
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 06/01/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-134726)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La pneumonie est une infection des poumons qui peut être très grave et causer de nombreuses complications, voire la mort, si elle n’est pas traitée. Nous ne savons pas encore comment les bactéries présentes naturellement dans les poumons [flore bactérienne saine], et les substances qu’elles produisent, peuvent influencer la santé pulmonaire. Ce projet vise donc à : 1. Créer un modèle de souris dont les poumons sont colonisés par des bactéries bénéfiques (cocktail thérapeutique), similaires à celles que l’on trouve dans des poumons sains, et à étudier comment ces bactéries agissent. 2. Comprendre comment ce groupe de bactéries ou les substances qu’elles produisent affectent l’équilibre des autres bactéries dans les poumons et renforcent les défenses immunitaires de l’organisme.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Notre recherche essaye de montrer que les résultats de la pneumonie ne dépendent pas seulement des bactéries dangereuses mais aussi d’une flore bactérienne saine affaiblie dans les poumons. Nous voulons mieux comprendre quelles bonnes bactéries aident les poumons à rester en bonne santé. Avec cette étude, nous espérons découvrir des bactéries bénéfiques, des protéines et des substances utiles qui pourraient être utilisées ensemble pour prévenir ou traiter la pneumonie. L’idée est de créer des traitements qui n’utilisent pas d’antibiotiques, ce qui pourrait aider à soigner les infections respiratoires de façon plus durable et efficace.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Tous les animaux (mis à part les naïfs) seront soumis à une ou plusieurs administrations intra-trachéales d’un cocktail bactérien ou d’un milieu de dilution sous anesthésie générale par inhalation en continu d’anesthésique volatile. Le geste de l’injection intratrachéale, en tant que tel, dure au maximum 1 minute et le réveil est presque instantané. Un tiers des animaux reçoivent également une administration de suspensions bactériennes, virales ou d’eau physiologique (PBS) par voie intranasale ou intra-trachéale sous anesthésie. En fonction de l’état général des souris et si nécessaire, une ou plusieurs injections sous cutanée de morphinique pourraient être réalisées. Le geste de l’injection sous cutanée ne dure au maximum que 30 secondes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Modèles d’infection : Les modèles d’inflammation respiratoires aigües sont des modèles avec une récupération de l’état général des souris à partir de J2. Suite à l’infection, une perte de poids transitoire (2-3 jours) est observée, sans perte de motricité. Après J2, les souris reprennent une courbe de poids normale. Pour les autres parties du projet, suite à la colonisation bactérienne en IT, les animaux pourraient présenter, au cours des 24 premières heures du protocole, une légère perte de poids. Les différentes interventions sont de courte durée et n’engendre pas de douleurs résiduelles ainsi que de stress supplémentaire. L’injection intratrachéale peut générer une potentielle gène consécutive au geste.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux utilisés dans cette étude seront euthanasiés à la fin de chaque procédure pour prélèvement d’organes et analyse des modifications immunologiques.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Dans ce projet, l’utilisation de modèles animaux est essentielle car les paramètres étudiés ne peuvent pas être remplacés efficacement par des procédures in vitro. Les interactions complexes entre la colonisation microbienne et la réponse immunitaire pulmonaire pendant et après la pneumonie nécessitent une approche globale que seul un modèle animal peut fournir. Les modèles animaux sont donc indispensables à une compréhension approfondie de ces phénomènes.
2. Réduction
Le nombre de souris a été réduit au minimum (n=8) afin de permettre une analyse statistique fiable des résultats. Pour les tests pour lesquels une analyse statistique n’est pas prévue ainsi que pour certains groupes témoins, le nombre d’animaux sera réduit à 3 ou 5 animaux par groupe. Le nombre indiqué est un nombre maximum de souris et toutes ne seront pas forcément utilisées. Une partie des analyses sera conditionnelle aux résultats obtenus sur l’étape d’avant.
3. Raffinement
Les souris sont hébergées en groupe sociaux harmonieux (n≤5) dans des cages enrichies avec des frisottis, de taille normalisée. Les animaux ont un accès libre à l’eau et à la nourriture. L’état général des souris est évalué quotidiennement afin de s’assurer du bien-être de nos animaux. Un tableau d’évaluation des points limites adapté aux modèles a été mis en place. En fonction des scores obtenus, une ou plusieurs injections de morphinique seront réalisées. Afin de limiter la douleur consécutive à l’administration intratrachéale, la zone sera anesthésiée localement. Les procédures n’entrainent pas de douleur résiduelle.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle murin de pneumonie est un modèle bien caractérisé, reproductible, et parfaitement adapté pour tous les types d’analyses prévus pour cette étude. Les résultats issus de ces modèles peuvent être transposés à l’homme avec une très bonne correspondance des résultats trouvés à la fois en médecine humaine et en expérimentation animale pour les datas déjà générées dans ce projet de recherche. Les souris ont entre 6 semaines et 14 semaines de vie. A ce stade le système immunitaire est mature.