quelques minutes à plusieurs heures en fonction des spécificités du candidat traitement. Les administrations peuvent être uniques ou répétées pendant plusieurs jours, en fonction des spécificités du candidat traitement. Un traitement peut également être injecté par voie intracranienne, au moment de l’implantation des électrodes.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les rats sont soumis à une chirugie, pour délivrer la stimualtion électrique. Le protocole décrit dans ce projet conduit à l’apparition d’une crise partielle (clignement des yeux, mastication, mouvements des vibrisses ou de tête, mouvements involontaires des pattes avant) qui est suivie d’une crise généralisée (redressement de l’animal et perte d’équilibre) suite à une stimulation éléctrique de faible intensité chez la souris et la rat. Dans de rares cas, un état épileptique permanent peut apparaitre. Les rats sont hébergés seuls pendant toute la durée de la procédure dès lors qu’ils sont opérés, afin de protéger l’implant semi-externe de leurs congénères.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les animaux seront euthanasiés à la fin de chaque étude. Des crises épileptiques ont été induites de manière répétée chez les animaux soumis à une procédure de kindling, leur maintien en vie dans de bonnes conditions ne peut pas être garantie (même s’il n’est pas attendu de crises épileptiques spontanées chez ces animaux).

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Il existe des techniques alternatives in silico ou ex-vivo permettant d’évaluer les traitements sur des cultures primaires de neurones ou des tranches cérébrales afin de sélectionner les meilleurs candidats médicaments et donc de limiter le nombre d’animaux utilisés. Néanmoins, l’efficacité de nouveaux traitements doit également être démontrée sur des modèles plus complexes (modèles animaux) permettant ainsi l’observation des effets de substances pharmacologiques sur le comportement des animaux et l’activité cérébrale.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre d’animaux est ajusté afin de pouvoir évaluer l’effet d’un composé en réalisant une seule étude et en fonction des analyses statistiques réalisées.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les procédures décrites ont été optimisées pour limiter la douleur chez l’animal. Lors de la procédure chirurgicale, une analgésie est assurée avant le début de la chirurgie et pendant les 48 heures après l’opération. Une analgésie locale est également appliquée sur le crâne de l’animal pour limiter la douleur. Enfin, un gel ophtalmique est appliqué sur les yeux pour éviter le dessèchement de l’oeil. Une attention particulière sera portée sur la récupération des animaux à la suite de la chirurgie. Ces derniers seront pesés 24 et 48 heures suite à la chirurgie. L’implant sera désinfecté, le cas échéant et une antibiothérapie sera réalisée en cas de suspicion d’infection. L’administration d’huile naturelle peut être préconisée dans le cas d’un ralentissement du transit intestinal. Au cours du test, l’enregistrement de l’électroencéphalogramme permet de compléter l’analyse comportementale et raffiner le modèle. L’ajout d’une phase pour déterminer le seuil de stimulation pour induire une crise partielle et une crise généralisée permet de réduire le seuil de stimulation pour chaque animal testé, et par conséquent, limiter la douleur chez ce dernier. Le seuil de stimulation minimum pour une crise partielle correspond à l’apparition d’une crise de quelques secondes sur l’électroencéphalogramme, en présence ou non de symptômes comportementaux mesurés d’après l’échelle de Racine. Des points limites stricts ont été définis pour chaque procédure. Notamment, dans de rares cas, un état épileptique peut apparaître. L’animal sera euthanasié s’il ne récupère pas dans les 10 minutes suite à la stimulation électrique. Les animaux isolés sont hébergés dans un environnement enrichi avec du matériel à ronger. Les cages sont transparentes afin que chaque animal puisse voir ses congénères. Pour les souris, l’implant sera interne et permettra d’héberger les animaux en groupes sociaux tout au long de la procédure expérimentale.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Le modèle du kindling par stimulation électrique d’une structure cérébrale est utilisé principalement chez le rat, en raison de la taille de l’animal (implantation chirurgicale d’électrodes de stimulation et d’électrodes pour enregistrer l’électroencéphalogramme). Chez la souris, le modèle sera également développé en utilisant une méthode de stimulation différente : stimulation cornéale. Les rats et souris sont testés une fois sevrés, l’âge peut varier entre 3 semaines et 2 ans, conformément aux données historiques et à la bibliographie scientifique. Les procédures décrites dans ce projet peuvent être utilisées de façon longitudinale sur des rongeurs sevrés jusqu’à l’âge adulte.