
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 30/10/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-151322)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’inflammation est une réponse de défense de l’organisme face à une agression, qu’elle soit une infection ou une lésion. On distingue l’inflammation aiguë, qui est une réaction rapide et de courte durée visant à éliminer l’agent agresseur et à réparer les tissus. L’inflammation chronique survient lorsque la réponse inflammatoire persiste au-delà de ce qui est nécessaire, souvent due à une régulation défaillante du système immunitaire, et peut causer des dommages tissulaires importants et des maladies comme l’arthrite rhumatoïde ou la maladie de Crohn. La gestion de l’inflammation est cruciale pour prévenir les complications et améliorer la qualité de vie des patients. L’étude approfondie de l’inflammation systémique et intestinale est un pilier de la médecine moderne. Elle est indispensable pour comprendre la pathogenèse de nombreuses maladies complexes et pour développer des stratégies thérapeutiques innovantes et efficaces, afin de soulager les patients et d’améliorer leur santé à long terme. L’objectif de cette étude est d’évaluer l’efficacité de nouvelles molécules thérapeutiques dans des modèles souris d’inflammation systémique ou intestinale. Le modèle utilisé sera adapté aux cibles thérapeutiques à évaluer.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
L’étude de l’inflammation, qu’elle soit systémique (affectant l’ensemble du corps) ou intestinale (localisée dans l’intestin), est d’une importance capitale en raison de son rôle central dans le développement et la progression de nombreuses maladies. La recherche de solutions thérapeutiques pour lutter contre cette inflammation est donc une priorité absolue. À court terme, ce projet permettra d’évaluer l’efficacité anti-inflammatoire de candidats thérapeutiques. À moyen terme, il contribuera à accélérer le développement de traitements innovants contre les inflammations, tout en optimisant les coûts et délais des programmes R&D.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Chaque animal subira de 1 à 5 anesthésies gazeuses de 30 sec dans toute leur vie, 1 à 4 injections des molécules anti-inflammatoires à caractériser (5-30 sec en fonction de la voie d’administration choisie), au maximum 1 prélèvement de sang par semaine pendant 4 semaines sous anesthésie (30 sec) et 1 prélèvement sanguin terminal sous anesthésie (30 sec).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les nuisances et douleurs associées à ce projet sont principalement liées à l’inflammation et incluent : diarrhée, perte de poids ou incapacité à prendre du poids, douleurs abdominales. D’autres nuisances concernent la douleur et l’inconfort induits par les injections et les douleurs liées au traitement. L’anesthésie gazeuse induit un stress de courte durée (30 secondes). Les piqûres d’aiguille entraînent une douleur légère de courte durée (5 secondes).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A la fin de chaque procédure tous les animaux sont mis à mort afin d’en prélever les organes et fluides biologiques afin de quantifier des biomarqueurs permettant d’évaluer le degré d’inflammation et par conséquent l’efficacité des molécules investiguées. En effet, l’objectif de ce projet est d’évaluer l’efficacité de nouvelles molécules thérapeutiques contre l’inflammation systémique ou intestinale. Le but ultime sera de soulager les patients et d’améliorer leur santé à long terme.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Il existe plusieurs alternatives non animales dans la recherche sur les maladies inflammatoires, mais elles ne peuvent pas remplacer totalement les tests sur les animaux utilisés dans ce projet. 1. Modèles in vitro : Les cultures cellulaires humaines ou animales permettent d’étudier des interactions cellulaires et des réponses inflammatoires. Cependant, elles ne peuvent pas reproduire la complexité d’un organisme entier, notamment les interactions multicellulaires complexes et la réponse immunitaire systémique. 2. Modèles ex vivo : Les tissus humains ou animaux (biopsies, organes) permettent d’étudier des processus biologiques en conditions plus réalistes, mais il manque des interactions entre plusieurs systèmes organiques, essentiels pour comprendre les maladies inflammatoires. 3. Modèles organoïdes et organes sur puce : Ces systèmes imitent des organes comme les poumons ou les reins pour étudier les réponses biologiques. Cependant, ils ne peuvent pas reproduire la réponse systémique d’un organisme complet. 4. Modélisation informatique : Les simulations informatiques peuvent modéliser certaines interactions immunitaires, mais elles ne peuvent pas simuler toutes les réactions biologiques complexes d’un organisme vivant. Ces alternatives ne peuvent pas complètement remplacer les animaux, pour les raisons suivantes : • Complexité biologique : Les modèles non animaux ne peuvent pas reproduire la complexité d’un organisme vivant complet, limitant leur capacité à simuler des réponses biologiques globales. • Interactions systémiques : Les maladies inflammatoires nécessitent l’étude des interactions complexes entre les systèmes biologiques, ce qui ne peut être simulé sans un modèle vivant.
