
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 14/04/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-157940)
Souris humanisées et immunodéficientes, 100 d’entre elles sont utilisées dans des procédures d’un niveau de souffrance modéré à sévère, toutes tuées, dont dix classées sévères. Chaque animal reçoit une greffe rénale sous anesthésie, des injections de la thérapie cellulaire testée et des prélèvements sanguins répétés. Le rejet du greffon peut provoquer perte de poids, œdèmes et détresse métabolique. Le porteur aligne des chiffres sur l’insuffisance rénale humaine, le bénéfice pour les patients restant au conditionnel et à long terme.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif de ce projet est de mieux comprendre pourquoi le corps rejette un organe greffé et de développer des traitements pour éviter ce rejet. Nous étudions une approche thérapeutique innovante utilisant des macrophages, des cellules du système immunitaire, que nous modifions pour qu’elles aident l’organisme à accepter la greffe plutôt que de la rejeter. Notre équipe a déjà testé cette méthode en laboratoire, sur des cellules cultivées in vitro, et les premiers résultats sont encourageants. Cependant, avant d’envisager son utilisation chez l’humain, il est indispensable de la tester sur des modèles animaux. Les expériences en laboratoire ne permettent pas, en effet, de reproduire tout ce qui se passe dans un organisme vivant. Par exemple, elles ne montrent pas comment les macrophages modifiés se déplacent jusqu’au greffon, comment ils interagissent avec les autres cellules de l’organe greffé, ni comment les médicaments anti-rejet influencent ces processus. Ces tests sur des modèles animaux nous permettront donc de valider notre approche et de mieux comprendre ces mécanismes complexes, avant de pouvoir passer à des essais chez l’humain.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
L’insuffisance rénale chronique est une des causes de décès qui augmente le plus rapidement dans le monde, touchant 850 millions de personnes en 2023. D’ici 2040, elle pourrait devenir la cinquième cause de mortalité mondiale. En France, cette maladie concerne environ 10 % de la population, dont 90 000 patients atteints d’insuffisance rénale terminale nécessitant soit une hémodialyse, soit une transplantation rénale. Bien que la transplantation rénale améliore nettement la qualité de vie des patients, son efficacité est limitée par le rejet de greffe. Pour prévenir ce rejet, les patients doivent suivre un traitement immunosuppresseur quotidien qui inhibe leur système immunitaire. Cependant, malgré ces traitements, les rejets à long terme restent fréquents. Environ 45 % des greffons cessent de fonctionner après 10 ans, et ce taux n’a pas diminué depuis 20 ans. Cela s’explique en partie par le fait que les traitements actuels présentent une toxicité rénale à long terme. Notre projet a pour objectif principal de tester in vivo une nouvelle thérapie cellulaire basée sur le macrophage dans le rejet des greffes, notamment en explorant leurs récepteurs spécifiques. À moyen terme, ce travail fournira des informations clés sur les mécanismes impliqués. En optimisant la survie des greffons, ce projet pourrait significativement améliorer la durée de vie des greffes rénales à long terme et, par conséquent, la qualité de vie des patients.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Greffe rénale sous anesthésie générale et analgésie en condition aseptique (30 minutes). Les souris vigiles subiront une injection intraveineuse (douleur légère et de courte durée) pour recevoir la thérapie cellulaire et/ou l’immunosuppression. Un prélèvement de sang à J2, J4 et J7 et 1 fois par semaine ensuite en changeant de côté à chaque fois sera effectué au niveau mandibulaire pour suivre la fonction du greffon rénale.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La greffe rénale est considérée comme une procédure de gravité modérée. Le rejet du greffon rénal peut entraîner une détérioration importante de l’état général de l’animal. Cela se manifeste notamment par une perte de poids, une accumulation anormale de liquides et de sel dans l’organisme (pouvant provoquer des gonflements ou des difficultés respiratoires), des démangeaisons, ainsi que des signes de détresse métabolique, tels qu’une augmentation des déchets toxiques dans le sang (urémie) ou une déshydratation. Par ailleurs, les contentions répétées, nécessaires pour le suivi post-opératoire (injections, prélèvements sanguins, évaluation clinique), sont susceptibles d’induire un stress modéré chez les souris vigiles, pouvant aggraver leur état physiologique et comportemental.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A la fin de la procédure, toutes les souris seront euthanasiées pour prélèvement des organes et analyses.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Pour étudier le fonctionnement du système immunitaire lors de greffes, de traitements contre le rejet ou de l’utilisation de médicaments qui modulent l’immunité, il est indispensable d’utiliser un modèle animal, en particulier un mammifère doté d’un système immunitaire complexe. Les expériences sur des cultures cellulaires en laboratoire apportent des informations utiles, mais elles ne suffisent pas à reproduire la complexité du système immunitaire tel qu’il fonctionne dans un organisme vivant. Le modèle animal est donc essentiel pour vérifier que les thérapies développées dans ce projet sont réellement efficaces, car il inclut tous les acteurs cellulaires qui interagissent dans des conditions naturelles.
