
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-04-05 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-135008)
Dépourvues de lymphocytes T et B fonctionnels, avec des cellules Natural Killer affaiblies pour qu’elles ne rejettent pas la greffe, 100 souris femelles de sept à huit semaines vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles reçoivent des lymphocytes T humains porteurs d’un gène de mort, puis le médicament censé déclencher ce gène, en deux injections au plus sous anesthésie et analgésie, avec trois pesées en dix jours et un prélèvement de sang pour douze d’entre elles. Cette étude pilote vise à montrer qu’on peut détruire à volonté des cellules thérapeutiques devenues dangereuses chez un patient, la preuve ayant déjà été obtenue in vitro puis chez la souris avec un gène rapporteur fluorescent. Toutes sont tuées pour que leurs tissus et organes soient prélevés.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les lymphocytes T (LT) font partie d’une catégorie de globules blancs qui jouent un rôle très important pour les défenses de l’organisme. Ces cellules sont responsables de la réponse immunitaire cellulaire visant à détruire les agents pathogènes, aussi bien les bactéries que les cellules cancéreuses. L’idée d’utiliser ces LT pour le traitement de maladies est en plein développement. Le principe de ces thérapies consiste à prélever les LT des patients pour les modifier génétiquement et les lui réinjecter dans le but de reconnaître puis d’éliminer les cellules cancéreuses. Leur efficacité est contrebalancée par de fréquents effets secondaires indésirables tels que la production massive de cytokines suivie par des neurotoxicités. Dans ce projet nous souhaitons démontrer la possibilité de pouvoir éliminer de façon contrôlée les cellules T génétiquement modifiées si des effets adverses apparaissaient. Pour contrôler ces cellules en clinique chez l’homme, elles peuvent être équipées de gènes « dit suicide » qui sont activables par des médicaments cliniquement approuvées. L’activation du gène suicide par le médicament va déclencher la mort du LT. Nous avons validé le concept in vitro en substituant le gène suicide par un gène rapporteur fluorescent et montré que notre médicament permettait d’activer ce gène rapporteur en activant un signal fluorescent dans la cellule. Puis, in vivo, chez la souris nous avons confirmé que ce médicament est capable d’induire l’expression de ce gène rapporteur. L’objectif de ce projet est de déterminer l’efficacité de notre médicament à induire la mort de LT humains équipés, cette fois-ci, d’un gène suicide après une greffe chez la souris .
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le bénéfice de cette étude pilote préclinique est la validation de systèmes de sécurité, inductibles et contrôlés, permettant d’éliminer des cellules T greffées chez un patient en cas d’effets secondaires graves pour le traitement de pathologies. Cette sécurité vise à perfectionner considérablement les protocoles actuels de cellules T et favorisera leurs utilisations en première intention améliorant ainsi la prise en charge des cancers et le traitement de certaines pathologies auto-immunes.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les souris seront soumises à 3 pesées d’une durée de moins de 30 secondes (réalisées sur animal vigile) à J0, J5 et J10. Deux injections maximum sur animal anesthésié et analgésié, d’une durée de moins de 30 secondes, seront réalisées. Un prélèvement de sang sur animal anesthésié sera réalisé sur 12 animaux.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Un stress, de courte durée de moins de 30 secondes, pourra être généré au moment des contentions des souris et lors des pesées hebdomadaires. Du stress sera également généré lors des anesthésies d’une durée de 5 à 10 minutes maximum. Les injections pour l’inoculation des lymphocytes et du médicament ainsi que le prélèvement de sang pourront également générer une douleur d’intensité légère de courte durée (10 à 15 secondes).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort pour effectuer des prélèvements de tissus et d’organes pour des analyses tissulaires.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Des tests in vitro réalisés ont montré que le médicament utilisé est capable d’activer le signal de mort dans des lymphocytes T humains modifiés. Nous souhaitons maintenant valider le concept in vivo aussi l’utilisation du modèle souris est indispensable.
2. Réduction
Il s’agit d’une étude pilote répartie en deux étapes comportant un effectif de 100 animaux au total. Afin de limiter le nombre d’animaux utilisés, les groupes comporteront 10 animaux maximum tout en permettant une analyse à l’aide d’outils statistiques appropriés sur les prélèvements analysés.
3. Raffinement
Les souris seront acclimatées au moins 7 jours à l’animalerie avant d’être incluses dans la procédure. La procédure expérimentale a été conçue de manière à minimiser les dommages causés aux animaux. Les pesées seront réalisées sur animal vigile par contre tous les autres gestes techniques seront réalisés sur animal anesthésié/analgésié afin de diminuer le stress et l’inconfort de l’animal. Durant les 10 jours de la procédure, les souris sont suivies quotidiennement, le registre de soins est complété en se rapportant à la grille de suivi de soins adaptée.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Afin de pouvoir greffer des lymphocytes T humains, une immunodéficience est nécessaire. Nous utiliserons comme modèle une souris immunodéprimée caractérisée par une absence des cellules T fonctionnelles et des lymphocytes B, une diminution des activités des cellules présentatrices d’antigènes, des cellules myéloïdes et des cellules Natural Killer. Ces caractéristiques évitent le rejet des lymphocytes T humains. Les animaux utilisés seront âgés de 7 à 8 semaines dont le poids varie entre 15-20 grammes. C’est l’âge des souris adultes couramment utilisées dans la littérature lors de la greffe de cellules humaines.