2. Réduction
Le premier principe de réduction du nombre d’animaux sera appliqué via l’intégration dans ce projet, préalablement à toute utilisation d’animal, de modèles in vitro et des organoïdes. Les modèles in vitro permettent de tester les composés immunomodulateurs sur des cultures cellulaires et tissulaires, évaluant leur efficacité, leur innocuité et leurs mécanismes d’action avant tout essai in vivo. Les organoïdes reproduisent des structures d’organes spécifiques, permettant d’étudier la réponse des tissus dans un environnement plus proche de la réalité biologique. Le principe de réduction du nombre d’animaux sera appliqué aussi via l’estimation du nombre d’animaux permettant de garantir l’interprétabilité des résultats. L’estimation du nombre d’animaux nécessaire pour une étude in vivo d’inflammation se fait par un calcul de puissance statistique qui prend en compte aussi la variabilité inhérente aux modèles animaux d’inflammation. En combinant ces approches, nous réduisons les expérimentations animales, tout en garantissant la précision des résultats. Cette approche permet d’identifier les composés les plus prometteurs et de maximiser l’efficacité des traitements à destination de la santé humaine.
3. Raffinement
Dans les expérimentations sur les maladies inflammatoires, la fréquence de surveillance des animaux est essentielle pour garantir leur bien-être. Les signes de détérioration de l’état de santé sont particulièrement surveillés et seront quantifiés à l’aide d’une grille de scoring et la définition de point limites. Après l’administration de l’inducteur d’inflammation, une surveillance rapprochée (toutes les 2 à 4 heures) est mise en place. Si des signes de stress apparaissent, nous ajusterons l’environnement pour améliorer le bien-être des souris et notamment stimuler leurs sens et leurs comportements naturels. Nous augmenterons l’enrichissement physique par l’apport de cachettes (boîtes, tunnels) et de matériaux pour la construction de nids (papier déchiqueté, fibres) ainsi que l’enrichissement sensoriel par la modification régulière de la disposition de leur cage et des éléments à l’intérieur de la cage pour offrir de la nouveauté. Des critères d’arrêt stricts sont définis pour éviter la souffrance excessive des animaux. L’atteinte des points limites conduira à l’interruption immédiate de l’expérience. L’objectif est de garantir que l’état de l’animal est constamment suivi et que des soins vétérinaires sont fournis dès que nécessaire. La prévention du stress est intégrée au protocole expérimental par l’utilisation d’une anesthésie gazeuse et administration d’analgésique au préalable des gestes douloureux à chaque fois que cela sera nécessaire.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les modèles d’inflammation chez la souris sont largement utilisés en raison de : -la souris est l’espèce de référence en études précliniques -la disponibilité d’un grand nombre de modèles génétiques, ce qui permet d’étudier des maladies spécifiques ou des processus biologiques particuliers. -cette espèce se prête aux analyses immunologiques en raison d’un large panel d’outils d’analyses permettant de disséquer les mécanismes du développement de la physiopathologie Les souris seront âgées de 6 à 8 semaines car nous souhaitons utiliser des animaux adultes. En effet, le système immunitaire des souris n’est pleinement développé qu’à l’âge adulte (≈ 6–8 semaines). Chez les jeunes, l’immunité innée et adaptative est encore immature, ce qui peut fausser la réponse inflammatoire (réponses atténuées ou atypiques). Chez l’adulte, la réponse inflammatoire est plus représentative et plus stable, ce qui améliore la reproductibilité.