
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 28/03/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-133070)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce projet fait suite aux résultats obtenus dans un précédent projet montrant une altération de la réponse immunitaire intestinal et systémique après exposition des animaux à l’additif E551 constitué de nanoparticules de dioxyde de silice. Ces données suggèrent une susceptibilité accrue aux infections chez les animaux exposés à cet additif. Ainsi, ce projet a pour but d’évaluer la susceptibilité des animaux exposés au E551 à une infection systémique induite par inoculation de la bactérie Salmonella.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le projet permettra la mise en évidence de l’impact de l’additif dioxyde de silice sur la réponse des défenses immunitaires des suites d’une infection systémique à une bactérie pathogénique possiblement retrouvée dans l’alimentation (Salmonella). Ce projet apportera des données utilisables pour l’évaluation des risques pour la santé humaine et animale dans l’utilisation de ces additifs et contaminants. Cet impact pourra être pris en compte par les instances règlementaires afin de réguler l’exposition humaine aux nanoparticules inorganiques de type Silice.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux auront été exposés au préalable à l’additif alimentaire contenant des nanoparticules de dioxyde de silice à une dose encadrant l’exposition humaine et ce de manière périnatale et pendant 130 jours post-natal. Puis ils seront infectés à Salmonella délivrée par une injection unique nécessitant une contention d’environ 10 secondes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’injection de Salmonella s’effectue après contention de l’individu et peut engendrer un stress lié à la manipulation de l’animal et à l’injection en elle-même. L’infection par Salmonella de degré sévère peut conduire à une morbidité et une mortalité rapide au bout de 5 jours.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A la fin des procédures, les animaux seront mis à mort afin d’effectuer des prélèvements permettant d’étudier la réponse immunitaire contre Salmonella.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Le projet étudie la réponse à une infection à Salmonella Typhimurium, après une période d’exposition à un nanomatériel alimentaire allant de la périnatalité au stade adulte sur un organisme. L’utilisation du modèle animal est nécessaire afin d’avoir cette exposition chronique dès la vie in utero. De plus l’étude portera sur des impacts de l’axe intestin-réponse immunitaire systémique. Aucun modèle alternatif ne permet de recréer tous les dialogues inter-organes. Du fait de ces 2 raisons majeures, le recours à l’animal est donc nécessaire et le principe de remplacement inapplicable.
2. Réduction
Pour optimiser le nombre d’animaux utilisés, une étude pilote sera effectuée pour déterminer l’inoculum optimale et le temps d’observation post-injection et ainsi réduire le nombre de groupes. Les résultats seront analysés avec des tests statistiques adaptés.
3. Raffinement
Les individus présentant une détérioration de l’état général (poil piqué, dos vouté, difficulté de mobilité, agressivité extrême) et/ou une perte de poids significative ou une diminution de la prise alimentaire seront écartés de l’étude et des soins adaptés leur seront donnés. L’infection par Salmonella peut perturber l’état général des animaux qui seront observés en continu jusqu’à leur mise à mort. L’emploi d’analgésiques et d’anesthésiques perturberait la réponse à l’infection par Salmonella et influerait sur les paramètres immunitaires mesurés, rendant leur utilisation incompatible avec notre étude.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est un modèle reconnu en toxicologie, pour lequel de nombreux outils et savoirs sont développés afin d’étudier le système immunitaire et la réponse à une infection, notamment par Salmonella. Des résultats préliminaires concernant l’exposition in utero et chronique aux additifs alimentaires ont déjà été obtenu sur une lignée murine. Cette même lignée a aussi été utilisé par d’autres équipes de recherche et montre une sensibilité à l’infection par Salmonella. Les souris mâles et femelles seront utilisées à l’âge adulte pour mimer une exposition périnatale et chronique à long terme.