
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-05-10 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-140434)
880 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Une fibrose pulmonaire leur est provoquée par instillation intranasale de bléomycine sous anesthésie, puis elles reçoivent des injections intrapéritonéales d’inhibiteurs, avant prélèvement des poumons pour analyse. Le porteur indique que la maladie peut entraîner des difficultés respiratoires, des troubles du déplacement et des signes de douleur comme des vocalisations et un dos voûté, les souris étant surveillées et euthanasiées si leur état se dégrade. Sur le remplacement, il affirme avoir développé des cultures in vitro mais conclut qu’elles ne reproduisent pas la complexité de l’organe, ce qui justifierait le recours à la souris.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet a pour objectif d’évaluer l’impact des voies de signalisation responsables du recrutement des neutrophiles et de la formation des Neutrophil Extracellular Traps (NETs) dans la fibrose pulmonaire. En effet, nos résultats obtenus in vitro montrent que les neutrophiles et NETs entrainent un environnement fibrotique. Ainsi, nous voulons maintenant confirmer nos résultats chez la souris en utilisant un modèle de fibrose pulmonaire induite par instillation intranasale de Bléomycine. En effet nous nous attendons à une diminution de la fibrose pulmonaire induite par Bléomycine après inhibition du recrutement des neutrophiles et NETs et de leurs sous-effecteurs (que nous avons identifié in vitro).
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Notre étude nécessite l’utilisation d’animaux mais pourrait déboucher sur la mise au point de nouveaux médicaments permettant d’améliorer les traitements pour les patients atteints de fibrose pulmonaire. En effet, il n’y a aucun traitement vraiment efficace de nos jours pour diminuer la fibrose pulmonaire. Nous avons déjà identifié la présence de NETs dans les poumons de souris atteinte de fibrose pulmonaire (induite par bléomycine) ainsi que dans les poumons de patients atteints de fibrose pulmonaire. Cette étude permettra de mettre en évidence les neutrophiles et les NETs comme cibles thérapeutiques permettant de contrecarrer la fibrose pulmonaire.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous administrerons par instillation nasale de la bléomycine chez les souris C57BL/6 femelles placées sur un tapis chauffant sous anesthésie générale (induction à 5% isoflurane pendant une à deux minutes, et une fois les souris endormies, elles seront instillées nasalement avec de la bléomycine, tout en étant endormi). Les souris seront ensuite replacées dans leurs cages. L’administration des inhibiteurs/anticorps et de leur véhicule commencera 30 minutes avant l’administration de bleomycine, par injection intrapéritonéale et jusqu’à la fin de l’expérience. Chaque injection intrapéritonéale durera environ 30 secondes (le temps de contentioner la souris, de la position, de l’injecter et de la reposer dans sa cage).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les signes cliniques attendus des animaux développant une fibrose pulmonaire sont des problèmes de respiration, de déplacements et des signes de douleurs (vocalisation, agressivité). Les effets indésirables définis comme toutes atteintes à une ou plusieurs des 5 libertés fondamentales définissant le bien-être des animaux placés sous la responsabilité de l’être humain, sont les suivantes : – Une altération du déplacement. En effet, les animaux auront des problèmes de respiration causé par la fibrose pulmonaire, ce qui peux entrainer des problèmes de déplacements. – Des signes de douleurs. En effet, la fibrose pulmonaire peut être à l’origine de douleurs (causé par les problèmes de respiration), caractérisées par un comportement agressif de l’animal, des vocalisations, un manque de toilettage ou encore un dos vouté. – Des rougeurs peuvent apparaitre au niveau du site des IP.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront mis à mort puis les poumons seront prélevées pour analyse ex vivo. Les critères d’analyses des échantillons utilisés seront l’évaluation 1) de fibrose pulmonaire, par marquage de la matrice extracellulaire en utilisant des techniques d’immunofluorescence ; 2) de la présence de neutrophiles/NETs/macrophages dans les poumons.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Remplacer : Nos recherches ont décrit les cultures in vitro comme une méthode de remplacement pour l’étude de l’activation des macrophages et fibroblastes, qui sont les cellules à l’origine du dépôt accru de matrice extracellulaire responsable de la fibrose. Nous avons déjà développé des modèles in vitro permettant de vérifier le rôle des NETs sur l’activation des macrophages et des fibroblastes et ainsi la mise en place d’un environnement fibrotique. Ces cultures ne récapitulent pas la complexité de l’organe (notamment les relations entre les cellules épithéliales pulmonaire et les cellules immunitaires, dont les neutrophiles), nous avons donc recours aux animaux.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Réduire : Le nombre d’animaux est choisi pour détecter toute différence significative sur la fibrose pulmonaire (en quantifiant le collagène par immunofluorescence des poumons) avec un nombre de souris minimum. Les tests statistiques nous permettent d’estimer le nombre de sujet dans chaque groupe à 22. Les résultats obtenus au laboratoire in vitro permettent de réduire le nombre d’animaux. De plus, les résultats déjà publiés avec ce modèle et l’utilisation de ce modèle lors de mon post-doctorat nous permettent de connaitre la cinétique de développement de la maladie. Toutes ces données nous ont permis de générer une analyse statistique prévisionnelle permettant de réduire le nombre d’animaux utilisés.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Raffinement : Les signes cliniques attendus des animaux développant une fibrose pulmonaire sont des problèmes de respiration, de déplacements et des signes de douleurs. L’administration de bléomycine se fera sur un tapis chauffant, sans incision sous anesthésie générale (induction à 5% isoflurane pendant une minute, et maintien au masque à 2.5% isoflurane d’environ 1 minute, temps nécessaire à l’instillation intranasale de bléomycine). Afin d’évaluer le bien-être animal au mieux et de manière objective, nous avons établi des fiches d’évaluation du bien-être animal adaptées à cette procédure (cf. annexe 1). Cette fiche d’évaluation comprend des points limites qui sont précoces et adaptés. Notamment le poids des animaux et les sites d’injections seront surveillés et un suivi journalier est effectué (notamment lors des injections quotidiennes). De plus, les résultats obtenus avec ce même modèle nous permettent de connaitre la cinétique de développement de la maladie et justifient les procédures proposées.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous souhaitons étudier le rôle des NETs dans le développement de la fibrose pulmonaire. Le modèle murin est un excellent modèle pour élucider ces mécanismes car il présente de grandes similitudes génétiques et physiologiques avec l’espèce humaine. En outre, le modèle de fibrose pulmonaire induit par instillation intranasale de bléomycine est couramment utilisé par la communauté scientifique. De plus, j’ai déjà utilisé ce modèle lors de mon post-docotrat pour étudier la cinétique de développement de la fibrose pulmonaire, et ce modèle m’a déjà permis d’identifier la présence de NETs dans les poumons des souris atteintes de fibrose pulmonaire induite par bléomycine. Les administrations de bléomycine seront réalisées sur des souris âgées d’au moins 8 semaines ce qui représentent l’âge adulte chez la souris. En effet, nous nous intéressons au développement de fibrose pulmonaire chez l’adulte et non chez l’enfant. Les prélèvements des poumons sur les souris se feront au maximum 28 jours après injection de bléomycine.