
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 18/12/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-141709)
360 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Chaque animal reçoit treize injections et sept prélèvements de sang sous anesthésie gazeuse pour déclencher une arthrite des pattes, décrite par le porteur comme la nuisance sévère du protocole. L’objectif est de mettre au point un modèle combinant production d’auto-anticorps et arthrite, en vue de tester de futurs traitements de la polyarthrite rhumatoïde humaine. Le porteur affirme qu’il n’existe « pas d’autre alternative » et revendique le « besoin » d’un modèle réunissant les deux caractéristiques.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce projet permettra de développer un modèle d’arthrite « auto-immune ». Ce modèle murin permettra d’analyser la production d’auto-anticorps, la genèse de l’arthrite et potentiellement d’évaluation des solutions thérapeutiques destinées à la polyarthrite rhumatoïde.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Avoir un modèle murin qui combine la production d’autoanticorps et l’arthrite nous permettra de tester de nouvelles thérapies chez l’homme qui visent à éliminer les cellules B productrices des autoanticorps dans la polyarthrite rhumatoïde.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les souris vigiles seront injectées : 3 fois en sous cutané dans le dos avec une protéine ou la solution saline. 1 fois en sous cutané dans le dos ou en intrapéritonéal avec un composant bactérien. 9 fois en sous cutané dans le dos ou en intrapéritonéal avec des anticorps Les souris seront prélevées 7 fois dans la veine mandibulaire d’un volume de 0.1 ml de sang après une anesthésie gazeuse.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Des nuisances modérées comme des difficultés à se déplacer pendant quelques minutes, des démangeaisons sur le dos et la joue pendant quelques secondes peuvent se produire suite aux interventions (13 injections de composés pendant 5 secondes, 7 anesthésies gazeuses de 5 minutes, 7 prélèvements de sang de 10 secondes). La nuisance sévère est l’arthrite des pattes. L’ensemble des interventions listées ci-dessus est susceptible d’induire une arthrite chez les souris pendant quelques jours.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A la fin du protocole, les 360 souris seront mises à mort pour analyser leur réponse immunitaire.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Il n’existe pas d’autre alternative à l’expérimentation animale qui permettrait d’analyser globalement la production des autoanticorps et le développement de l’arthrite. Chez l’homme, il est difficile d’analyser l’apparition des autoanticorps car ils peuvent apparaitre plusieurs années avant les signes cliniques de la maladie. Nous développons des traitements susceptibles de bloquer la production des autoanticorps et le développement de l’arthrite mais pour les tester nous avons besoin d’un modèle où les souris font à la fois des autoanticorps et une arthrite.
2. Réduction
Nous allons suivre pendant 60 jours ou 70 jours l’effet de l’injection de molécules susceptibles d’induire une arthrite sur des souris de 2 fonds génétiques. Nous utiliserons 30 souris par groupe pour pouvoir faire une analyse statistique. Nous allons tester 6 groupes de 30 souris pour chacun des 2 fonds génétiques. Le nombre total de souris sera de 360.
3. Raffinement
Les souris seront hébergées dans une plateforme de gestion et d’acquisition du matériel d’animalerie pour les équipes de recherche. Chaque cage sera pourvue d’un enrichissement (nids, lanières et frisure papier) pour améliorer l’habitat des souris pendant le protocole. Le bien être des souris sera évalué par le responsable du projet et les zootechniciens quotidiennement pour suivre l’apparition d’arthrite. Une mesure systématique du gonflement des pattes sera faite à l’aide d’un pied à coulisse sur la souris. Un score de gravité sera attribué en fonction de l’inflammation et/ou de la déformation de chaque doigt et paume de l’animal. Les signes de souffrance seront aussi chiffrés de manière hebdomadaire dans une grille de score. De la nourriture et de l’eau gélifiée seront mis à disposition dans la cage si les souris montrent des difficultés à atteindre la nourriture et le biberon d’eau positionnés en haut de la cage. En cas d’atteinte des points critiques, la souris sera immédiatement retirée de l’étude et euthanasiée. Une anesthésie gazeuse sera réalisée pour les prélèvements de sang dans la veine mandibulaire. Les souris seront mises à mort à la fin du protocole.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Nous allons choisir des souris qui ont des fonds génétiques à risque de développer une arthrite. Chez l’homme, les deux allèles HLA-DR qu’il exprime déterminent le risque pour un individu de développer une polyarthrite. C’est la raison pour laquelle nous souhaitons développer un modèle chez des souris BL6 qui expriment HLA-DRB1*04:01, allèle de susceptibilité à la polyarthrite ou des souris C3H dont les molécules H-2 ressemblent à HLA-DRB1*04:01. Des souris adultes âgées de 7 semaines d’un poids moyen de 25g seront testées dans un modèle murin de la polyarthrite rhumatoïde. Ce modèle tente de reproduire la polyarthrite et cette maladie touche plus fréquemment les adultes.