2. Réduction
Le nombre d’animaux utilisés dans nos expériences est calculé avec précision grâce à un outil en ligne appelé EDA (Experimental Design Assistant). Cet outil, développé par le NC3Rs, une organisation scientifique basée au Royaume-Uni, aide les chercheurs du monde entier à appliquer les principes des 3R (Remplacer, Réduire, Raffiner). En suivant les standards recommandés pour les études sur les animaux, l’EDA calcule le nombre minimum nécessaire d’animaux pour obtenir des résultats fiables. Il s’assure que nous pourrons mettre en évidence l’efficacité de nos traitements tout en limitant autant que possible l’utilisation d’animaux.
3. Raffinement
Les souris humanisées issues d’un fond immunodéficient seront maintenues dans des cages avec couvercles filtrants pour les protéger des infections. Toutes les manipulations sont effectuées sous un poste microbiologique stérile pour garantir leur sécurité. Lors de la greffe rénale (procédure de gravité modérée), la gestion de la douleur comprend une anesthésie générale et une analgésie pendant et après l’intervention chirurgicale. Un suivi quotidien avec des critères précis (points limites) est mis en place pour surveiller leur état durant cette période. Pour réduire le stress physique, les souris reçoivent une alimentation sous forme de gel hydraté déposé au fond de la cage pour faciliter leur accès à la nourriture et à l’eau. Les animaux sont dès que les points limites définis dans la procédure sont atteints, garantissant leur bien-être autant que possible.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La Souris est un modèle de choix dans ce projet pour plusieurs raisons. Son système physiologique est très proche de celui de l’humain, ce qui permet d’étudier les réponses immunitaires et d’évaluer des thérapies cellulaires dans des conditions représentatives. Par rapport à d’autres espèces, la Souris présente des avantages pratiques et scientifiques. Elle est petite, facile à manipuler et nécessite moins d’espace et de ressources que des modèles plus grands comme les primates ou les porcs. De plus, les modèles murins utilisés dans ce projet sont validés par la communauté scientifique internationale, garantissant leur pertinence pour des études de pointe. Ils offrent une combinaison unique de complexité biologique, accessibilité expérimentale et pertinence pour des applications cliniques, ce qui les rend particulièrement adaptés aux recherches sur les thérapies innovantes. Enfin, la Souris est l’une des espèces les mieux caractérisées génétiquement. Les outils de modification génétique disponibles pour cette espèce sont très avancés, permettant de créer des modèles sur mesure adaptés à des questions de recherche spécifiques. Par exemple, des souris immunodéficientes sont utilisées ici pour étudier les thérapies cellulaires humaines en leur injectant des cellules souches humaines. Cela permet de recréer un environnement proche du système immunitaire humain, ce qui serait difficilement réalisable chez d’autres espèces. Ici, des souris immunodéficientes âgées de 6 semaines au maximum seront utilisées pour l’injection des cellules souches car le développement du système immunitaire humain prend environ 11 semaines post injection